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mercredi 30 décembre 2009

Le blog cinemasdunord dans La Voix du Nord

Aujourd'hui mercredi 30 décembre, pour terminer l'année en beauté, le blog cinemasdunord a été selectionné pour être le blog de la semaine, présenté dans l'avant-dernière page de La Voix du Nord.
Outre une présentation du blog, La Voix du Nord mentionne l'intérêt d'un tel site internet dans la préservation du patrimoine cinématographique dans notre région.
Bienvenue aux lecteurs qui rejoignent ainsi ce blog grâce à La voix du Nord.
L'article sera prochainement scanné et présenté ici-même pour ceux qui ne l'ont pas vu.
Amicalement.

samedi 26 décembre 2009

La façade de l'Apollo de Lens



Le 5 décembre 2009, un article de l'édition lensoise de La Voix du nord mentionnait que la façade de l'ancien cinéma de l'Apollo de Lens allait être sauver, incorporer dans un vaste chantier de rénovation urbaine des façades de la place de la gare. Avec cette bonne nouvelle se clôt, certainement momentanément, le devenir de la mythique salle de l'Apollo lensois. Afin de mieux comprendre cette situation, revenons au commencement...
En effet, cette façade a connu de nombreux déboires, liés bien sur au devenir de la salle elle-même. Fermé le 31 décembre 2000, avec une ultime séance dans la grande salle à 15 heures pour une dizaine de spectateurs qui avaient fait le déplacement (le film alors proposé était « A l'aube du Sixième jour », avec Arnold Schwartznegger), l'Apollo a ensuite été abandonné, tombant doucement en décrépitude, dans un total oubli pendant plus de trois ans et demi, faisant certainement la joie de squatteurs. En octobre 2004, le tribunal de commerce de Paris ordonne la liquidation de biens de la société des cinémas Bertrand. La municipalité rachète alors le bâtiment à la société qui exploitait le cinéma par l'intermédiaire d'un Etablissement public foncier. L'estimation du coût est d'un peu moins de 2 millions d'Euros. Mais que faire de la salle ? Difficile d'en faire une nouvelle salle de spectacle puisque la municipalité a déjà fait ce choix pour l'ancien cinéma Colisée, situé rue de Paris, à quelques dizaines de mètres de l'Apollo. Devenu théâtre municipal de 652 places, le Colisée, ouvert en 1982, est aujourd'hui encore un lieu important de spectacle, accueillant des pièces de théâtre ou des chanteurs de renommée nationale. L'un des premiers projets est l'aménagement d'un palais des congrès de la culture, avec des galeries d'art et des designers (ressemblant un peu, mais à une échelle plus intimiste, au Cent Quatre à Paris, ancien service des pompes funèbres municipales devenu lieu vivant accueillant des artistes (mais l'agglomération lensoise a déjà cela avec la fosse 11/19 à Loos-en-Gohelle qui accueille maintenant Culture Commune – Scène nationale du bassin minier)). Il est même alors prévu de garder une activité cinéma dans le bâtiment avec 2 ou 3 salles Art et Essai. Avec même l'idée d'une grande salle de spectacle polyvalente de 1500 à 2000 places, Guy Delcourt souhaite même en faire « une sorte d'Olympia ». Mais le projet de l'installation d'une antenne du Louvre à Lens pointe à l'horizon... avec une annonce officielle le 24 novembre 2004. C'est avec la concrétisation de l'arrivée de l'antenne du Louvre à Lens, puis de la réalisation de la rénovation intégrale du parvis du parking de la gare S.N.C.F. et de la gare routière que l'ancien cinéma va se retrouver au cœur du projet. En avril 2005, le projet de centre culturel est de plus en plus contesté avec un délitement de la communauté urbaine, porteur du projet. De plus en plus de maires des communes limitrophes lâchent le projet et rechignent à financer un projet trop lensois. Que faire alors de cette vaste bâtisse de plus de 2.600 mètres carrés au sol, face à la gare. Faut-il laissé un bâtiment délabré lorsque vont sortir de la gare les premiers visiteurs du Louvre. Les projets se mettent alors en place pour profiter de la vaste superficie, puisque l'ensemble est aménageable sur 6 niveaux, soit une surface totale de près de 16.000 mètres carrés, une belle aubaine pour une ville qui veut redynamiser son centre-ville avec des commerces attractifs et une locomotive qui peut attirer du monde comme Virgin Megastore ou la FNAC. Pendant quelques années, les projets vont s'enchainer. La façade va être un temps bâcher d'une banderole de 19 m sur 8 pour les matches de la coupe du monde de rugby que Lens accueille au stade Bollaert en septembre 2007 : il ne faut pas que les supporters étrangers voient en sortant de la gare la façade décrépie d'un bâtiment tombant doucement en ruines.
Le chantier de rénovation urbaine commence par le parking de la gare SNCF, ainsi que par le déplacement de la gare routière vers des lignes ferroviaires désaffectées et la gare marchandise abandonnée. Les travaux sont longs et entrainent d'importants problèmes de circulation. Une fois le mobilier urbain posé et l'inauguration de la gare routière effectuée se pose ensuite le problème de l'Apollo : le détruire ou le préserver ? Alors que le maire veut faire table rase du passé, souhaitant, et c'est légitime, tourner Lens vers un futur orienté vers la culture de grande renommée (Le Louvre), l'institution des Bâtiments de France impose une préservation du bâtiment pour la façade. Les avis sont alors partagés et tranchés, et sont notamment relayés par l'édition locale de La Voix du Nord. Certains se demandent « pourquoi on voudrait conserver cette saleté aussi miteuse […] et qu'un album de 32 pages avec photos et historique coûterait moins cher et ferait moins tâche », alors que d'autres estiment « qu'il est aisé de détruire, de faire disparaître le patrimoine plutôt que d'investir dans la préservation, de gommer les symboles du passé alors que la majorité de son passé a déjà été fortement détruite ».
Début janvier 2009, le début des travaux commence. La ville autorise même les lensois qui le souhaitent à visiter une dernière fois le cinéma. Mais fin Janvier, la nouvelle tombe donc sur le chantier de désamiantage : une architecte des Bâtiments de France, Christine Madoni, estime que la façade doit être conservée et qu'elle est un patrimoine représentatif. Face à cette situation, le maire Guy Delcourt fait face et estime que le bâtiment doit être détruit pour mars 2009. Il faut d'abord poursuivre le désossage et le désamiantage. La municipalité n'a pas le temps d'attendre afin de terminer intégralement la rénovation complète du quartier de la gare et s'atteler enfin à l'arrivée du Louvre. Mais en avril 2009, nouveau problème : le service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP) refuse la nouvelle demande de permis de démolir la façade. Le chantier s'arrête totalement, l'avis des Bâtiments de France faisant autorité. Douche froide pour le maire qui estime que c'est un « caprice, car les ferrures sont nases, le béton menace de tomber ». Un des premiers problèmes, si l'on souhaite conserver la façade est de la renforcer car elle est en béton collé, d'après la municipalité qui conteste alors l'intérêt historique et patrimonial. Les projets de réhabilitation du site pour un promoteur privé, passant pas une destruction de l'Apollo, sont encore une réalité. Il faut alors implanter des bureaux, des bars, un magasin de loisirs. Garder la façade, mais détruire l'arrière a un surcoût important : 125000 euros pour uniquement les travaux de maintien de la façade. Et l'ensemble des projets doivent être refaits en y incluant la préservation de la façade.
Cette façade est-elle de l'Art Nouveau ? Je ne suis pas spécialiste et me garderais bien de faire un commentaire. On peut cependant faire plusieurs remarques. Tout d'abord, l'avis des Bâtiments de France concerne strictement la façade et non l'activité cinématographique, ni le lieu patrimonial auquel sont attachés les lensois, et surtout les anciens. Seuls quelques éléments de la frise, et l'inscription « Apollo » suivant une typographie typiquement Art Nouveau, ont, semble-t-il (je n'ai pas eu le dossier en mains), retenu l'attention des Bâtiments de France. Que cette façade soit celle d'un ancien cinéma cher au cœur des lensois ne fait pas partie des arguments des Bâtiments de France. Rappelons également que, pour l'instant, cette façade n'est pas classée. Ensuite, si l'on souhaite effectivement retrouver la façade d'origine, il va falloir faire un sérieux travail d'entretien, et retrouver dans le grenier du bâtiment que j'ai visité en janvier 2009, des éléments de la frise d'origine. Que font-ils dans le grenier ? Je n'en sais rien. Y sont-ils encore ? Je n'en sais rien. Certes, la façade de l'Apollo va être conservée, mais qu'en est-il de l'intérieur ? De la grande verrière redécouverte avec la disparition du faux plafond dans le grand hall ? Du jardin d'hiver, très Art Déco également, dans l'appartement Bertrand ? Ce jardin d'hiver avec sa colonne typique en céramique d'où s'écouler certainement de l'eau, entourée, peut-être de plantes vertes en-dessous, là aussi, d'une verrière noirâtre par la crasse en janvier 2009. Enfin, on s'étonnera toujours de la lenteur des procédures. L'Apollo a cessé son activité en décembre 2000. Si les différents acteurs intéressés par l'Apollo avaient anticipé, programmé, trouvé une reconversion à l'Apollo, le bâtiment serait depuis quelques temps dans cette nouvelle activité. Au lieu de cela, le temps a fait son œuvre et le bâtiment est tombé en déliquescence. Pour avoir visité l'Apollo le jour de la dernière séance le 31 décembre 2000, le cinéma était certes assez triste, mais il n'était pas une ruine non plus. Ce sont les ravages du temps et un abandon total par son propriétaire, puis par la municipalité qui ont abouti à un tel état. Volonté de pourrissement ? On a alors beau jeu aujourd'hui de signaler qu'un ravalement du bâtiment couterait une fortune. Si l'entretien avait été fait en temps et en heure, on n'en serait pas là...
C'est donc début décembre 2009 que se clôt momentanément l'histoire de cette façade et qui coïncide avec la pose de la première pierre du Louvre 2. En effet, la municipalité a réussit à trouver un terrain d'entente avec les Bâtiments de France. Il n'y aura pas que la façade qui sera restaurée, mais six immeubles qui jouxtent le bâtiment. Dans son discours de la Sainte-Barbe, Guy Delcourt souhaite ainsi « prolonger l'esprit Art Déco sur les bâtiments qui encadrent l'Apollo ». Mais cette fois, c'est l'Etat et le ministère de la culture qui vont devoir mettre la main à la poche. Mais le plan de financement est à faire pour un projet que M. Delcourt voit déjà terminé en 2016... Pour l'instant, l'Apollo est donc sauvé et est encore debout. A suivre, certainement...
Dans un prochain message, nous reviendrons sur un historique complet de ce qui fut pendant longtemps, la plus grande salle de spectacle de province, le paquebot des Cinémas Bertrand.

mardi 22 décembre 2009

A l'Apollo de Lens, on pouvait voir aussi des chanteurs...



