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mercredi 19 février 2014

Le cinéma Gaumont de Lille

Vaste paquebot cinématographique de la rue de Béthune, le Gaumont est le complexe emblématique de cette rue à la fin du XXème siècle. Il a enchanté des millions de lillois qui se sont confortablement installés dans ses fauteuils moelleux...
Auparavant, c'est un autre cinéma qui occupait ses lieux, preuve de la permanence de l'établissement cinématographique rue de Béthune depuis des décennies... Il s'agit du cinéma Familia qui ferme définitivement ses portes le 17 avril 1977 pour une inauguration du nouveau Gaumont 8 mois plus tard le 21 décembre 1977 ! C'est l'architecte Guy Bitsch qui propose les plans de ce complexe Gaumont, nouvelle génération, puisqu'il faut utiliser l'espace au maximum, jouer avec les structures, ne proposer aucun espace vide en respectant tout de même l'idée maîtresse de l'architecture de cinéma de base : un profond espace qui entraîne le spectateur potentiel vers les rêves du 7ème Art. C'est ainsi qu'est créée le formidable "entonnoir", poussant l'amateur de cinéma vers la caisse lui permettant d'acquérir le précieux sésame et de se laisser bercer par l'écran géant. Donnant sur la rue, le hall d'entrée du Gaumont est un attrape-spectateur. Les murs sont tapissés des photos d'exploitation des films à l'affiche et plus le spectateur potentiel avance, plus l'obscurité se fait jusqu'à la caisse... Tapissé de néons, aux couleurs rouges chatoyantes et apaisantes, ce hall est gravé dans la mémoire des cinéphiles lillois avec ces fameuses rampes qui permettaient une fluidité du passage. L'architecte propose donc 8 salles, une nouveauté à l'époque de la mutation de la salle unique de centre-ville en une multitude de salles. Pour alléger le travail des projectionnistes, seuls trois cabines, par un agencement judicieux, sont installées avec les 8 appareils, tous tournés vers leurs salles respectives. Deux grandes salles immenses de 500 places permettent aux spectateurs de profiter d'écrans de 11 mètres ! Six autres salles plus petites sont bien dans le style de l'époque qui permet ainsi de multiplier les films à l'affiche et de faire face au lent déclin de la fréquentation. 
A une date indéterminée, le Gaumont "avale"son voisin le Régent. La salle s'impose rapidement comme le cinéma n°1 du centre-ville, voir même de toutes l'agglomération lilloise. Ce sont les restructurations des années 90 et l'arrivée des multiplexes et notamment le Kinépolis de Lomme qui va porter un coup fatal au Gaumont. Première étape, les changements importants qui vont se faire quelques centaines de mètres plus loin, lorsque le cinéma UGC va "fusionner" avec le cinéma Pathé situé à côté, créant un mastodonte de salles, devenant le premier cinéma de province et éclipsant le Gaumont. Ce dernier, ébranlé, va se voir porter le coup fatal avec la réussite du Kinépolis de Lomme et ses 21 salles ! 
C’est le 31 décembre 1997 que la gigantesque bâtisse de la firme à la marguerite, rue de Béthune, ferme ses portes. Gaumont quitte donc Lille, ne souhaitant pas être le numéro 2 dans la capitale des Flandres, derrière l’UGC. L’immense salle est détruite, rasée, laissant un gigantesque terrain vague au plein cœur de Lille. Cependant, cet endroit situé sur la 4ème artère la plus passante de France (hors Paris ) ne va pas rester longtemps à l’abandon…
A sa fermeture, les spéculations immobilières vont bon train. L'emplacement est stratégique sur la rue piétonne la plus commerçante de France. L'étendue du terrain fait pâlir d'envies les plus grandes enseignes.. mais le prix de la construction fait aussi frémir. Il faut cependant trouver une solution face à ce qui s'apparente comme une véritable verrue face aux grands magasins de ce secteur. 

Vous avez des souvenirs du Gaumont ? Des anecdotes à raconter ? Des documents ? Photos ? Tickets ? Contactez moi, je suis preneur !! 

La façade du complexe 8 salles Gaumont lors de son ouverture. On remarquera sur le côté droit de la
photo le R en rouge du voisin cinématographique du Gaumont, le Régent qui sera ensuite phagocyté
par le complexe à la marguerite. Celui-ci propose à l'affiche des "machines à entrées" puisqu'on
reconnait les affiches de la guerre des Etoiles et de la 7ème compagnie...

1ère page du document publicitaire lors de l'ouverture du Gaumont


Seconde page montrant les petites salles de ce complexe de centre-ville


Photo extraite de la Voix du Nord afin d'illustrer l'annonce de la fermeture définitive du complexe
Ticket de la salle 5 du Gaumont.

