© Olivier JOOS - 2009/2015

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Le contenu de ce blog, les informations et documents sont répertoriés par OLIVIER JOOS. Ses avis et commentaires n'engagent que lui ! Le but de ce blog est de promouvoir et de créer une véritable Cinémathéque régionale Nord-Pas-de-Calais et Picardie, libre, populaire et ouverte, facilement accessible en plaçant le spectateur et la salle de cinéma au centre des recherches. C'est en soutenant ce choix qu'un tel lieu peut voir le jour ! CINEMASDUNORD, LE SEUL SITE INTERNET QUI PARLE DE CINEMA (salles et films tournés dans la région) DANS LA GRANDE REGION DES HAUTS DE FRANCE

jeudi 30 avril 2009

Le blog sur France Inter

A Lens, dans le cinéma à l'abandon, au dessus de l'entrée de la salle, l'affichage indiquant qu'il s'agit de l'Apollo, salle 2. A côté de l'inscription 2, on y trouvait le nom du film projeté.



Retrouvez ce blog "cinemasdunord" dans l'émission Carnets de campagne de Philippe Bertrand sur France Inter, ce mercredi 6 mai entre 12 h 30 et 12 h 45

Un grand merci à P. Bertrand et son équipe d'avoir sélectionné ce blog !

mardi 28 avril 2009

Apollo de Sallaumines

La salle fut ouverte en 1927 ou 1928. Appartenant au réseau Bertrand alors en cours de constitution, multipliant les ouvertures, l'Apollo pouvait contenir 1.200 places. L'un des directeurs fut M. Cuvelier. Cette salle possédait une fosse d'orchestre et Mme Bach y jouait en tant que pianiste. La façade se distingue par une sculpture représentant le visage du dieu Apollon. Suite à des problèmes causés par les affaissements miniers, cette tête d'Apollon a été rasée afin d'éviter tout risque d'écroulement du bâtiment dont la façade commençait à pencher dangeureusement vers la rue.

L'un des projectionnistes de cette salle est M. Auguste Tétin. Son père y travaillait déjà comme contrôleur, indiquant les places aux spectateurs. Ces derniers avaient le choix entre le balcon, les loges, ainsi que des sièges en premières, en secondes et en troisièmes qui, pour celles-ci, étaient en bois. L'un des films diffusé est "Verdun, vision d'histoire".

Le cinéma ferme ses portes en 1973. Après la démolition, l'emplacement est aujourd'hui occupé par la résidence Nelson Mandela. Mais face à celle-ci, on trouve la résidence de l"Apollo, perpétuant ainsi le souvenir du cinéma.

lundi 27 avril 2009

Les débuts du cinéma à Dunkerque

Entre 1900 et 1902, les représentations cinématographiques à Dunkerque ont d’abord lieu dans une loge située derrière le palais de justice, puis, en 1902, place Jeanne d’Arc, et une autre aussi rue du Fort Louis. Le pionnier du cinéma dunkerquois est un forain, M. Pessey, propriétaire de l’établissement forain « Au Moulin Rouge ». Lors de la foire d’hiver, il a l'idée d'installer dans sa loge un cinématographe. On note aussi lors des nombreuses fêtes foraines de cette Belle Epoque la présence des inévitables cinématographes Camors et Marescaux qui semblent avoir propagé le cinématographe dans toutes les grandes villes de la région puisqu'on les retrouve très souvent dans les journaux locaux des grandes villes régionales. On les retrouve ainsi à Dunkerque, notamment lors de la foire d’hiver 1906 sur la place de la République et la place Jean Bart…
Le cinématographe s’épanouit aussi dans les cafés comme il est aussi de coutûme à l'époque, le cinéma se cherchant un lieu fixe pour s'épanouir, notamment rue de la Maurienne, mais aussi un café rue des Pierres ( l’actuelle rue du Maréchal French ), et un autre Place d’Armes, le « Grand Cinéma Brasserie », à droite de la mairie. L’établissement est tenu par Mr Laurette et il propose aux clients d’une chope l’occasion de voir quelques vues animées, accompagnées par un piano électrique.