La grande salle de l'Apollo n'a pas été qu'une simple salle de cinéma. De par sa capacité, 2 400 places, l'Apollo a reçut de grands spectacles de vedettes célèbres. On ne doute pas que ces spectacles ont du charmé le public venu en masse applaudir ces vedettes. Tout cela s'est terminé avec le fractionnement de l'Apollo en un petit complexe de 5 puis 6 salles.

A une date inconnue, Ray Ventura et ses collégiens. L'orchestre a certainement interprété « ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine », un de leurs plus grands succès composé par le lensois André Hornez. Au vue de la photo ci-contre, la salle semble encore bien neuve. Rappellons que l'inauguration a lieu à la Pâques 1932. D'autres artistes sont venus à des dates pour l'instant inconnues : Sydney Bechet, Edith Piaf.

février 1938 : Joséphine Baker qui a, parait-il, été séduite par le jardin d'hiver et sa colonne dans l'appartement de M. Bertrand.

12 février 1952 : Tino Rossi
28 février 1952 : Yves Montand

29 janvier 1954 : Mouloudji

Décembre 1959, nouvelle visite de Tino Rossi

Le 14 octobre, puis une seconde fois en un peu plus d'un mois, le 30 novembre 1961, l'idole des jeunes : Johnny Hallyday, dans une grande salle de l'Apollo qui devait être chauffée à blanc par un public déchainé...
Plus sage, en novembre 1962 : Les Compagnons de la Chanson
Juin 1962 : Dalida

Mars 1963 : Richard Anthony
10 avril 1963 : retour de Johnny Hallyday
Juin 1963 : Darry Cowl

Février 1964 : Richard Anthony
11 mars 1964 : Claude François
13 octobre 1964 : Sylvie Vartan
Décembre 1964 : Adamo

Mars 1965 : France Gall
4 mai 1965 : retour de Claude François
25 mai 1965 : Eddy Mitchell
16 novembre 1965 : Adamo
29 décembre 1965 : Jacques Brel, un an avant l'annonce de sa dernière tournée

Mars 1966 : Fernand Reynaud
Décembre 1966 : Adamo

20 mars 1968 : Cloclo pour la troisième fois !!
Octobre 1968 : Enrico Macias

Février 1969 : Les Compagnons de la Chanson
Mars 1969 : Pierre Perret

13 octobre 1971 : François Mitterrand
28 octobre 1971 : Thierry Le Luron
8 décembre 1971 : Annie Cordy

1973 : Julien Clerc
Stone et Charden, puis C Jérome en novembre 1973

Le 25 novembre 1974, Johnny Hallyday pour la dernière fois à Lens avant sa tournée d'adieu, cette fois-ci au stade Bollaert en 2009.

Janvier 1975 : Serge Lama,
Cloclo revient à Lens une quatrième fois, le31 janvier 1975
et Georges Marchais le lendemain 1er février 1975.
Sardou se produit sur la scène de l'Apollo en décembre 1975.

En 1976, on peut voir Annie Cordy en février
Serge Lama en novembre 1976
Claude François en décembre 1976 pour la cinquième et dernière fois

Serge Lama à nouveau en novembre 1977
Coluche, toujours en novembre 1977

Pierre Perret en janvier 1979
une conférence du vulcanologue Haroun Tazieff en mars 1979
Yves Duteil en novembre 1979

La grande salle de l'Apollo a également accueilli des communions solennelles en mai 1963, juin 1964, juin 1968, juin 1970 et mai 1979.
Dans un extrait de La Voix du Nord d'août 2003, l'ancien directeur de l'Apollo Guy Masclef évoque les passages de ces artistes :
" Adamo est venu chanter ses premières chansons ici. J'ai vu des scènes incroyables, comme lors des concerts de Johnny. Des centaines de fans l'attendaient à la sortie, il fallait le sortir camouflé dans un drap. [...] Une fois, Claude François ne voulait pas arrêter ses répétitions. J'ai fait rentrer les spectateurs dans la salle, car, à l'extérieur, la gens poussaient et certains avaient des bébés. Il était un peu fâché, mis tout c'était arrangé. [...] Mireille Mathieu n'a pas pu venir et a annulé son concert pour partir à l'étranger "
Un autre article de La Voix du Nord, cette fois de févier 2008, évoque la patisserie Gallet, placée à côté de l'Apollo. La propriétaire, Mme Josiane Gallet évoque aussi le passage d'artistes dans le cinéma : "un soir, c'est vrai, je me suis endormie sur la musique de Johnny Hallyday qui donnait un concert. C'était génial. Je me rappelle également des cars, estampillés "Le Flèche noire" de Claude François, garés face à ma boutique."
En août 2007, Guy Masclef est à nouveau interrogé par La Voix du Nord : "Un gars comme Adamo, par exemple, restait une heure au bar àprès le concert pour discuter. D'autres préféraient communier avec le public. C'est le cas de Sacha Distel et ses longues séances d'autographes assis sur la scène. Certains, forte notoriété oblige, cherchaient plutôt à quitter la salle le plus discrètement possible. Claude François ne faisait transporter dans un sac, ni vu ni connu. "
Si vous avez des souvenirs des passages de ces artistes,n'hésitez pas, laissez un message, un souvenir, un moment fort,...

vendredi 18 décembre 2009

Lien internet vers l'histoire des cinémas de Lesquin



Poursuivant la recherche de liens proposant des notices historiques sur des salles de cinéma de la région, voici une page consacrée aux cinémas de la commune de Lesquin. Célèbre pour son aéroport, cette ville a connu également des salles de cinéma que raconte cette page. Malheureusement, aucune photo n'accompagne le texte. N'en n'ayant pas sur cette commune, je ne peux rien proposer. Mais je suis à la recherche du moindre cliché, du ticket de cinéma, du programme, de la carte postale d'un cinéma de Lesquin...

Les cinémas de Aire-sur-la-Lys, article dans l'hebdomadaire L'Echo de la Lys

Dans son édition du 17 décembre, l'hébdomadaire local L'Echo de la Lys évoque le prochaine réouverture de la salle de cinéma de la commune d'Aire-sur-la-Lys : L'Aréa, géré par la municipalité, et fermé depuis quelques années. Nous reviendrons prochainement sur l'histoire de cette grande salle unique de la ville, et qui se nommait notamment le Palais des Fêtes, puis le Modern, dirigé par M. Leleu.
Afin d'illuster l'article, un encart évoquait l'histoire de l'exploitation cinématographique dans la commune d'Aire, qui a compté jusqu'à 3 salles de cinéma. Un grand merci à Mme Fruchart, journaliste à l'Echo de la Lys de m'avoir contacté pour cet article, que vous allez retrouver en ligne à l'adresse internet ci-dessous :

mercredi 9 décembre 2009

Exceptionnel : un cinéma ambulant à Arras

Voici un document exceptionnel : la roulotte et le chapiteau d’un cinématographe ambulant sur la Grande Place d’Arras. Ce cliché a été fourni par un lecteur de ce blog, Maurice Girard. Cela me permet encore de le remercier et de montrer ainsi tout l’intérêt d’un tel blog sur l’histoire de l’exploitation cinématographique dans la région Nord-Pas-de-Calais. Que cela soit ainsi un exemple sur le potentiel d’internet dans la mutualisation des documents et informations concernant ce sujet d’étude. Ami lecteur, n'oublie pas de faire connaitre tes informations, tes documents, ton témoignage, ils sont publiables ici !! Avec l'accord de Maurice Girard, je mets ce document en ligne, ainsi à disposition du grand public et des lecteurs de ce blog.
L’intérêt de cette carte postale est évident. En effet, les documents iconographiques montrant précisément des cinémas forains dans les foires et ducasses du Nord de la France avec une localisation précise sont extrêmement rares. Mes recherches sur ce sujet datent de 1995 et jusqu’à aujourd’hui, ce genre de cliché se compte sur une seule main : ce présent document, mais aussi la carte postale déjà mise en ligne sur un cinéma forain à Paillencourt, et un autre document prochainement en ligne. Il existe bien sur de nombreux clichés de cinémas forains, mais aucun n’est clairement pris dans la région Nord-Pas-de-Calais. A la différence des autres celui-ci est très intéressant. D’abord, nous sommes sur un lieu très connu, symbolique de la région : la Grande Place d’Arras, clairement identifiable avec le beffroi en arrière plan et les maisons reconnaissables entre toutes. Ensuite, le cliché montre une installation d’envergure : un chapiteau assez important dont on pourrait calculer la longueur par rapport à la taille des maisons de la place et dont la hauteur équivaut au premier étage des maisons de la place. Il y a aussi plusieurs roulottes dont l’une d’elles permet de déterminer la nature de l’installation puisqu’on y lit clairement « matographe ». Malheureusement, la carte postale laisse aussi une impression d’inachevée : il est impossible de déterminer quel est le nom de ce cinématographe ambulant, ni de connaitre la date précise de ce cliché. Seule possibilité : la lecture assidue des journaux locaux arrageois entre 1900 et 1914 et de trouver ainsi quel cinématographe ambulant a pu poser son chapiteau sur la Grand Place un jour de marché, alors que de nombreux tourneurs préféraient se tourner vers le théâtre municipal ou vers des salles de spectacle ou la salle des fêtes.
Un grand merci à Maurice Girard pour ce cliché et aux archives municipales d’Arras. Maurice Girard est l’auteur de « l'automobile fait son cinéma,moteur ! » Editions Du May, paru en 2006. Il est ainsi spécialiste des cinémas forains et surtout du matériel de traction qui permettaient aux forains d’aller de ville en ville.

jeudi 3 décembre 2009

Un document exceptionnel : le SoldatenKino de Courrières pendant la première guerre mondiale

Un cinéma existait avant 1914 à l'emplacement du cinéma le plus emblématique de Courrières, le cinéma Mastain, déjà mentionné dans ce blog.
Nous avons peu d’informations sur cette salle avant 1914, du fait de l'absence de journaux locaux. Une carte postale allemande dénichée par l'Association historique de Courrières montre très clairement un cinéma à cet endroit pendant la guerre 1914-1918 et des notes de la Kommandantur de novembre 1916 prouvent que des séances de cinéma avaient bien lieu au prix de 20 pfennings, tous les soirs à 7 heures, heure allemande lors de l'occupation, et pour les civils de 15 heures à 16 heures 30 les dimanches et mercredis, toujours au prix de 20 pfennings. La photo montre admirablement bien deux affiches de films allemands : Das Kind der wildnis (l'enfant sauvage) et Das Verbotene Lachen (le rire interdit). Toutes informations sur ces deux films sont vivement demandées. La photo de ce KriegsKino montre un bâtiment assez ancien, abîmé.
Un grand merci à l'Association Historique de Courrières et à son président, Jean-Michel Petit.


