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samedi 27 juillet 2013

Portrait de Paul Cieplicki, ancien opérateur du cinéma Gambetta

Un grand merci à Sylvain Babicz de m'avoir fait découvrir cet article du 13 mai 2013 paru dans l"Avenir de l'Artois sur Paul Cieplicki, ancien opérateur-projectionniste au cinéma Gambetta de Marles-les-Mines. Sylvain nous propose également en document, un ancien ticket de cette salle de cinéma, déniché chez sa grand-mère ! 

Voici maintenant cet article signé par Gwenaëlle Défossez. Au tout début de celui-ci, nous pouvons lire que le Gambetta sera prochainement abattu... Si un lecteur de ce blog, un habitant de Marles-les-Mines pourrait nous en dire un peu plus... De mon côté, je mène l'enquête et vous tiens au courant...

Bien qu'il s'apprête à être abattu, l'ancien cinéma Gambetta n'est pas près de voir son âme voler en poussière. Opérateur-projectionniste pendant treize années, Paul Cieplicki n'oubliera jamais l'établissement qu'il a fait vivre. À cette époque, la ville de Marles-les-Mines comptait trois cinémas. Et c'est dès l'âge de 15 ans que le jeune Paul Cieplicki s'y est intéressé de près. « J'aimais ce truc-là ! Quand j'allais au cinéma, je voyais des copains qui étaient aides-opérateurs, je regardais la cabine... J'avais envie d'essayer », se souvient l'octogénaire. Alors quand l'aide-opérateur du Gambetta s'est marié et qu'on est venu chercher Paul au cinéma Aux Variétés, en 1944, il a tout de suite accepté le poste. Un an a passé et l'opérateur-projectionniste en fonction est parti en Pologne : l'occasion pour le Marlésien de prendre la place, et du galon ! À ce moment-là, le jeune homme allait encore au collège et l'argent qu'il gagnait lui permettait d'acheter des fournitures scolaires, qui n'étaient alors pas distribuées gratuitement. Puis Paul a terminé l'école et commencé à travailler aux Houillères nationales, comme technicien. Mais ce n'est pas pour autant qu'il a laissé le cinéma de côté. « Je finissais mon travail aux Houillères et j'allais au cinéma. J'arrivais au moins une heure avant les séances. » L'homme s'appliquait alors à contrôler chaque bobine. « Je vérifiais tous les collages.

Quand ça cassait, les gens devaient attendre qu'on répare. Mais moi je pouvais projeter en étant dehors : le film ne cassait plus ! Je voulais faire quelque chose de bien. » En ce temps-là, les séances étaient programmées le samedi à 20h, le dimanche à 16h30 - pour la jeunesse - et 20h, et le lundi à 19h. Les jours fériés, deux séances avaient lieu également. Chacune se composait des actualités et d'un documentaire, suivis d'un entracte - les spectateurs se régalaient alors de "skis" ou de cacahuètes -, avant que ne démarre le film. Jusqu'à ce que la Deuxième Guerre mondiale éclate. Là, plus d'entracte : les habitants devaient respecter le couvre-feu et être rentrés à 22h. Alors l'entracte était supprimé : « Il fallait aller vite ! » Pour autant, le cinéma ne désemplissait pas. Bien au contraire. « La salle était bondée car il n'y avait aucune autre occupation ou distraction - plus de bal non plus. Et les horaires étaient adaptés pour que les gens soient rentrés à l'heure. » Les 500 sièges - 350 en bas et 150 au balcon - trouvaient preneurs. Et toute une équipe était là pour accueillir les spectateurs : deux portiers qui prenaient les tickets - un en bas et un au balcon -, et trois placeurs en tout. Sans oublier l'aide-opérateur et l'opérateur. « Ça faisait du monde pour un cinéma ! Mais c'était rentable car il y avait du monde. » Il faut dire aussi que les tarifs étaient très abordables : ainsi, toute une famille de mineurs pouvait s'offrir une séance. Ce n'était pas un luxe. Mais une bouffée d'air pour ceux qui connaissaient la guerre. « Les gens sortaient ! Aujourd'hui, on ne voit plus personne dehors. C'était l'époque du cinéma  », lance Paul. Et à en croire ses souvenirs, ce devait être quelque chose : « On voyait par la fenêtre les gens qui filaient dans les rues quand la séance allait commencer ! » Et tout avait été bien pensé pour que chacun apprécie le film : « Le cinéma a été bâti aux alentours de 1920-1922 et jusqu'en 1933-1934, on passait des films muets. Il y avait un petit écran avec les sous-titres traduits pour les Polonais qui étaient nombreux. » Un piano était également installé dans les établissements.




La dernière séance

Pendant la valse des propriétaires des cinémas, Paul a finalement rejoint le cinéma Aux Variétés : plus proche de chez lui, il a sauté sur l'occasion. Il y passera dix autres années. Un peu plus tard, en 1974 ou 1975, le Gambetta finit par baisser le rideau. « C'est la télé qui a foutu le cinéma en l'air.

À la fin, on faisait des séances parfois pour quinze personnes. Ça n'était plus rentable. » Un ou deux ans après, la ville rachetait la salle. « Elle servait aux sociétés, pour des spectacles de danse, de théâtre... » Mais entre deux, sollicité par la municipalité, Paul se faisait un plaisir de retourner jouer l'opérateur pour des séances exceptionnelles, pour les écoliers par exemple. Certains s'en souviennent encore. Puis un jour, l'écran fut déchiré accidentellement et les projections définitivement arrêtées.
Plus de quinze ans après être entré une dernière fois dans le cinéma Gambetta, l'homme en garde un très beau souvenir. « J'y pense encore souvent. J'ai fait ça avec amour. J'ai sacrifié mes dimanches, mes jours fériés et les réunions de famille, mais c'était mon dada ! » 

1 commentaire:

  1. Mon grand pere ossi etait operateur ds ce cinema,louis ignaszewski....

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