La première tentative de sédentarisation du cinéma à Dunkerque se déroule face au palais de justice. Il s’agit de la salle Sainte Cécile et les séances sont données par le tourneur « Cinématographe Imperator ». Le spectacle s’étale sur deux grandes heures et l’auditoire, nombreux, écoutant l’orchestre de M. Pieters, se laisse charmer par les vues et les histoires. Peu de temps après, cette salle devient la succursale dunkerquoise de la maison Pathé qui cherche alors à implanter dans les grandes villes du territoire national un réseau de salles toutes dénommées « Omnia Cinéma Pathé » pour ce qui est de la partie nord du pays, ainsi que dans la capitale. Les projections sont donc issues de la firme au coq qui rayonne alors sur la production cinématographique mondiale, mais elles proposent aussi des vues de l’actualité dunkerquoise. Les spectateurs peuvent ainsi voir le passage de l’escadrille de Lyon à Dunkerque, le départ des pêcheurs d’Islande, etc… D’autres représentations régulières du cinématographe ont lieu grâce au journal local « Le Nord Maritime » qui donne une représentation gratuite lors de la saison estivale chaque mardi et vendredi, place Jean Bart.


En 1907, le « Cinéma Palace », futur « Royal Cinéma » quelques années plus tard, ouvre ses portes, place Jean Bart (on le voit ainsi ici, à gauche derrière la statue du célèbre corsaire). L’établissement, dirigé par M. Dondeyne, est long de 34 mètres sur 8 de large. Les premières mesures de sécurité sont appliquées dans cette salle avec la séparation par une cloison ignifuge de la cabine de projection et de la salle proprement dite. D’autres salles s’ouvrent également à Dunkerque : le « Cinéma de la Maurienne », « L’Eden », le « Cinéma Cailleau », rue de Calais, le « Cinéma Maritime » et le « Cinéma Variétés » qui fonctionnait au café Dubois, 43 rue des Pierres.


Source :
Jean Denise, « La Belle époque à Dunkerque », t. IV, « Les dunkerquois et la fête », collection Westhoek, Editions du Beffroi, Dunkerque, 1989, 190 p.

Merci à M. R. Mawet pour le cliché

samedi 25 avril 2009

Remerciements


Extrait d'une brochure publicitaire de 1965 pour le Familia de Somain


Plus de 100 visiteurs en 5 jours depuis l'installation d'un compteur sur le blog,

un grand merci à tous les visiteurs.


N'oubliez pas de laisser vos commmentaires, vos souvenirs de films, de séances pour telle ou telle salle. Toutes vos anecdotes, informations et souvenirs sont précieux pour la réalisation de ce blog consacré à l'histoire des salles de cinéma.

N'hésitez pas à contacter le rédacteur de ce blog pour laisser vos impressions,
pour proposer des documents et ainsi les mettre en ligne.

jeudi 23 avril 2009

Apollo de Lens


Dernière partie du reportage photographique de l'Apollo lensois publié par Nord-Eclair, actuellement au centre d'une vaste politique de réhabilitation urbaine, ainsi qu'au coeur d'une polémique sur sa façade : doit-elle être sauvegardé comme le demande les Bâtiments de France qui avance comme argument la protection d'un patrimoine de style Art Déco, ou faut-il la détruire comme le propose la municipalité qui voit cette façade comme une verrue lorsque les premiers visiteurs sortiront de la gare en face pour se rendre au Louvre ?
Ces deux dernières photographies d'un grand intérêt montre, avec la verrière du hall vue précédemment, ce qui reste de la grande salle de l'Apollo, du temps de sa splendeur, avant la transformation en multiplexe. La photo du haut se situe derrière le grand mur qui a sectionné l'ancien Apollo pour le transformer en 1979. Ce que l'on voit sur ce cliché, et qui est devenu depuis 1979 un entrepôt-parking est l'ancienne scène et l'ancien écran de l'Apollo, alors la plus grande salle de province. On voit sur le haut les lampes qui éclairaient l'écran que l'on devine à la place du trou béant. Cet emplacement vide montre ainsi la grandeur de cet Apollo version salle unique. La seconde photo, qui montre l'entrée du chantier par la rue de la paix, est également un témoignage des vestiges de la grande salle. On y voit en effet, en plein centre de l'image le balcon du premier étage qui se rapprochait au plus prêt de l'écran de la première photo.
Prochainement : d'autres photos de l'actuel état de l'Apollo, mais cette fois, réalisés par moi-même, montrant notamment l'appartement de Roland Bertrand. De plus, nous verrons également sur un prochain message à venir, d'anciens clichés montrant la façade de l'Apollo du temps de son âge d'or, lorsqu'il était fleuron du réseau Bertrand. Bien sur, si vous avez des clichés, des souvenirs, des témoignages à apporter, toute contribution est la bienvenue, que ce soit sur cette salle de l'Apollo lensois, ou sur une autre !!!

Apollo de Lens



Suite de l'excellent reportage photographique de Nord-Eclair...