Site de l'association historique de Courrières : http://histoire.courrieres.free.fr/

vendredi 27 novembre 2009

Le cinéma paroissial de Montigny-en-Gohelle à travers les souvenirs du curé de la ville


Voici des extraits de l’ouvrage du Père Lucien Bello : « Pierre et Jean courent au Sépulcre », publié en septembre 2000, et édité à compte d’auteur. Le Père Bello y raconte notamment sa gestion d'une salle de cinéma paroissial à Montigny-en-Gohelle, le Familia, dont le bâtiment est toujours intact :

Le Père Lucien Bello raconte sa première visite à Montigny-en-Gohelle lors de sa nomination, avec une anecdote liée à une affiche de cinéma : « Un chanoine du Chapitre le Père Bourdrel, qui avait longtemps été curé d’Oignies, me dit qu’il connaissait Montigny… ayant envie sans tarder de situer Montigny dans la région de Lens, près d’Hénin-Liétard, je lui propose de venir avec moi dans ma 2CV, pour un premier coup d’œil tout extérieur. Tout au long de la route, il m’explique que c’est « Montigny-la-Rouge », qu’on y a dynamité l’église et le calvaire, que les gens de Montigny sont comme des sauvages à évangéliser…il me fait dresser les cheveux sur la tête, car je me demande ce qui m’attend ! Nous arrivons. Mon cœur bat à la vue des corons tristes et noirs. Près de l’église, il y a la salle paroissiale et la cour avec les salles de catéchisme. Au-dessus de la grille d’entrée, il y a une grande affiche de cinéma. Je lis avec terreur le titre du film de la semaine : « Le gorille vous salue bien ! ».
« La paroisse accomplit ses tâches habituelles, mais on a le souci de faire se rencontrer les deux blocs [ les citoyens chrétiens et les communistes de Montigny ] jadis si séparés. Il y a à Montigny un cinéma, le seul du pays, une grande et belle salle de 1200 places ( dont 600 au rez-de-chaussée ) construite jadis par les Mines de Dourges. Elle est même la plus grande salle des fêtes construite par les Houillères du Nord-Pas-de-Calais, pour le service des paroisses… L’église ( 180 places ) avait été « ratée » lors de sa reconstruction, après la guerre [ la première ] : elle a la même capacité que celle du petit village d’origine ! Les Mines ont voulu donner une sorte de compensation, en bâtissant cette immense salle pour que la paroisse puisse en faire un outil de contact et de rapprochement. A l’origine, il y avait à l’étage un « ouvroir » où les jeunes filles apprenaient à coudre et, en bas, il y avait un « cercle », un Patronage, un Théâtre…Depuis la guerre, on y avait installé un cinéma commercial, en 35 mm. Il était programmé par l’O.T.C.F. qui regroupait alors les cinémas dépendant des paroisses. Cette salle avait besoin d’une complète rénovation… et j’ai constaté qu’un homme seul s’en occupait, fort dévoué. Il était à la fois responsable, comptable et directeur, et, comme toujours dans ces cas-là, il suscitait quelques jalousies. J’ai tout de suite réuni l’ensemble de la paroisse pour que l’on mette en place un comité de gestion. Je me suis évertué à donner à tout ce monde bénévole un esprit non pas de « commerce », mais un esprit « apostolique » ( toutes proportions gardées )… C’est un fait qu’étant le seul lieu de rencontre du pays, le « Familial » devait devenir une passerelle entre les deux communautés, et, comme « on ne prend pas les mouches avec du vinaigre », j’ai poussé à une rénovation dans les règles de l’art, confiée à l’O.T.C.F.
En plus, comme l’entrée était minable, on a construit un hall d’accès, avec bar d’entracte, du plus bel effet ( nous disposions d’une Licence IV ). Ce fut une réussite, qui a permis beaucoup de contacts et d’amitié entre les Montignynois… et aussi de substantiels bénéfices, réinvestis dans la pastorale !
P. 134 – 135 : « Comme beaucoup de prêtres de l’ancienne génération, j’avais « adoré » ( façon de parler ) ce moyen de regroupement et de contact qu’était le cinéma ( avant que la télévision n’arrive dans les foyers ) et j’ai été amené à « brûler ce que j’avais adoré » […] Outre l’énorme salle de cinéma « Le Familial » dont j’ai déjà parlé, et qui était « le gros morceau » de l’ensemble, il y avait les salles de catéchisme et de réunions avec leurs sanitaires, le « Chalet » avec sa cuisine tout équipée, une grande cour, et les deux presbytères, celui de l’abbé François Caron et le mien… Des laïcs bénévoles, sérieux et d’un dévouement à toute épreuve, avaient formé une bonne équipe depuis longtemps et s’étaient constitués en Association Loi de 1901, sous le nom des « bons diables »… Ils géraient tout cet ensemble avec autonomie : moi, j’étais toujours le « prêtre accompagnateur », assurant la coordination, la bonne entente, et signifiant le but pastoral de toute ces activités : cinéma, bar, confiserie, locations du chalet, Kermesse annuelle. Avec la récession, cet énorme patrimoine allait connaître un sort nouveau… Nous étions déjà par contrat locataires de l’ensemble, mais les Houillères, et cela se comprend, souhaitaient s’en débarrasser… L’équipe de gestion comprit que l’heure était venue de tourner la page… Le mode de présence de l’Eglise n’était plus celui de 50 ans en arrière… un seul presbytère suffirait à notre bonheur, l’immeuble du « Familial » pouvait devenir lui, un centre culturel pour la ville, la cour étant partagée en deux par un mur de séparation. Pour stocker tout son matériel, jusque-là dans les caves du cinéma, on décida de mettre en place, dans la cour, une batterie de garages. »
Ces extraits sont riches d'enseignement pour évoquer le cinéma paroissial, à travers les mémoires d'un prètre qui a géré consciencieusement une salle de cinéma.
De plus, concernant cette salle, on peut également apporter de nouvelles précisions, notamment grâce au travail de recherche de l'inévitable Jean-Marie Prévost. Ce dernier nous apprend que le responsable etait M. Liegeois, assisté de sa femme qui à repris la succession lors de la mort de celui-ci. Le dernier comptable avant la fermeture était M. Jean Copin qui habite toujours Montigny. Lors de la fermeture de la salle, le matériel de cabine fut vendu au cinema Concorde de Noyelles-Godault avant sa transformation. L'autre appareil a été vendu à un collectionneur, M. Hurier de Brasles qui fait un recensement des anciennes salles de l'Aisne et qui est collectionneur de matériel cinéma. Encore merci à Jean-Marie Prévost !!

mercredi 18 novembre 2009

Liste brève des cinémas de Cassel


Le premier cinéma ouvert dans la ville perchée sur sa colline de Cassel est la propriété de Mr Fréville. Ancienne tannerie, le bâtiment est situé rue de Watten. Il est accompagné d’une buvette et propose des films muets lors de son ouverture vers 1925.
La seconde salle de Cassel ouvre vers 1930 grâce à la paroisse Notre-Dame. Il s’agit d’une salle de cinéma au patronage Saint-Vincent, chemin Bosquillon. Pour les enfants et les jeunes gens du Cercle Saint-Joseph, on faisait du cinéma à la salle d’œuvres, au contour de l’église, rue Notre-Dame. Cela a duré jusque 1940…
La troisième salle est celle tenue par Messieurs Desmytter, père et fils nommé Guy. Elle est située au Casino, à la terrasse du château, sur le plus haut point de Cassel, près du moulin, faisant de ce cinéma le plus haut de la région ( 176 mètres !! ).

