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lundi 13 avril 2015

Dernier volet des souvenirs d'un spectateur étaplois

Troisième et dernière partie des souvenirs de Jean-François Hagneré , notre étaplois d'origine parti s'installer en Lorraine. Un grand merci à lui de nous avoir confier ses anecdotes... 

Cinéma 3
Le cinéma des Carrières

Pour terminer ma tournée des grands-ducs dans les cinémas étaplois (62630) des années 1950-60, je pousse la porte du « cinéma des Carrières », pour la seule fois où j’y ai mis les pieds, à l’initiative de mon cousin Jean-Marie. J’ai failli oublié cette expérience unique dans tous les sens du terme. Elle a probablement eut lieu un dimanche après-midi, alors que nous rendions visite en famille aux Ramet : oncle Jean, tante Marguerite et leurs enfants : Anne-Marie, Daniel, Jean-Marie et Michel. La séance devait certainement se dérouler vers cinq heures avec, au programme, un western.
Le cinéma des carrières se situait dans la rue éponyme, genre de cul-de-sac. Cette impasse donnait, côté ouvert, sur la rue de Camiers, la plus longue de la ville, parallèle au quai du port et au boulevard de l’Impératrice. Lorsqu’on emprunte ce dernier, on peut, d’un côté, se diriger vers Boulogne-sur-mer, et, de l’autre côté, vers Montreuil-sur-mer. En fait, on se trouve là en plein quartier de la marine. D’où vient le nom de cette rue ? Elle se situe juste à côté du terrain de football de l’A.S.E. – Association Sportive Etaploise. Au bout du stade Guilluy – Nom donné en hommage à l’un des médecins de la ville -, derrière une des cages de but, s’élève une… carrière. En haut de celle-ci, un mur de protection, derrière lequel se trouve l’avenue Pasteur. Donc de certaines maisons à étages de cette rue, on peut voir, gratuitement, le dimanche après-midi, les matches disputés en contrebas. Cette rue était aussi appelée familièrement « La loi Loucheur » - 1928-, car nombre de maisons de cette rue ont été reconstruites après la guerre grâce à cette initiative qui favorisait la construction d’un habitat populaire…
Jean-Marie et moi sommes arrivés, cet après-midi là, en retard. C’est donc dans une presque obscurité que nous avons gagné un balcon. L’ambiance était déjà « débridée », pas du tout « Cinéma art et essai », si l’on voit ce que je veux dire. J’avais l’impression d’être assis sur un banc… Le grand confort. « Un p’tit jeune homme » - le héros d’un film de « cow-boy » était appelé le « p’tit jeune homme ». A la sortie des séances « western », rendue à la rue, une armée de « p’tits jeunes hommes » du quartier qui, une main cravachant la fesse droite, l’autre main, tenant des rênes imaginaires, partaient au grand galop, hennissant d’impatience comme une monture fiévreuse… Notre héros, donc, décimait à coups de fusil, une horde de sauvages peaux-rouges harcelant une caravane… Cris d’encouragement et de joie lorsque Hopalong Cassidy faisait mouche… Il me faudra attendre mon service militaire, lors de la visite d’un navire américain de retour du Vietnam, pour retrouver, devant la projection d’un film de ce genre, la même ambiance infantile chez ceux qui avaient remplacé à ce moment-là les Indiens par des « Viets »…
Séance de défoulement, donc… Plus tard, la télé proposera : Rusty et Rintintin, Au nom de la loi ( Jos Randal), La flèche brisée, etc. La télé sonnera le glas des cinémas de quartier qui avaient au moins l’avantage de nous sortir de chez nous…

La dernière séance – Titre d’une chanson symbolique d’Eddy Mitchell, grand cinéphile devant l’éternel et occasionnellement excellent acteur.
Au fil des années, les cinémas de quartier, espaces de convivialité ont disparu. Le cinéma est concentré aujourd’hui dans des « multiplexes », des « Mégakinés » qui proposent aux amateurs, obligés parfois de parcourir en voiture nombre de kilomètres pour assister à une séance, une dizaine de films pour des villes moyennes et plus encore dans des grandes cités. C’est la démesure totale. Les « américonneries » continuent de dominer le marché, en particulier les dénommés « Blockbusters » - Dans les années 1950et 1960, on aurait appelé cela : « péplums », en fait « grosses productions », du type « Ben Hur ». Le cinéma français se défend comme il peut… La publicité a pris une importance démesurée, les médias jouant parfois eux-mêmes les investisseurs dans la production, ce qui nous garantit, c’est certain, une impartialité sans faille dans la présentation des « chefs d’œuvre », forcément chefs d’œuvre comme aurait dit la Duras des pâquerettes…. Dans ces cinés géants, les grandes salles sont destinées aux œuvres susceptibles de faire un carton… Attention aux « Nanars » ! Pour les autres pellicules, plus confidentielles, les amateurs ont droit à des salles exiguës, équipées d’une sono d’enfer – boules Quies conseillées - et où les yeux, pour visualiser l’image, doivent faire le tour de l’écran jusqu’au dixième rang, faute de profondeur de champ… Dans le hall, les « esquimaux » d’antan sont supplantés par le Coca-cola et les cornets géants de pop-corn… Les films en 3D ont fini par percer, surtout côté dessins animés pour les enfants – engorgement des sorties sur le marché au moment des vacances scolaires. Lunettes noires obligatoires sur le pif… Quelques pépites, mais aussi beaucoup de n’importe quoi… mais en 3D. La nostalgie est encore ce qu’elle étai côté ciné…
Hagnéré Jean-françois ( 05/04/2015)

Extrait de Kaléidoscope ou Une egothérapie

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