Photo présentant la destruction du complexe Gaumont. Toujours sur le même trottoir, on voit la façade du Régent, ancien cinéma, placé à coté du Gaumont.







4 commentaires:

  1. Superbe photo du Gaumont avec sa monumentale façade et sa typographie digne des années 1970. Bravo pour ces recherches, Olivier.

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  2. L'histoire de l'ancien et du très regretté Gaumont de Lille est tout à fait juste. A sa fermeture définitive, ses 8 salles (dont les salles 1 et 2), étaient "Gaumontrama", comptaient respectivement 404 et 385 fauteuils. Les 6 autres (salle 3 : 284, salle 4 : 274, salle 5 : 88, salle 6 : 83, salle 7 : 80 & salle 8 : 62 fauteuils.)
    Les écrans des salles 1 et 2 faisaient 15 mètres de base, ceux des salles 3 et 4 : 8 mètres et, ceux des salles 5 à 8 : 5m de long chacun.
    Accolé à lui, un autre cinéma qui semble avoir ouvert, en 1926, sous le nom d'Eden. Sa conception comportait des cachettes et ce cinéma était réputé comme un lieu de drague homosexuel, voire un baisodrome. Il était même deconseillé aux femmes seules de rentrer dans cette salle.
    Par la suite (question ?) la salle originale a-t-elle été gardée et la deuxième salle rajoutée ? Combien il y avait-il de fauteuils dans ces salles; et, comment on été faits les travaux de transformation ? Appelons un chat, un chat, ce Régent 1 & 2 était voué au cinéma pornographique de 197x ? 198x ? - fermeture définitive -.
    Contrairement à ce que vous écrivez, Gaumont son voisin, n'a jamais acheté ces 2 Régent ! Il a toujours eu ces 8 salles du 21 décembre 1977 au 31 décembre 1997, date de sa fermeture définitive.
    Honte à vous Mme Aubry, la mairesse lilloise, à Madame Danielle Pauliane, représentante de la mairie, mais aussi à la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et à Mr le Préfet pour l'amour que vous avez du cinéma.
    Ah si j'étais riche, voila ce que j'aurai fait, personnellement j'aurai gardé la marguerite tout en gardant la magnifique façade rebaptisée FAMILIA. Quant à la programmation, films en fin de parcours au niveau du nombre d'entrées (en V.F. ou V.O.) au prix unique de 5 € (3 € pour la toute dernière séance, avant déprogrammation du film du FAMILIA). Chaque séance, un film différent de 10h à minuit.
    Quant au Régent, pourquoi ne pas avoir fait la cinémathèque, avec la salle 1 (salle parlante avec festival, hommages au réalisateurs et acteurs avec films venant des pays d'Europe et d'Amérique du Nord et du Sud en V.O.S.T.F bien évidemment et les grands classiques du cinéma français (tous genres confondus)).
    La salle 2 (elle, projetant des films muets de Gaumont, Pathé et autres firmes, avec accompagnement au piano.)
    Venant de moi et, et si j'avais été riche, une bibliothèque, vidéothèque et, un espace restauration vendant des produits alimentaires et boissons bio (jamais de popcorn beurk) auraient vus le jour.
    Concernant le Pas-de-Calais j'aurais choisi Béthune ou Arras pour l'implantation de la deuxième cinémathèque identique à celle Lilloise. Attendant vos commentaires, tous seront les bienvenus.

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    1. Tout est dit dans cet admirable article frappé au coin du bon sens: Préservation du patrimoine, développement culturel et promotion du bio. Malheureusement ce sont des gens médiocres qui prennent les décisions et l'on peut voir beaucoup de centres villes désertés par cette culture pourtant ô combien populaire, au profit d'usines à fric, aux architectures sans âme, reléguées en périphérie.

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  3. Bonjour !

    Un très bel article que voilà, fort bien documenté sur ce magnifique complexe qui fut longtemps dirigé par Mr Raymond Tréhout.

    J'ai eu personnellement le grand plaisir d'y découvrir des films aussi mémorables que L'Empire contre-attaque, La Guerre des Etoiles, Blade Runner et de nombreux James Bond période Roger Moore.

    C'est également dans le petit bureau qui servait à la Direction du Gaumont que j'ai eu la grande chance de pouvoir interviewer Christophe Lambert pour son film consacré au Père Popieluszko, Le Complot, en 1988.

    Une nouvelle fois, un grand merci pour votre article qui permet de se souvenir qu'il fut un temps où la rue de Béthune à Lille présentait la plus grande concentration européenne de salles de cinéma au m2.

    Bien cordialement,

    Christophe Dordain (Rédacteur en chef du Quotidien du Cinéma).

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