Source :
Un merci à Mr Olyve de Cassel pour ses renseignements

samedi 7 novembre 2009

Paul Desmarets, pionnier du cinéma douaisien

Il est impossible de s'intéresser aux débuts du spectacle cinématographique à Douai sans évoquer la personnalité et le rôle de Paul Desmarets. Ce dernier s'est déjà largement investi dans les projections d'images, notamment dans des conférences. En effet, avant le triomphe du cinéma, de nombreuses conférences avec projections lumineuses à l'aide de la lanterne magique, sont proposées à la population, et Paul Desmarets est bien souvent responsable de ces projections sur Douai et environs. En 1896, Desmarets a 42 ans. C'est déjà une personnalité respectée et influente de Douai. Fils de conseiller municipal, conseiller municipal lui-même sous l'édilité de Carles Bertin, responsable du tirage du feu d'artifice, il fait parti du cercle douaisien, cotoyant Georges Demenÿ, l'un des précurseurs du cinéma, le poète patoisant Jean Merlin, ainsi que les salons douaisiens. D'un milieu aisé, il a reçu une éducation hors du commun qui le pousse naturellement à s'intéresser aux découvertes scientifiques et techniques de cette fin de siècle : la photographie, l'électricité, et tout naturellement le cinématographe. Il est ainsi le premier à Douai à avoir l'éclairage électrique. Il s'intéresse également à l'aérostat et fréquente le célèbre Tiberghien, alors présent dans toutes les fêtes publiques du département. Son ballon et son envol de la place publique sont alors le clou de la fête. Paul Desmarets est donc un précurseur. La nouveauté l'attire et il se devait donc de rencontrer le cinématographe. Féru de photographie, Paul Desmarets n'a pu résister à la nouvelle invention. Il est d'emblée émerveillé par les possibilités de cet appareil et cherche à s'en procurer un exemplaire. On ne sais malheureusement quand eut lieu le premier contact entre le douaisien et le cinématographe : sait-il rendu à Paris au Salon Indien ? A-t-il assisté à la représentation Lumière de Douai ? De Lille ? Avant qu'il ne devienne exploitant de la première salle sédentaire de Douai en janvier 1908, Paul Desmarets apparaît de nombreuses fois dans les colonnes des journaux pour des représentations cinématographiques itinérantes. Avec son appareil de projection, il va proposer de 1897 à 1907, des séances dans des lieux et lors d'occasions diverses. Il est ainsi en contact avec des publics différents et ces expériences lui permettent de comprendre la place croissante qu'a pris le cinéma et la nécessité de trouver un lieu fixe.
C'est le 3 mai 1897, lors d'un spectacle local, que Paul Desmarets fait fonctionner pour la première fois des vues cinématographiques. Il semble ainsi être l'un des premiers acheteurs des appareils Lumière, mis en vente pour la particuliers à partir du 1er mai 1897. Desmarets s'est ainsi certainement rendu à Paris, ou à Lyon, dès le 1er mai ou il fait l'acquisition de l'appareil. Après avoir compris le mécanisme et la manipulation, il peut proposer, dès le soir du 3 mai, des projections. Après cette première représentation, Desmarets effectue une série de conférences sur les inventions merveilleuses où il effectue de nombreuses expériences sur le phonographe, les rayons X et le cinématographe. Le Journal de Douai note ainsi en mars 1898 que « notre sympathique concitoyen est devenu le plus fougueux projectionniste de tout l'arrondissement ». Les vues cinématographiques de Desmarets sont également utilisées pour illustrer des conférences, comme sur Pompéi proposée en avril 1904.
En juillet 1903, le grand divertissement proposé au public lors des festivités de Gayant est une séance de cinématographie en plein air, place Maugin, de 21 à 22 heures avant un grand bal. Une somme de trois cents francs est offerte par la municipalité comme subvention. Cette expérience est renouvelée en septembre 1905. Douai n'est pas la seule à connaître ces deux projections exceptionnelles. En effet, Desmarets propose en mai 1902 une séance de projections en plein air sur la Grande Place de Béthune pour la fête communale du 17 mai avec « 50 projections », mais « beaucoup de curieux venus pour cela ont dû retourner bredouilles », relate La Gazette de Béthune. « En effet, le moteur après avoir été difficilement mis en marche a brusquement cessé de fonctionner. Les curieux, déçus dans une longue attente, ont regagné leurs pénates, songeant à enfuir leurs regrets dans un sommeil réparateur. »
Le douaisien propose également des vues lors de soirées spéciales. Il présente ainsi en avril 1898 et en avril 1899, deux soirées cinématographiques, au bénéfice des pauvres, ainsi qu'une soirée de divertissement en mai 1905. Cette dernière, proposée un peu à la hâte, n'est pas un succès. Mais Desmarets, « grand amuseur des foules » est l'attraction principale de trois grandes fêtes douaisiennes : l'Exposition Nationale de Douai à Château-Gayant en octobre – novembre 1901, ou « Mr Desmarets […] a déclaré être prêt à divulguer à nouveau, au premier appel, les mystères de son cinématographe », mais aussi la fête des Bains-douaisiens en décembre 1903 et la fête laïque sur la place Carnot en juin 1904 où l'affluence fut considérable, près de 3000 personnes. Lors de la séance de Château-Gayant, le Journal de Gayant nous offre un compte-rendu : « Nous remarquon beaucoup de familles, beaucoup de femmes avec leurs bébés. A 6 heures du soir, M. Desmarets commande la nuit, et sur le rectangle lumineux de son écran, il nous fait assister à une série de projections animées du plus merveilleux effet : vues de montagnes, de glaciers, vues de l'Exposition, scènes comiques et pittoresques. La bataille des oreillers, d'une drôlerie achevée, a les honneurs du bis, pendant que le moteur Wouters ronfle et trépide sans discontinuer. » Une autre soirée spéciale est la revue « Douai débordé ». Fin avril 1897, le théâtre municipal propose une revue locale caustique et pleine d'humour en dix-huit tableaux mêlant saynétes, ombres chinoises, chants-danses, « due à la collaboration de trois de nos plus spirituels concitoyens : Jean de douai, Max hilaire et l' « Amiral » Desmarets », dixit Le Journal de Douai qui surnommé bien souvent affectueusement Desmarets l'Amiral car il possédait un bateau amarré à Douai. C'est lors d'une des dernières représentations de cette revue, le lundi 3 mai qu'est annoncées « pour cette soirée des projections nouvelles »; Le journal de Douai est plus précis puisque « l'on parle des vues douaisiennes présentées au cinématographe par M. Desmarets »; Parmi ces tableaux, la « sortie de la messe de midi à l'église Saint-Pierre » est présentée comme étant « un clou sensationnel ». Ce n'est pas un hasard si cette scène religieuse est la seule citée. Symbole de la vie courante, ce « film » propose également la vue d'un monument connu de tous, une église. Le public de la revue, issu surtout des classes moyennes et aisées, s'émerveille, s'étonne et prend plaisir à se voir sur l'écran.
Enfin, dans sa quête de recherche d'un lieu, d'un local ou d'une occasion pour proposer des séances, Paul Desmarets s'installe dans l'arrière salle du Café Jean, au 33 de la place Carnot, en août et octobre 1905 où il propose, à partir de 21 heures, de nombreuses vues dont certaines en couleurs : l'amant de la lune, la fée aux fleurs, la ruche merveilleuse, la course aux maris,...
En janvier 1908, l'incontournable Desmarets ouvre la première salle fixe à Douai, l'Omnia, qui s'installe dans les locaux de l'ancien cercle des orphéonistes, situé sur une artère commerçante de la ville. Le succès est complet, aidé par les articles élogieux des hebdomadaires douaisiens. Il est difficile de déterminer quand et comment Desmarets est entré en contact avec la firme Pathé ? Un courrier du douaisien ? Du démarchage de Pathé ? 22 mois plus tard, en novembre 1909, la municipalité s'inquiète même de la désaffection des tournées ambulantes de cinéma, ce qui affectent les finances locales, avec une perte de trois milles francs dans les revenus de la ville. L'échange est vif au conseil municipal du 16 novembre 1909, le maire Charles Bertin interpellant le conseiller municipal Desmarets en ses termes : « Nous ne disons pas que c'est vous . Vous avez absolument le droit d'avoir une entreprise. Mais nous avons constaté que c'est depuis ce temps là que les cinémas ne viennent plus au cirque. » A une date indéterminée, Desmarets devient même le correspondant régional des actualités Pathé, sillonnant la région avec sa De Dion-Bouton et son chauffeur Léon Noiret.
Pionnier de l'exploitation locale, Paul Desmarets a tenté d'imposer ses spectacles cinématographiques, alors que la concurrence foraine et ambulante commençait à arriver à Douai et dans le bassin minier. Directeur de la première salle fixe de Douai, il a su populariser le spectacle cinématographique. Cette salle a souffert pendant l'occupation allemande de la première guerre mondiale. Mais, lors de la libération, les anglais y installent une cantine. Après guerre, Desmarets, dont malheureusement l'activité ni le lieu de résidence ne sont connus pendant le conflit, reprend sa salle qu'il dirige jusqu'à sa mort annoncée dans Douai Républicain du 14 novembre 1923.
En hommage à son action et à son rôle, la ville de Douai a donné le nom de Paul Desmarets à la salle de cinéma de 120 places, classé Art et Essai de l'Hippodrome municipal.

Sources :
Alexandre Lefebvre, « Un douaisien précurseur méconnu », revue de l’Amicale de la Police du District de Douai, 1982, pp. 37-41
Les hebdomadaires douaisiens, notamment Le Journal de Douai, de 1895 à 1914, disponibles à la Bibliothèque municipale de Douai

vendredi 6 novembre 2009

Des liens internet évoquant les salles de cinéma de la région



Des sites internet, blogs ou autres proposent des informations, des documents, des renseignements sur les salles de cinéma de la région. Comme ce blog, ces sites évoquent des cinémas de la région Nord-Pas-de-Calais qui existent encore, ou qui ont existé. Plutôt que de recopier bêtement ce que proposent ces sites internet, je vous propose des liens, permettant ainsi de compléter la documentation sur l'histoire de l'exploitation cinématographique dans la région Nord-Pas-de-Calais :
Dans la célèbre et indispensable base Mérimée du Ministère de la Culture, on peut trouver des informations sur le CinéVog deDunkerque :
http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR31/IA00075120/INDEX.HTM
Toujours dans cette base, des infos sur les cinémas de Boulogne-sur-Mer avec deux très intéressantes cartes localisant les cinémas boulonnais :
http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR31/IA62000633/INDEX.HTM
Le cinéma Kursaal de boulogne, toujours dans cette base Mérimée, très utile pour connaître des infos sur les bâtiments historiques d'une commune. Si vous ne connaissez pas, découvrez ce site !!
http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR31/IA62000629/INDEX.HTM
Enfin, toujours Mérimée avec ces infos essentielles, complètes et très intéressantes sur une salle que l'on retrouve notamment dans la bible de Francis Lacloche, « Architecture de cinémas » : le Normandy, puis le Select du Touquet :
http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_2=DENO&VALUE_2=CINEMA&NUMBER=60&GRP=0&REQ=%28%28CINEMA%29%20%3aDENO%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous
Malheureusement, c'est tout pour Mérimée, et c'est bien dommage, alors qu'il y a tant de salles de cinéma de la région qui mériteraient également d'en faire partie.
Sur le site de la bibliothèque virtuelle de Roubaix, on peut aussi trouver des documents sur les cinémas roubaisiens :
http://www.bn-r.fr/fr/recherche-resultat.php?q=cin%E9mas
En cliquant sur ce précédent lien, on accède directement à des documents, cartes postales anciennes sur des salles roubaisiennes. Cela n'exclue pas, bien sur, pour celui qui s'intéresse aux cinémas roubaisiens de se plonger avec délice dans l'ouvrage disponible consacré à ces cinémas.
Lille s'est également dotée d'une bibliothèque numérique ( http://numerique.bibliotheque.bm-lille.fr/sdx/num/ ) et c'est avec ce site que j'ai trouvé deux documents : une photo du Ritz précédemment publiée et une affiche du cinéma Union, rue d'Arras. Malheureusement, ce n'est pas en tapant « cinéma » dans le moteur de recherche de cette bibliothèque virtuelle qu'on accède à ces documents, mais en tapant les noms des salles de cinéma. En espérant que ce site continue de s'étoffer !!!
La société d'histoire locale d'Aniche propose un résumé de la conférence donnée sur les cinémas à Aniche à cette adresse :
http://www.mairie-aniche.fr/spip.php?article323&var_recherche=cin%C3%A9ma title=
N'hésitez pas à commander la brochure racontant l'histoire des cinémas de cette ville que propose l'association. J'en ferais un jour un résumé, sans toutefois en déflorer l'essentiel.
La société d'histoire locale de Bully-les-Mines propose également, cette fois en accès libre un historique des salles de cinéma de leur ville :
http://histobully.canalblog.com/archives/p10-10.html
L'historique, fort intéressant, est en fichier pdf, cliquez dessus !!
A Villeneuve d'Ascq se déroule actuellement et jusqu'au 7 février 2010 une très belle exposition sur l'histoire du cinéma dans cette ville nouvelle. Le catalogue de l'exposition est en ligne. Il est superbe et consultable à cette adresse :
http://fr.calameo.com/read/0000090981ebd89319a94
Nous reparlerons dans un prochain message de cette exposition.

Le site internet du Club-Cinéma de Merville propose comme ce blog des notices historiques de salles, avec des informations et des documents sur les villes suivantes : Berck, Bruay, Dunkerque, Hazebrouck, Marcq en Baroeul, Saint-Omer, Tourcoing, Valenciennes et Vitry-en-Artois.
http://clubcinema-merville.ifrance.com/apercu.html

Bien sur, tous ces renseignements ne me dispensent pas, un jour, d'écrire une fiche sur ces salles de cinéma, sur les villes,... Et vous pouvez, vous-même, contribuer !!!
Si j'ai oublié des liens, des associations d'histoire locale, des bibliothèques qui proposent des informations sur l'objet de ce blog et de votre recherche, faites le moi savoir !!!

samedi 31 octobre 2009

Les cinémas à Hénin-Beaumont de 1939 à aujourd'hui

Si l'on fait le point avant la seconde déflagration mondiale, l'année 1938 voit certainement l'apogée du cinéma héninois d'avant guerre. Les trois salles les plus importantes : Apollo, Capitole et Caméo ont alors une capacité totale de 2.860 places. Au rythme des séances et des mois, elles accueillent en 1938, 258.566 spectateurs,soit 4.972 en moyenne par semaine pour la vision totale de 339 films. Le cinéma est alors un véritable loisir de masse. La population héninoise se compose alors de 23.000 âmes. Si, bien sur, l'on considère que seuls les héninois fréquentent leurs cinémas, ce qui n'est pas tout à fait faux puisque les villes alentours possèdent alors leurs propres salles, chaque habitant d'Hénin a fréquenté, en moyenne,un peu plus de onze fois les cinémas. Sur cette somme, c'est l'Apollo qui attire le plus des spectateurs. Avec une clientèle de 148.200 personnes, la salle représente 57,3% du marché héninois,

La séance de cinéma est alors particulièrement longue. Il y a souvent une première partie avec une vue comique puis un ou deux documentaires et les actualités de la semaine. Parfois l'entracte permet de voir les attractions de music-hall. Puis vient le grand film. C'est bien sur en fin de semaine que le cinéma ouvre ses portes. Le samedi soir est particulièrement la séances des jeunes gens. Le dimanche après-midi attire les familles et le jeudi grâce au demi-tarif, le cinéma joue les nurses.
Mais le temps des plaisirs et des distractions prend fin et un nouveau conflit s'annonce. Mentionnons auparavant l'existence de deux autres salles qui appartiennent au clergé et qui par conséquent répondent à une logique autre que commerciale : le cinéma Saint-Henry, situé cité Darcy qui ouvre en août 1933, et le Rex, boulevard Schumann.