Nous voyons ci-contre une très jolie photo du plafond du grand hall. On y devine sur le bas les poutres qui tenait le faux plafond dont on devine encore l'armature, et, en haut du cliché, une grande verrière. Celle-ci est un vestige de l'ancien Apollo, version salle unique, et caché des spectateurs de l'Apollo version 1979. Au fond de la salle, un vestige également avec une grande affiche d'un film indéterminé, avec J.P. Marielle, si je me souviens bien.


Photo d'une des petites salles du rez-de-chaussée. Tout est encore sur place, intacte, alors que les ouvriers s'affairent au désamiantage du bâtiment. L'impression d'une salle attendant les spectateurs pour une prochaine séance est réelle alors que personne ne s'est assis sur ses sièges depuis presque 10 ans.

mercredi 22 avril 2009

Apollo de Lens

Toujours merci Nord-Eclair...
A nouveau une vue de l'affiche de "Dinosaure" en haut de l'escalier, ainsi qu'une photo de la scène devant l'écran de l'Apollo1, avec le rideau.

Apollo de Lens



3ème partie du très beau reportage photographique de Nord-Eclair. Un grand merci à eux d'avoir eu cette si belle idée...
Photo de gauche : nous sommes sur le palier donnant accès à la salle Apollo1, la très grande salle de l'Apollo version 1979, avec encore visible, un des derniers films : une production Disney. Rappelons que le dernier film projeté le 31 décembre 2000 était "A l'aube du 6ème jour" àla séance de 15 heures. Seuls une petite dizaine de spectateurs (dont votre serviteur) s'étaient déplacés...
Photo de droite : Arrivé dans la grande salle, le spectateur avait le choix pour s'installer dans de beaux fauteuils couleur rouge bordeaux. Je me souviens de séance, notamment, pour l'avoir vu là, lors de la projection du "Grand Bleu" où la salle était pleine.

lundi 20 avril 2009

Apollo de Lens





Suite du reportage photographique de Nord-Eclair.

La première photo de gauche est une vue prise depuis la cabine où les billets étaient vendus. Cette cabine était en haut de deux escaliers longeant les murs ornaient de miroirs déformants. Les 3 autres photos montrent toujours le grand hall, véritable salle des pas-perdus permettant d'aller aux toilettes, d'accèder aux différentes salles, notamment la grande salle avec l'escalier.

Apollo de Lens


Voici la première partie d'une série photographique qu'a consacré Nord-Eclair aux premières journées de destruction de l'Apollo avant que le chantier ne soit stoppé (un article sur ce sujet est à venir, ainsi que la suite de ces photos)





Ces 4 premières photos montrent la façade de la salle ainsi que le hall d'entrée qui acceuillait les spectateurs après avoir payé le ticket d'entrée. Le cinéma ayant de l'amiante, on comprend les masques qu'ont les ouvriers.

samedi 18 avril 2009

Casino de Bruay-Labuissière


Photo datant de la fin des années 90.

Le Casino, au 84 rue de la République, est inauguré le 25 septembre 1931. La salle, dirigée par la société Boudringhiem – Scoky, a une capacité totale de 2.000 places et le premier film proposé aux spectateurs est « Un homme en habit ». En juillet 1940, lors du recensement fait par l’occupant nazi, on apprend que le directeur est absent, certainement en plein exode, ou retenu par la débâcle… En 1955, le cinéma peut accueillir en une séance 1.952 spectateurs. Le Casino appartient alors au grand réseau Gueldof. En 1984, il devient un complexe de trois salles ( 700, 200 et 150 places ), grâce aux efforts des propriétaires Mme Huart et Mr Lahaye, également gérants du Sully-Les Arcades à Béthune. Le Casino est le dernier grand cinéma « historique » ouvert à Bruay, et son taux de fréquentation est alors de 700 entrées par semaine avant sa fermeture.

Cinéma Gaillard de Billy-Montigny


Photo datant de la fin des années 90.
Situé au 7 rue Camille Desmoulins, dans le quartier du stade Paul Guerre, ce cinéma de quartier a appartenu à M. et Mme Gaillard, frère et soeur.
La salle est ensuite devenue une salle de spectacles pour banquets

samedi 11 avril 2009

Auxi-le-Château

Un extrait d'un ouvrage local sur Auxi-de-Château :