Lors des premiers mois de nouveau conflit, les salles héninoises n'échappent pas au bouleversement. Dès novembre 1939, le sujet britannique Humbary Davies nomme gérante sa secrétaire comptable Julienne Gemgembre. L'acte est officialisé par le notaire René Six. Elle reste a ce poste jusqu'en 1948 afin d'administrer la salle. En 1940, l'Apollo diffuse 85 films et attire 97.000 spectateurs. Mobilisé, Germain Larivière est fait prisonnier de guerre de juin 1940 à avril 1941. A son retour, il poursuit l'exploitation, donnant à la population un certain réconfort moral. La salle de Léon Cochon, le Capitole, est endommagée par les bombardements au début du conflit. A 64 ans, en mai 1943, Léon Cochon, malade et en convalescence à Nice, transmet la gestion de la salle à son fils Louis, âgé alors de 39 ans.
Malgré les contraintes du couvre-feu, les restrictions en électricité et la peur de la réquisition par l'occupant, les salles obscures deviennent les seuls lieux de distraction pour une population déprimée. Par sanction des autorités allemandes, toutes les salles sont fermées à dater du 29 juillet 1944.
En juin 1948, Humbary Davies est de retour à Hénin. Résidant dorénavant rue du Général de Gaulle à Beaumont, il reprend la direction de l'Apollo. Mais dès juillet 1951, il cède la salle au réseau Ghéldorf, centré sur Roubaix, également gérant du Majestic de Carvin et du Cantin de Lens. Riche de trente-cinq salles, ce circuit est l'un des trois grands de la région, avec les cinémas Bertrand et le réseau Deconninck.
En février 1953, le Cinéma Français change également de propriétaire : Germain Larivière le cède à Gilbert Meurice. Originaire de l'Avesnois, ce dernier dirige déjà deux cinémas dans le Nord dans l'immédiat après-guerre. Nouveau gérant, il rebaptise la salle le Caméo et devient le cinéma des « deuxième visions ». Les films, passant d'abord en exclusivité à l'Apollo ou au Capitole, sont, quelques semaines plus tard, à l'affiche au Caméo.
Le Capitole n'est pas à l'abri de la restructuration de l'exploitation héninoise. Le 30 décembre 1953, Louis Cochon signe un accord avec la société Bertrand pour la gestion commune de la salle. Il compte ainsi profiter de l'expérience de ce réseau de salles dirigé par Roland Bertrand, et fortement implanté dans les principales villes du bassin minier avec l'Apollo de Lens,... Après rénovation, la salle offre encore 800 places. Les comédies attirent le public au Capitole qui doit souvent refuser des spectateurs. On peut alors réserver sa place à l'année, le public étant constitué d'habitués. Le cinéma est alors un mode de vie, le premier loisir des français. Après des records de fréquentation en 1947 et 1956 – 1957, le public va peu à peu refluer, rapidement séduit par la télévision qui apparaît très tôt dans les foyers du Nord. L'émetteur de Lille fonctionne dès 1954.
A nouveau, Apollo et Caméo changent de propriétaires. En avril 1973, alors que la diminution de la fréquentation s'amplifie, les 868 places de l'Apollo quittent le circuit Gueldof au profit d'une héninoise, Christiane Lemire. Resté propriété de Gilbert Meurice, le Caméo passe toutefois sous la gestion de Francis Eripret en octobre 1964, puis dix ans plus tard, la direction de la salle est confiée à Pierre Hugot et Alain Florecq. Mais le déclin est irrémédiable. Au cours des années soixante-dix, les méthodes d'exploitation se modifient. La télévision triomphe et le nombre de récepteurs s'accroit. La couleur se généralise, les programmes s'étoffent, de nouvelles chaînes arrivent et le divertissement est dorénavant à domicile. Les directeurs de salles modifient leur stratégie en multipliant les films à l'affiche. Les grands cinémas sont dépecés, fractionnés en petites salles. En juillet 1979, Mme Lemire fait de l'Apollo un complexe de trois salles : Apollo I de 386 places, Apollo II de 117 places et Apollo III de 91 places.
Le 11 novembre 1979, le Capitole projette son dernier film : « Piranhas ». Trop grande pour être rentable, mais pas assez pour être transformé en multi-salles, la société Bertrand cède le Capitole à la municipalité qui souhaite le transformer en une salle polyvalente pour les gymnastes ou les musiciens. Le Capitole est le premier cinéma d'Hénin à éteindre le projecteur. Quelques années plus tard, alors qu'il ne propose plus que des films de karaté et d'horreur, le Caméo ferme définitivement ses portes le 27 novembre 1984; victime de la logique du marché.
Quelques mois plus tard, dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 mai 1985, un incendie se déclare mystérieusement à l'Apollo. Quelques heures après la projection du film « Amadeus » de Milos Forman, le feu se déclare à une heure du matin. Le journaliste de Nord-Matin nous apprend que trois foyers ont été allumés de main criminelle : l'un dans le hall, le second dans la salle principale et le troisième derrière l'écran ou une bouteille d'alcool et une boite d'allumettes ont été retrouvées intactes. Déjà, en 1962, un incendie, vite maitrisé, s'était déclaré. L'enquête piétine, et la salle obscure ou des milliers d'héninois ont rêvé, ont vécu dur grand écran des histoires s'identifiant aux héros, et ou des couples se sont rencontrés, fait rapidement place à un supermarché, nouveau temple de l'aventure humaine.

Aujourd'hui, le Caméo est devenu une épicerie solidaire, l'Apollo n'est plus, et le Capitole, détruit a fait place a une résidence nommée... le Capitole. Cette dernière salle a pendant vingt ans et à l'abandon, tombant lentement en ruine avec, même avant l'instant fatidique de sa destruction, des sièges et un écran.

En 1991, cela fait six ans que les 26.000 habitants d'Hénin, mais aussi ceux des villes alentours, sont privés de cinémas. Parce qu'une salle de cinéma est le témoin de la vitalité et du dynamisme d'un centre-ville, parce qu'elle est un pôle de divertissement et de culture indispensable, parce qu'elle attire dorénavant des spectateurs potentiels qui ne se contentent plus de la télé et que le commerce local profite des retombées de ces spectateurs, la municipalité, face à ce manque et à ce besoin, décide la construction d'un complexe de trois salles au cœur de la ville. C'est à M. Hubert cornu, autrefois employé au cinéma Capitole, que l'on doit le nom du futur complexe, inauguré avec faste et en la présence de nombreuses vedettes, comme Miou-Miou, le samedi 7 décembre 1991. Doté des derniers perfectionnements techniques et, mais pour un temps, du plus grand écran de la région, les trois salles de l'Espace Lumière séduisent rapidement les héninois et les habitants des communes voisines. Les spectateurs s'approprient cet établissement cinématographique, géré indépendamment des grands circuits nationaux. Un nouvel espace de vie, de convivialité et de sociabilité prend ainsi son essor, et devient le symbole de la poursuite de l'exploitation du Septième Art à Hénin-Beaumont, en espérant, dans l'avenir, être protégé des grands changements actuels, afin de rester la fierté et la propriété des héninois et des spectateurs.
Mais Hénin n'échappe pas à la rapide transformation qui touche l'exploitation cinématographique à la fin du siècle dernier. A l'instar des grands centres urbains, tant régionaux que hexagonaux, la ville accepte en décembre 1997 l'installation d'un multiplexe cinématographique d'une importante société de production-distribution, le géant Gaumont, en périphérie, près du centre commercial Auchan de Noyelles-Godault, reléguant ainsi le Septième Art au rang de simple consommation de masse. La carte de l'implantation cinématographique à Hénin se trouve ainsi radicalement changé. Alors que depuis un siècle, l'exploitation était concentrée en centre-ville, le multiplexe va changer la donne en plaçant la consommation de cinéma en périphérie. Gaumont fait passer l'exploitation cinématographique à Hénin à une vitesse supérieure puisque le marché visé concerne une vaste partie de l'ancien bassin minier allant de Douai à Avion, d'Arras à Seclin. La position géographique du multiplexe, à l'embranchement de l'autoroute, est profitable au succès et à la réussite d'une telle entreprise. Les autres exemples d'implantation de ce genre montrent qu'elles sont stimulantes en tant que moteur de développement d'une zone marchande périphérique. L'ouverture d'un tel site menace aussi directement l'ensemble des cinémas des environs : l'Espace Lumière d'Hénin-Beaumont, l'Apollo de Lens, le Familia d'Avion, le Concorde de Noyelles-Godault... Mais les nombreux projets de construction de multiplexe, tels que celui de Douai, le Pathé de Liévin ou dans la zone nord d'Arras, pourrait aviver la concurrence et restreindre le marché potentiel de spectateurs visés, malgré les prévisions à la hausse de la demande.
La construction du nouveau temple du cinéma héninois est rapide, s'étendant sur quelques mois seulement. Elle répond à de nouveaux critères d'élaboration : uniformisation et standardisation de l'architecture, transformant la simple salle de cinéma en bunker bétonné, triste à la vue. D'une superficie de 6 200 m2, pouvant accueillir un total de 2 400 spectateurs dans 12 salles, le site ouvre en avril 1999. Par cette arrivée, la municipalité pense dynamiser et valoriser un nouveau quartier en devenir, le Bord des Eaux, grâce à l'implantation d'activités induites et connexes (restauration, loisirs...) qui serait profitable à la jeunesse à la recherche d'un lieu de loisirs. Mais en premier lieu, c'est d'abord au centre commercial et à la société Gaumont que profitera le nouveau complexe, la municipalité ne bénéficiant pour le moment que des retombées fiscales.
Le problème principal que pose l'arrivée d'un tel site reste alors le devenir des trois salles du centre-ville. La municipalité est restée floue dans les perspectives d'avenir de l'Espace Lumière. Il semblerait que les trois salles, encore toutes récentes et toujours équipées des dernières innovations techniques, feraient l'objet d'un troc, passant de la gestion d'un directeur indépendant à celle du géant du cinéma français. Les édiles municipaux souhaitent que le complexe de centre-ville ne soit pas étouffer par celui du Bord des Eaux, en proposant la carte de la complémentarité : les petites salles accueillant les films plus intimistes et plus « culturels » alors que le multiplexe se réserverait les grosses productions dans un souci de rentabilité maximale.
Mais avec cette installation, Hénin va en fait sacrifier ses trois salles de centre-ville. Que faire du cinéma de centre-ville crée pourtant il y a peu et pour lequel le maire avait paradé lors d’une cérémonie des Césars, remerciant la grande famille du cinéma et l’Etat. Que faire du complexe Lumière construit avec l’argent du contribuable héninois et maintenant devenu gênant ? Très simple pour le maire aux idées simplistes : on le met dans la corbeille de la mariée en l’offrant au nouveau géant du cinéma. Mais les gérants de multiplexes qui se veulent être le soutien des petites salles de centre-ville sont aussi des industriels avant tout, et cette préoccupation semble être plutôt le baiser de Judas comme l’atteste ce qui va se passer : le directeur général de Gaumont, Jean-Louis Renoux, la main sur le cœur et la sensibilité dégoulinante affirme en avril 1999 s’être engagé de garder les salles du centre-ville « offerte en cadeau » par la municipalité pour une durée de dix ans… C’était plutôt l’affaire de dix mois. Les grands patrons n’ont décidément pas de respect pour leur engagement. Cependant, quatre ans après l’ouverture, le Gaumont héninois est victime de la concurrence et de la logique de marché. En effet, après l’entente commerciale qui se termine par une fusion spectaculaire entre Gaumont et son rival légendaire Pathé, le nouveau géant de la distribution de films se trouve en position dominante dans le bassin minier causé par le multiplexe de la firme au coq situé à Liévin. Suivant les lois en vigueur, la nouvelle société doit céder son complexe de Hénin, vendu à la SOREDIC ( Société Rennaise de Diffusion Cinématographique ), nouvelle venue dans le paysage cinématographique du Nord. En effet, comme son nom l’indique le nouveau groupe est originaire du grand-ouest, gérant depuis 1975 un parc de 74 salles dans les villes de l’ouest et oriente sa stratégie dans un développement sur tout le pays. Ainsi, le Gaumont d'Hénin-Beaumont devient dorénavant le Cinéville, alors que l'Espace Lumière redevient municipal en 2002.
Mars 2009, après dix-huit ans de vie tumultueuse, balancé entre des équipes municipales inefficaces et un complexe ayant sa propre logique, l'Espace Lumière tire sa révérence. Aujourd'hui, le site est intact, prêt à redémarrer. Mais peu à peu, le vaste édifice inoccupé va prendre lentement le chemin de l'abandon, devenant le symbole d'une ville qui dépérit.

Sources et documentation :
Archives départementales du Pas-de-Calais
Le Journal d'Hénin-Liétard [hebdomadaire héninois du début du siècle]
La Voix du Nord
Nord-Matin
Héninfos [journal municipal qui a évoquait l'arrivée du Gaumont]
Archives du C.N.C. Lille (Merci M. Tavernier !!)
Souvenirs personnels de MM Cornu et Tétin

Ce texte, et l'ensemble de l'histoire de l'exploitation cinématographique à Hénin-Beaumont publiée précédemment, a été lu lors d'une conférence organisée par l'association historique d'Hénin-Beaumont, Hennium en mai 1998. La fin est une récente mise à jour.

vendredi 30 octobre 2009

Le Kursaal de Hautmont


Deux grandes salles ont existé pendant de nombreuses années dans la ville de Hautmont : le Casino, rue Saint-Anne et qui est devenu aujourd’hui un magasin d’antiquités, et une autre salle, le Kursaal, au 5 rue Gambetta.
Une des grandes salles de la ville qui pouvait contenir un total de 805 spectateurs est le Kursaal, situé à un coin de rue, entre les rues Gambetta et Victor Hugo sur laquelle donnaient les issues de secours du cinéma. Sur le pignon du bâtiment est indiqué les directions pour Maubeuge et pour la ville de Sous-le-Bois. Près de la porte d’entrée de la salle sont indiqués sur un tableau les prix, les films et l’horaire des séances… De l’autre côté de la porte, les affiches des films proposés… La salle est polyvalente : y sont passés les tournées Baret, les Jeunesses musicales, et on y a joué des opérettes, notamment « L’Auberge du Cheval Blanc ». Après la guerre, des séances scolaires sont organisées l’après-midi. La salle a été démoli lorsque le pont supérieur fut construit en 1965.

Sources :
Un grand merci à Mme Monique Mestayer et à l’association historique « Mémoire d’Hautmont ».

dimanche 25 octobre 2009

Le Caméo de Avion

Situé rue charles Ferrand, une rue menant du centre d'Avion à la gare, ce cinéma, aujourd'hui entièrement détruit, était placé à côté de l'actuelle bureau de poste, peut-être même que ce bureau a été construit sur l'emplacement du Caméo, c'est à éclaircir...
L'un des gérants de cette salle est Robert Laurent, dont le fils tenait le Rex de Méricourt. La carte postale dont est extrait le détail qui accompagne ce message ne permet pas de dater le cliché. Cependant, il semblerait que cette photo date de l'après seconde guerre mondiale, fin années 40, début années 50. A côté de la salle était située un café qui n'apparait pas sur le cliché. Le Caméo est alors en concurrence directe avec l'autre salle d'Avion, le Familia de M. Mercier, davantage en centre-ville. Le Caméo était un cinéma populaire pour les corons et cités environnantes. Il proposait des films de gangster, des westerns,... D'après l'inventaire de juillet 1940, le propriétaire du Caméo est la Société Houillière de Liévin, et le locataire est donc Robert Laurent, mobilisé, et qui n'est pas encore rentré. Toujours d'après cet inventaire, la salle est classée en bon état, mais il manque toutefoisun objectif. Elle possède un balcon et fait 40 m de longueur sur 10 m de largeur. Elle peut alors recevoir 1000 spectateurs.
Avionnais qui me lit, si tu as un témoignage sur cette salle, ou sur le Familia, n'hésite pas !!!

mercredi 21 octobre 2009

Le Royal Cinéma de Liévin

Au 220 rue Emile Zola, dans le quartier Vieux-Calonne de Liévin, entre un garage et une maison particulière, face à une église de style contemporain, est située la vaste bâtisse de l'ancien cinéma Royal.
C'est en 1928 que Guislain Tacquet achéte le terrain pour faire bâtir la salle du Royal, d'une surface de 1.200 mètre carré, avec un balcon.
En juillet 1940, la salle a toujours pour propriétaire M. Tacquet, présent lors du recensement des salles demandé par l'occupant nazi. Alors jugée en bon état, la salle peut alors acceuillir 350 spectateurs. Après guerre, c'est le gendre de Guislain Tacquet, André Lecoeuvre qui rénove le bâtiment pour une mise en conformité complète. L'activité de la salle assurait un petit emploi pour des habitants du quartier : ouvreuses, projectionnistes, vente de bonbons,...
Mais c'est avec la désaffection du public que le cinéma va cesser ses projections dans les années 70. La salle servira un moment pour la réception des enfants et sera chapelle provisoire jusqu'en 1980.
A l'occasion du centenaire du cinéma, la salle a fonctionné pour une représentation unique .
En août 1996, la salle est à vendre... Et aujourd'hui ? Cela fait quelques années que je ne suis plus passé devant...
Sources : recherches de l'auteur et un article de Jean-Marie Lequint paru dans LeLiévinois n°30 d'avril 1999. Bien sur, si vous avez fréquenté cette salle, si vous en avez un souvenir précis, si vous y avez travaillé, si vous avez un cliché de famille où on voit cette salle en arrière-plan, ou alors une carte postale, contactez-moi !!!

mardi 20 octobre 2009

De nouveaux documents sur l'Omnia de Lille















Deux nouveaux documents sur l'Omnia de Lille, précédemment mentionné dans des précédents messages de ce blog.
Un grand merci à Mr Raymond Van Thournout pour m'avoir transmis ces très beaux documents issus de journaux où on aperçoit l'intérieur de la salle.

dimanche 18 octobre 2009

Les premières séances de cinéma à Douai


A l'orée du nouveau siècle, Gayant est le géant d'une citée en pleine expansion. La population s'accroit et les activités se diversifient. N'étant pas le siège d'extraction houillère, Douai profite malgré tout des retombées de l'expansion économique que connait le bassin minier. La ville se place à la pointe des progrès techniques, ayant d'une part une piste et une usine aéronautique Bréguet, et étant d'autre part la ville natale d'un précurseur du cinématographe : Georges Demenÿ. Avec l'automobile, l'aviation et le cinématographe font parti des secteurs de pointe de la seconde révolution industrielle. Douai a également une place importante dans le dispositif urbain du bassin minier : siège d'une garnison, d'un tribunal, et ayant une zone commerciale étendue. Douai est également placée sur la ligne de chemin de fer Paris – Lille et sa renommée est importante, notamment avec les festivités de Gayant début juillet.
Avant l'arrivée du représentant de la Maison Lumière, la cité a déjà connu deux projections. C'est en plein centre-ville, place d'Armes, que Douai va connaître sa première représentation de cinéma. L'Olympia est l'un des grands cafés-restaurants de cette grande place. Il est situé aux numéros 25 et 27. Son propriétaire, M. Gadiffert, accueille « le salon du cinématographe qui est luxueusement aménagé » en décembre 1896, et qui est « installé depuis quelques jours seulement ». Le salon du cinématographe propose des vues Lumières telles que « l'arrivée d'un train, la sortie de la messe, le jardin d'acclimatation, les farces d'un arroseur, les aventures d'un pochard, le Tsar à Paris, le travail des forgerons, etc », le tout présenté de 17 à 18 heures, et entre 19 heures 30 et 22 heures. Le dimanche, la matinée débute à 15 heures. Ce cinématographe n'est ensuite plus mentionné dans la presse locale. Ce bref passage d'exploitant est-il un échec ? Ou était-ce prévu dès le début des projections ? C'est le 3 février 1897 que Le Journal de Douai annonce une nouvelle série de représentations, pour le lendemain à 20 heures 30 à la salle des fêtes de l'hôtel de ville. Mais dans son édition du 5 février, Le Journal de Douai annonce que « par suite d'un accident, la séance de cinématographie annoncée pour hier, est remise à vendredi ». Mais ensuite, aucune mention, aucun compte-rendu ne décrit cette séance. C'est le 28 février 1897 que Le Journal de Douai annonce enfin « le Cinématographe Lumière (le véritable cette fois) ».
C'est en provenance de Saint-Quentin que le Cinématographe arrive à Douai, avec une belle réputation derrière lui. Neuf représentations sont effectuées du jeudi 4 mars au lundi 12 mars, mais « devant le grand succès de ces charmantes soirées, la Direction du Cinématographe Lumière a décidé de prolonger de trois jours son séjour », jusqu'au lundi 15 mars inclus. Il s'agit probablement d'une technique commerciale qui consisterait à limiter volontairement le nombre de représentations afin d'attirer le public et d'insister sur le succès de ces projections. Mais, de façon plus simple, l'exploitant, comme à Saint-Quentin, décide de prolonger son séjour pour véritablement répondre à l'engouement du public pour ces « charmantes soirées ».
Contenant près de 750 places, le théâtre de Douai accueille les représentations Lumière. Le théâtre est le lieu de distraction et de sortie préférée d'une partie de la société douaisienne, issue d'un milieu aisé et composée de notables, de petits bourgeois et de commerçants. Le Cinématographe, en s'installant au théâtre, souhaite toucher ce public pour obtenir ainsi une bonne publicité et une image de marque rassurante.
Il est malheureusement impossible de savoir ce qui se cache derrière « la Direction du Cinématographe Lumière » : leur nombre, leurs noms, leurs rôles... Cette direction peut être une équipe ayant obtenu la location du « droit d'exploitation du Cinématographe » par les Lumière. Cette équipe est constituée d'un opérateur-mécanicien et d'un assistant. En décembre 1896, la firme lyonnaise décide que l'opérateur peut se retrouver seul à gérer l'exploitation, exerçant à la fois le rôle d'opérateur, technicien, commentateur, gestionnaire... De ces hypothèses, on ne sait malheureusement laquelle retenir pour dévoiler l'identité de cette « Direction ».
L'obscurité se fait dans la salle. Le moteur se met en marche, et l'opérateur envoie un jet de lumière sur une toile blanche. Sur celle-ci, les vagues de la mer bougent, les feuilles des arbres suivent le mouvement du vent, les gens marchent... La stupeur se lit sur chaque visage des spectateurs, lesquels, malgré le scintillement de la lumière et le sautillement de l'image, se souviendront longtemps de cette première expérience, de ce premier contact. Le Cinématographe Lumière propose près de « 30 projections animées, éclairées par l'électricité et mesurant de 15 à 20 m2 ». Ces vues appartiennent aux séries décrites par le catalogue Lumière qui propose plusieurs catégories de « films » : comique, documentaire, scène de genre, actualité. Ces courtes scènes sont essentiellement des vues de plein air, « la nature prise sur le vif », faites par les opérateurs Lumière envoyés dans le monde entier. Malgré la réversibilité de l'appareil, aucune vue locale n'est mentionnée parmi les projections faîtes au théâtre.
La réussite et l'afflux du public semblent avoir contenté le représentant Lumière, même si celui-ci fait distribuer le 10 mars un « humoristique prospectus », cherchant ainsi à attirer « ceux qui ont hésité de venir, de crainte d'être bernés encore une fois ». Mais ceux-ci ne pourront échapper au succès foudroyant du spectacle cinématographique. Moins de deux mois après le départ du représentant Lumière, Douai va connaître de nouvelles séances, grâce notamment à l'un de ses concitoyens.