« Vers 1930, Mr Delucheux rénove l’hôtel du Lion d’or. Il ouvre une salle de café et une salle de jeu, modernes, agréables, confortables. Il innove même en créant des apéritifs-concerts, le dimanche après-midi […] Mais le cinéma demeure la plus grande attraction pour la population. Pendant la guerre 14 – 18, un évacué, M. Lapointe, reçoit son public d’abord dans une grange rue Bordeloise, puis place de l’Hôtel de ville, actuellement Crédit agricole de l’Artois. Le célèbre « cinéma Lapointe » présente des films muets, sur une musique fournie par un phonographe, jamais en rapport avec la scène présentée, et des commentaires assurés par Mme Lapointe « qui cause bien le français ». De temps à autre, une violoniste parisienne grand talent, Melle Delattre, venu pour quelques semaines s’oxygéner chez nous, prête son concours à ces soirées cinématographiques, chacun alors y trouve son compte : organisateur et spectateurs ! Entre les deux guerres, M. Soubirand ouvre, rue d’Arras ( menuiserie Desjardin ) une salle confortable où l’on projette des films à épisodes : « le mystère du diamant vert », « le train de 8h47 », « les deux gosses », « l’enfant roi »… Progrès considérable : les images sont-titrées et la musique d’accompagnement jouée au piano par M. Gayant suit de près l’action du film. Plus près de nous, M. Delucheux présente, dans une très belle salle classique, rue R. Salengro ( pharmacie Delgrange ) tous les grands succès du cinéma parlant. Paul Delucheux met un terme à cette exploitation en choisissant, non sans quelque ironie, le film « Exodus » pour sa dernière séance cinématographique. Si, pour notre ami Paul, ce titre constitue délibérément tout un programme d’avenir ( puisqu’il nous quittait pour un ciel plus ensoleillé ), la fermeture de son établissement provoque un profond désarroi dans la région et une perte certaine pour Auxi, ses fidèles clients ne sachant plus comment meubler leur soirée du samedi ou celle du dimanche. Mr R. Berthe comble ce vide en ouvrant une salle mixte dancing et cinéma au café de la Jeunesse. »

Extrait de « Histoire d’Auxi-le-Château » de Gérard Bacquet et Michel Oudin, 1972
p. 88 – 89

Voici d'autres informations sur les salles de cinéma d'Auxi.

Un grand merci à l'Office de la culture d'Auxi pour ces informations :

Le café de la Jeunesse : ancienne Auberge du Cheval Noir avec sa salle pour noces et banquets, un moment Cinéma Berthe ( films en couleurs ) vers les années 70, aujourd’hui dancing et siège du Javelot club.

La pharmacie centrale : ancien Hôtel du Lion d’Or, dont la salle de restauration décorée de trophées de chasse était un rendez-vous de chasse de qualité. La cour accueillait la salle de spectacles et le Cinéma Delucheux ( films parlants noir et blanc puis couleurs ) jusqu’en 1963.

Le trésor public, la perception, autrefois située à l’Auto-école ( un peu plus bas en face ). Cet immeuble a accueilli le Cinéma Lapointe ( films muets avec musique assurée par un phonographe ou jouée au violon en direct ) implanté d’abord dans un grange rue Bordeloise.

La maison de droite à l’angle des rues du général de Gaulle et des fosses a accueilli le Cinéma Soubirand ( films sous-titrés avec musique jouée au piano en direct ).


mardi 7 avril 2009

Eden de Noeux les Mines


Situé au 299 rue Nationale, sur la grande route à forte circulation, entre Arras et Béthune, l'Eden mesure 20 mètres de profondeur et à une largeur de 14 mètres d'après le recensement des salles opéré en juillet 1940 par les autorités d'occupation. Ce même document nous apprend que la salle peut alors acceuillir 800 spectateurs avec un balcon et que le propriétaire est Félix Suzanne, résidant au 174 rue Nationale et qu'il est également propriétaire d'un autre cinémade Noeux, le Cinéma Palais des Fêtes. Mobilisé, son épouse est la seule présente lors de ce recensement.

Avec toujours 800 places en 1960, la salle, devenue Eden-Palace ferme ses portes trente ans plus tard en 1981. Devenue alors un magasin de brocante -antiquités nommé Eden-Broc, le gérant a su conserver le charme de la salle en gardant intacte la façade, l'écran, le balcon, l'inscription en céramique au-dessus de la porte d'entrée,.. En 2009, l'Eden-Broc est fermé et la salle attend son devenir. En 1994, le dessinateur de bandes dessinées Frédéric Logez fait de cette salle le cadre de son aventure dans un album intitulé "Trois-Huit". La salle, visible en couverture, y appaait comme un pôle de vie, le lieu de détente des mineurs après la dure étreinte de leur journée de travail.

dimanche 5 avril 2009

Quelques notes sur les cinémas d'Arras

Le cinématographe arrive à Arras le 08 juillet 1896. La séance a lieu au Café Massy, situé rue des Postes. Il semblerait que le projectionniste soit venu de Boulogne-sur-Mer. L’entrée du spectacle est de 50 centimes avec une réduction pour les militaires, Arras étant à l’époque une importante ville de garnison, la ville de l’Ami Bidasse.