jeudi 15 octobre 2009

Deux nouveaux documents sur le Ritz de Lille


Deux nouveaux documents récemment trouvés et mis en ligne sur des sites internet montrent le cinéma Ritz, grande salle du centre lillois, victime des flammes.
Le premier document est issu de la bibliothèque municipale de Lille qui propose une banque d'images et de documents sur l'histoire lilloise. Un autre document sur un cinéma lillois est proposé sur ce site : un programme de l'Union, rue d'Arras. Promis, je le posterais bientôt sur ce blog !!
Le second document est un autre témoignage photographique de la catastrophe dont a été victime le Ritz. Certes, on ne voit pas la salle, uniquement les dégats dans une rue adjacente, mais en voyant l'étendue du sinistre, on se rend compte de l'important incendie qui a dévasté la salle du centre lillois.

vendredi 9 octobre 2009

Les cinémas de Marcq-en-Baroeul



Dès 1910, la ville de Marcq-en-Baroeul possède déjà deux salles de cinéma. Bizarrement, ces deux salles se font quasiment face à face, rue Saint-Patrick. Seule la rue les sépare. Au 10 de cette rue se trouve le « Grand Cinéma des Familles » qui appartient à Gaston Catrix-Ponthieu, et en face au numéro 7, Henri Degruson-Tranis gère le « Royal Cinéma ». La concurrence devait être intense et l’affiche du programme se doit d’être à chaque fois alléchante au risque de voir la clientèle s’intéresser à la salle d’en face. C’est pourtant la dernière salle citée, le Royal Cinéma qui disparaîtra la première. Quant à la salle de M. Catrix-Ponthieu, elle va se dénommer ensuite le « Ciné – Théâtre des Familles » puis le « Familia » jusqu’à la fin des années soixante. Il faut attendre 1930 pour voir apparaître une nouvelle salle, plus importante, le « Colisée » qui vivra jusqu’en 1977. Ancienne Maison du Peuple, située au bout de la rue Jean-Jaurès, la salle du Colisée est un cinéma de 780 places. La salle a gardé le souvenir de sa fonction première : dans le hall d’entrée, une mosaïque représentant deux mains serrées, exalte la solidarité ouvrière et sur le fronton de la façade est gravé le mot « fraternelle ». Cette salle est aujourd'hui la dernière en activité de Marcq-en-Baroeul. Équipée de 226 fauteuils avec grand écran de 60 m², son Dolby Stéréo Digital, ce cinéma de proximité, aujourd'hui dénommé Colisé-Lumière, accueille également des spectacle vivants: lyrique, magie, théâtre...
Une autre salle qui a fait le bonheur des habitants de Marcq-en-Baroeul est « le Plouich », situé rue des Tisserands du nom du lieu-dit le Plouich. Cet endroit a vu s’élever une petite cité avec des logements ouvriers. « Le Plouich » est avant tout un cinéma paroissial construit en 1925 lors de l’érection de la cité ouvrière. Cette salle de 290 places a été administrée par l’Abbé Guermonprez puis par l’Abbé Vandamme. Les érudits locaux se souviennent que les séances de cinéma étaient annoncées au cours de la messe dominicale. Cela amenait quelques quiproquos… Les portes du cinéma se refermèrent en 1976. La municipalité racheta la salle en janvier 1981 pour la réhabiliter. Elle reçoit le nom de Bourvil en 1983…L’idée du cinéma reste ainsi pour cette petite salle de quartier…
Source :
« Marcq-en-Baroeul, rues d’hier et d’aujourd’hui »
Légende des clichés du haut en bas :
- La rue Saint-Patrick et les deux premières salles qui se font face à face (merci de zoomer).
- La façade du Colisée-Lumière, ancienne Maison du Peuple
- Un programme du Ciné-Plouich

dimanche 4 octobre 2009

Index des communes recensées dans le livre "Les cinémas du Nord et du Pas-de-Calais"

Indisponible dans la version papier de l'ouvrage paru en 2005 : "Les salles de cinéma du Nord-Pas-de-Calais de 1895 à nos jours", voici enfin l'index des communes recensées dans cet ouvrage, disponible notamment sur Priceminister :


INDEX
DES LIEUX


Ablain-Saint-Nazaire …. 65
Aire-sur-la-Lys ... 18, 64, 92, 96, 113, 116, 117, 120, 139, 161, 163
Aniche … 60
Annappes ... 157
Annezin ... 159
Anzin … 42, 73
Arenberg … 61, 67, 100, 119
Armentières ... 15, 28, 38, 48, 67, 68, 75, 79, 80, 147, 165, 174
Arques … 49, 50, 95
Arras ... 16, 18, 29, 31, 45, 71, 101, 107, 109, 112, 113, 129, 133, 139, 141, 149, 153, 166, 167
Ascq ... 157
Aubigny-en-Artois … 64, 101, 120, 134, 141
Auchel … 40, 45, 108, 137, 138
Aulnoye ... 66, 102, 106, 107, 119, 139, 149
Auxi-le-Château … 50, 134, 138
Avesnes-sur-Helpe … 81, 89, 113, 119
Avion ... 108, 141, 173


Bailleul ... 100, 120, 160, 161, 162
Bailleul-sire-Berthould … 65
Bainchtun … 96
Bapaume … 139
Berck-sur-Mer ... 24, 60, 74, 104, 120, 135, 141, 174
Berlaimont … 66, 101, 119, 120
Béthune ... 17, 22, 35, 40, 47, 49, 52, 93, 94, 140, 143, 159, 160, 161, 174
Biache-Saint-Vaast … 100, 108, 139
Billy-Montigny … 40, 48, 76, 83, 85, 141
Blendecques … 96
Boulogne-sur-Mer ... 16, 18, 23, 26, 27, 38, 42, 72, 80, 96, 101, 105, 113, 125, 144, 156
Bourbourg … 73, 139
Bousbecque ... 78, 79, 129, 134, 135, 149, 166
Bray-Dunes ... 59, 92, 101, 148, 149
Bruay-Labuissière (en-Artois) ... 17, 26, 28, 33, 35, 40, 50, 60, 73, 87, 93, 94, 131, 134, 140, 160, 161, 164, 166, 174
Bruxelles ... 145, 165
Bully-les-Mines ... 23, 62, 73, 106, 128, 149
Busigny … 75


Calais ... 18, 23, 26, 28, 42, 43, 69, 71, 90, 102, 104, 109, 113, 163
Cambrai ... 18, 28, 29, 41, 48, 72, 82, 90, 100, 102, 112, 125, 141, 150, 151, 157
Carvin ... 17, 26, 62, 63, 92, 95, 123, 131, 132, 134, 139, 141, 156
Cassel … 140
Cauchy-à-la-Tour … 139
Caudry … 66, 99, 134
Comines ... 44, 48, 55, 80, 105, 149
Conchi-le-Temple … 96
Coquelles … 156, 163, 174
Coudekerque-Branche … 59, 76, 98, 138
Courcelles-les-Lens … 141
Courrières … 45, 83, 95, 128, 141
Courtrai … 165
Crespin … 59
Croix … 79


Dechy … 121
Desvres … 113, 161
Divion … 40, 134
Douai … 12, 14, 19, 23, 25, 26, 27, 28, 32, 41, 52, 85, 89, 112, 113, 127, 141, 146, 163, 166, 167
Douchy … 123
Dourges … 95
Dunkerque … 20, 24, 25, 26, 28, 43, 58, 72, 91, 109, 114, 147, 163, 166, 174


Escaudoeuvres … 133, 141
Estaires … 139, 144, 145
Estrée-Blanche … 115, 142
Etaples … 59, 77, 80, 89, 102, 149


Fenain … 94
Fives … 122
Flers … 57, 58, 93, 157
Flines-les-Raches … 100
Fontaine-Notre-Dame … 123
Fort-Mardyck … 169
Fourmies … 41, 52, 81, 97, 123
Frelinghiem … 29
Fressin … 96
Fretin … 103
Frevin-Capelle … 65
Fruges … 50, 65, 91, 95, 104, 134


Gand ... 165
Givenchy-en-Gohelle ... 65
Gouy-saint-André .. 118
Grande-Synthe ... 168, 169
Gravelines ... 49
Grenay ... 77, 108, 138, 141
Guisnes ... 60


Haillicourt ... 64
Halluin ... 38, 57, 92, 106, 117, 156
Hardelot ... 161
Harelbeke ... 165
Harnes ... 78, 83, 139, 40, 61, 121, 140, 162
Hasselt ... 165
Haubourdin ... 20, 38, 39, 48, 52, 56, 57, 75, 149
Hautmont ... 65, 77, 126, 138, 153, 168
Haveluy ... 67
Hazebrouck ... 44, 68, 69, 80, 174
Hellemmes … 37
Hénin-Beaumont (Liétard) … 17, 22, 23, 26, 32, 40, 69, 80, 97, 100, 102, 132, 133, 134, 140, 141, 156, 163, 166, 167, 174
Hersin-Coupigny … 107
Hesdin … 80, 108, 118, 132, 133, 134, 164
Hondschotte … 92
Houlle … 144
Houplines … 118, 120
Hulluch … 61


La Gorgue … 111
La Rochelle … 166
Le Cateau … 18, 19, 49, 53, 66, 147
Leforest … 77, 138
Lens … 15, 17, 26, 28, 39, 40, 48, 68, 79, 84, 89, 95, 102, 112, 123, 126, 133, 140, 141, 142, 160, 167, 173, 174
Le Portel … 75, 78, 102, 109, 113
Le Touquet … 45, 75, 96, 101, 102, 104, 137, 139, 174
Liévin … 28, 95, 141, 160, 163, 167, 174
Ligny-en-Artois … 106
Lille … 15, 16, 17, 22, 26, 36, 38, 40, 48, 66, 68, 74, 79, 80, 81, 85, 89, 91, 95, 96, 97, 100, 102, 103, 104, 106, 107, 108, 118, 123, 126, 127, 128, 132, 133, 134, 139, 140, 145, 147, 148, 150, 151, 152, 156, 157, 163, 165, 166, 174
Lillers … 28, 40
Lomme … 106, 158, 162, 163, 165
Loos-en-Gohelle … 132, 140
Loos-les-Lille … 105, 158
Lourches … 44
Louvroil … 79
Lumbres … 93, 121
Lyon … 16, 25
Lys-les-Lannoy … 106, 112, 134, 139


Madrid … 165
Malo-les-Bains … 32
Marcq-en-Baroeul … 38, 56, 71, 78, 139, 157, 161, 162, 163
Marquise … 113
Maubeuge … 28, 113, 122, 168
Mazingarbe … 62, 125, 134
Méricourt … 141
Merville … 25, 77, 79, 92, 102, 104, 105, 120, 122, 127, 161
Metz … 165
Mons … 146
Montigny-en-Gohelle … 95, 139, 141, 142
Montreuil-sur-Mer … 51, 80, 114, 115
Mortagne-du-Nord … 133


New-York … 127
Nice … 102
Noeux-les-Mines … 23, 48, 61, 62, 98, 136, 140
Noyelles-Godault … 93, 109, 142, 167
Noyelles-sous-Lens … 84, 142, 159


Oignies … 61, 108, 118, 138, 140
Orchies … 67
Ornaing … 92
Ostricourt … 62
Outreau … 59, 82, 113


Paillencourt … 22, 123, 127
Paris … 12, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 114, 133, 150, 168
Pérenchies … 29
Peruweltz … 83
Petit-Fort-Philippe … 49, 121
Pont-à-Marcq … 18
Pont-de-Brique … 118, 120, 127


Râches … 131
Rang-du-Fliers … 96
Roeulx … 73
Roost-Warendin … 148
Rosendael … 43, 48, 59, 91, 102, 116, 126
Roubaix … 18, 37, 56, 82, 86, 90, 99, 103, 109, 112, 127, 128, 131, 135, 136, 146, 147, 167, 168, 169


Saint-Martin-au-Laërt … 96
Saint-Omer … 19, 50, 70, 73, 74, 95, 102, 132, 133, 139, 163, 166
Saint-Pol-sur-Mer … 59, 91, 98, 102, 128, 151
Saint-Pol-sur-Ternoise … 52, 102, 103, 116
Saint-Quentin … 19
Saint-Saulve … 75
Sallaumines … 40, 62, 63, 83, 94, 134, 139, 142
Seclin … 167
Solesmes … 105
Somain … 66, 134, 138
Souchez … 64, 65, 142
Steenvoorde … 134, 135, 139
Stella-Plage … 119
Strasbourg … 150


Templeuve … 57, 95, 103, 112, 121, 122
Thumeries … 122, 123, 135, 136, 151, 152, 155, 156
Toulon … 163
Tourcoing … 29, 37, 38, 56, 70, 86, 92, 96, 103, 105, 114, 135, 140, 146, 147, 174


Valenciennes … 19, 25, 34, 36, 42, 43, 70, 73, 79, 91, 93, 94, 100, 102, 104, 105, 112, 114, 126, 134, 141, 147, 163, 174
Vermelles … 126
Vieux-Berquin … 122
Villeneuve d’Ascq … 93, 157, 158, 173
Vitry-en-Artois … 64, 104, 116, 117


Wahagnies … 152
Walincourt … 12
Wallers … 67
Wasquehal … 150
Wattrelos … 40, 41, 48, 56, 74, 92, 147, 148, 174
Wimereux … 41, 59, 104, 113
Wimille … 136
Wingles … 61, 141, 142, 156
Wissant … 60
Wizernes … 95
Wormhout … 115


Ypres … 56

vendredi 2 octobre 2009

Le Viographe Péchadre



A partir de l'année 1900, l'exploitant, M. E. (on ne connait pas son prénom, peut-être Henri d'après l'ouvrage de Daniel Granval sur le cinéma à Merville, alors que j'ai trouvé dans les journaux d'époque la seule lettre E) Péchadre nomme sa loge « Viographe » cherchant ainsi à se distinguer des concurrents qui envahissent alors les champs de foire et à montrer au public qu'il leur propose non une reproduction de la vie, mais une « écriture » de la vie. A ces débuts, la loge s'intitule « Théâtre du Viographe Péchadre ». L'exploitant faisait-il auparavant du théâtre forain ou cherchait-il simplement à rapprocher son attraction du monde du théâtre, encore si présent dans les foires, mais en voie de déclin avec le succès des loges électriques émetteurs de bruits de plus en plus forts. Dès ses débuts, lors de sa première mention dans le bassin minier à Béthune en 1900, le Viographe « n'admet aucune comparaison » et il possède tous « les derniers perfectionnements ». Il est difficile de savoir quels sont ces perfectionnements, si toutefois le Viographe en possède puisque les comptes-rendus des journaux évoquent toujours à propos des cinémas forains « des appareils neufs », « les dernières découverts techniques » et autres arguments visant à promouvoir la modernité des appareils utilisés. Le Viographe permet « la netteté et la finesse des photographies animées […] et aucune trépidation ». La loge Péchadre propose des vues cinématographiques de près de vingt mètres carrés pendant environ soixante minutes. De 15 heures à 23 heures, le Viographe propose de nombreuses vues, issues principalement de la Maison Lumière : un régiment qui passe, les vagues de la mer en furie, le mouvement des rues,... et quelques actualités, telles « La mort du Président Félix Faure » ou le voyage de ce dernier en Russie. L'établissement, éclairé à l'électricité par un moteur Niel de 21 chevaux, attire une foule considérable. Outre le spectacle cinématographique, le Viographe « exhibe une famille de nains jouant délicieusement de la mandoline et de la guitare ». Cette dernière exhibition est-elle ce qui reste de la précédente activité de Péchadre ou s'agit-il plus simplement d'une attraction supplémentaire destinée à attirer la foule ? A la fin de la dernière représentation, la direction du Viographe offre un petit souvenir à chaque spectateur. Dès l'année suivante, en 1901, à son retour à la foire de Béthune et grâce à son succès, le Viographe s'est « considérablement embelli et agrandi » et présente pour la première fois des vues locales : la sortie de la Grand'Messe de l'église Saint-Vaast par exemple. Enrichissant son spectacle, M. Péchadre offre en 1902 sa nouvelle attraction : « le Royal Biophone, appareil donnant non seulement la vie aux tableaux mais aussi la parole ». Au fil des années, le Viographe devient un établissement de grande importance. A son retour dans le pays noir, après une longue absence où pour l'instant, il est impossible de savoir où est passé le Viographe, ce dernier est une institution. Il est « le plus parfait, le plus grandiose des cinématographes » avec cette fois un écran de quarante mètres carrés de surface et « possédant une collection de 3.000 vues ». Ces transformations ont probablement amené un changement du moteur Niel pour un moteur plus puissant. Il s'est détaché du calendrier des foires devenant un cinéma itinérant. Mais les temps ont changé. Alors qu'il est en représentation en avril 1911 à Hénin-Liétard, cette ville possède déjà trois cinémas sédentaires.
Il est difficile d'établir un itinéraire précis du Viographe depuis sa création jusqu'en 1914. Il est d'abord mentionné à la foire de Béthune en mars 1900 où il est l'une des principales attractions avec la loge de l'illusionniste Bidart, la ménagerie Adrien Pezon qui ne propose pas encore de cinématographe parmi les fauves, et le théâtre Saint-Antoine. En mai 1900, Péchadre est présent à la ducasse d'Hénin et en juin à celle de Lens. Pendant tout le mois de juillet, il est l'attraction principale des fêtes de Gayant où il projette deux vues Méliès : « Le diable au couvent » et « L'homme aux quatre têtes coupées et parlantes ». En mars 1901, il est de nouveau à la foire de Béthune, en concurrence avec le Miméographe et le Salon du cinématographe géant. Encore présent à cette même foire en 1902, il est de retour dans la sous-préfecture en mars 1903, où il est cette fois installé au Marché aux chevaux, face à l'hôtel du Paon d'or. En juillet 1903, Péchadre est à Merville avec des projections de vues locales comme « une procession qui eut lieu à Bailleul », « une sortie de la messe de Merville ». En 1904, le Viographe est recensé à la foire de Béthune et fin mai à la ducasse de la Trinité de Lens. Novembre 1906, on repère le Viographe sur la Grande-Place d'Aniche. Suit alors une éclipse ou le Viographe quitte le bassin minier pour d'autres départements. Blaise Aurora, dans son ouvrage sur le cinéma en Lorraine, mentionne le Viographe à la foire de Toul en 1908. Il se détache alors progressivement du monde forain pour devenir un vaste cinéma itinérant. Il fait sa dernière apparition en avril 1911 sur la place de la République d'Hénin-Liétard. Il est difficile de savoir ce qu'est devenu M. Péchadre et sa loge. Face au déclin du cinéma forain, il a certainement changé d'activité. En 1917, la voiture foraine d'une confiserie appartenant à un M. Péchadre est réquisitionnée à Maubeuge,mais est-ce le même, ou quelqu'un de la famille ?

Le cliché illustrant cet article est un cinéma itinérant. Pour l'instant, je n'ai aucune photo du Viographe. C'est bien dommage !! Fouillez vos greniers, contactez des Pechadre dans les pages jaunes, regardez avec une loupe si vous avez des cartes postales anciennes montrant des foires et ducasses...