Le Journal de Lens du 13 janvier 1901 écrit à propos du théâtre électrique américain de passage à Lens : « Une séance aurait déjà eu lieu à Lens si les habitants d’Arras ne faisaient un si grand succès actuellement à l’exhibition de ces choses merveilleuses. »

En 1904, des projections cinématographiques ont lieu lors de l’exposition d’Arras entre la reproduction d’un village sénégalais et un toboggan

En 1929 existait à Arras le Kursaal-Cinéma. Dans les années 50, ce cinéma est la typique salle de quartier, la salle des deuxième visions, des nanars, la salle des militaires en mal de divertissement pas cher, la salle des plaisirs simples. Dans l’après-guerre, elle possède encore des sièges en bois qui craquaient.

Dans les années 20, la ville d’Arras se dote d’un Casino au 3 – 5 rue E. Legrelle. Cependant celui-ci ne fonctionnera jamais comme un casino, mais plutôt comme un temple du Septième Art. Avec près de 650 places, c’est alors la salle la plus vaste d’Arras. Au maximum de sa capacité, la salle affichera 1308 places en 1955. C’est une salle un peu plus populaire que le cinéma Le Paris, le cinéma des familles. Pendant la guerre, des films allemands de propagande sont projetés, lumières allumées afin qu’il n’y ait pas de manifestation hostile et qu’on puisse repérer ainsi plus facilement les meneurs éventuels.

Au 131 avenue F. Lobbedez, près des quartiers de la gare, se trouve la salle du Rex. En juillet 1940, le propriétaire de cette salle est M. Duplouy. Le toit est alors en partie détruit suite à la déflagration de mai 1940. Près de la salle se situe une entrée d’un bunker de la défense passive permettant ainsi de se protéger en cas de bombardements.
En 1955, le cinéma peut accueillir 986 spectateurs. Il semblerait que la programmation de cette salle soit davantage orientée vers des productions russes, ou d’Europe de l’Est afin d’attirer la clientèle de ces quartiers qui votaient massivement à gauche. La salle est l’une des premières à souffrir de la désaffection du public au début des années 70.
Aujourd’hui, la salle existe toujours et elle est devenue un magasin de vente de cheminée d’une célèbre enseigne.

Enfin, une des grandes et belles salles d’Arras, est sans contexte le Palace, au 02 boulevard de Strasbourg qui pouvait accueillir potentiellement 800 spectateurs. C’est le cinéma des grandes sorties, comme celle de « Quo Vadis », celui fréquenté par la population aisée, la salle des premières sorties et des « grands films ». Le Palace proposait également des séances du ciné-club, dirigées par des enseignants et notamment un professeur de philosophie. Comme de nombreuses salles de la région, le Palace avant la première partie, l’entracte et le grand film montrait aux spectateurs à la place de l’écran le grand rideau avec le nom des commerçants locaux… Le Palace est ensuite « transféré » sur la grand Place, et c’est sous les colonnes des maisons typiquement arrageoises que le spectateur se glisse afin de se rendre dans une des cinq salles, puis quatre du multiplexe, géré notamment par la société « Arcades » qui gèrent de nombreuses salles de la région et par Bac Films, la grande société de Jean Labadie, également producteur … Mais les années passent et la concurrence des complexes avoisinants comme ceux de Liévin et de Hénin-Beaumont se font sentir. Le dernier cinéma d’Arras vieillit d’un coup et de nouveaux projets sortent des cartons…. La mode des complexes touche Arras. La création d’un tel site d’une dizaine de salles, et d’un total de 1.700 fauteuils, est confiée à la société Majestic de Bac Films à l’entrée nord de la ville, sur le site des anciens abattoirs, près d’un garage Ford, à l'image de ce qui a été fait à Douai. Ce projet entre dans le cadre d’un réaménagement complet des quartiers nord d’Arras. Le cinéma participe ainsi à la réhabilitation d’une zone délaissée et à la création d’un vaste centre urbain dédié aux loisirs. Cependant, les années passent et le projet est enterré.

Une autre salle d’Arras est le centre culturel du Noroit, crée en 1938 par Léonce Petitot. En 1975, un studio de cinéma classé « Art et Essai » est créé et il propose toujours deux films par jour.