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jeudi 27 septembre 2012

Le Cinéac de Lille

Le destin des rues commerçantes évolue avec la société... Le vaste édifice trônant au centre de l'artère hyper-commerçante du centre-ville de Lille, la rue Faidherbe qui conduit de la gare à la Grand'Place voit son destin évolué. Pour les plus anciens, ce bâtiment est le Cinéac. Pour la génération suivante, c'est le magasin Tati qui a draîné des foules considérables pendant au moins 3 décennies ! Aujourd'hui, pour la génération à venir, ce sera... la Grande pharmacie de France qui déménage de quelques mètres pour laisser la place à un Apple Store ! Ainsi va le destin de nos centre-villes dans une volonté d'uniformisation des façades, des magasins, faisant de nos quartiers des centre-villes des éléments reproductibles d'une ville à l'autre. La société change aussi : passant d'un cinéma offrant pendant des années les actualités sur grand écran et de façon permanente, tel était le but de ce Cinéac. Arrivée de la télévision, avènement du petit écran et le géant a fait place au symbole du commerce parisien de détail à prix cassé : Tati. Lorsque ce dernier a ouvert une succursale dans la capitale du Nord, il fallait un bâtiment à sa mesure, dans une rue avec beaucoup de passage. L'ex Cinéac était tout trouvé ! L'enseigne a alors gardé un des symboles de ce cinéma, l'immense auvent en béton qui protégeait les étalages des intempéries. Pendant des années, la ménagère en quête d'objets à petit coût, ou le nordiste de passage à Lille, se pressait dans la grande enseigne... Souvenez-vous pour ceux qui l'ont fréquenté de la manière toute bizarre de payer, d'aller voir une marchande qu'on ne trouvait jamais, avant l'arrivée, enfin, de la caisse définitive... Plus besoin alors de chercher la vendeuse dans le dédale des caisses métalliques dispersées dans tout le magasin et qui faisaient office de rayon. Souvenir aussi du vestige du cinéma : le grand escalier qui menait à l'étage... Dans un soucis de conformité avec sa politique commerciale actuelle, Tati cherche à réduire la voilure de sa présence dans les centre-villes, cherchant, comme ses confrères, à rejoindre les vastes périphéries où ils peuvent s'étaler. Tati poursuit ainsi la logique de Carrefour par exemple, qui développe sa stratégie de petits points de vente en détail en ville et de vastes hypermarchés le long des principaux axes autoroutiers... Tati fait la même chose. Les commerce évoluent et aujourd'hui, c'est donc une pharmacie qui va s'installer en lieu et place de ce Tati. Sans raison apparente, le premier objectif de la Grande Pharmacie de France a bien sur était de ... détruire cet auvent en béton symbole du Cinéac et symbole de Tati ! Adieu l'auvent si caractéristique, marqueur de la rue Faidherbe. Qu'en sera-t-il du vaste escalier dans cet édifice ? Il semblerait que ce soit la municipalité qui a fait pression sur la Grande Pharmacie de France ou sur le propriétaire pour obtenir une uniformisation des façades de la rue Faidherbe, pour que celles-ci forment une "ligne plate" à l'oeil. Rappelons que c'est cette rue qui accueille les visiteurs provenant des deux gares et que se déroulent de grandes festivités inaugurales comme Lille3000.
Le Cinéac appartenait au grand journal régional d'avant guerre : le Grand Echo du Nord. Dans les années 30, avec le développement des actualités filmés, on crée à Paris et dans de nombreuses villes de provinces, un réseau de salles se spécialisant dans les actualités, avec l'appui des quotidiens régionaux. De mémoire, le promoteur de ces salles se nomme Mr Haïk. Le cinéac a une capacité dans les années 50 de 750 places et avait aussi la particularité d'être permanent. On y va, on paie et il y a toujours des actualités de façon permanente, en boucle... de quoi attendre par exemple le prochain train, la gare étant toute proche... Avec la concurrence, le Cinéac est ensuite devenu un cinéma "classique" avec film. On remarquera sur les images ci-dessous que son célèbre auvent en béton a été installé dans les années 60 (quand précisément, je n'en sais rien !!) 
A quelques mètres de là, l'autre concurrent du Cinéac et le Lillac (ou Liie-Actualités) situé rue des Ponts de Comines, en lieu et place de l'actuel cinéma Le Métropole.
Vous avez des souvenirs de ce cinéma ? Vous souhaitez réagir ? vous avez des documents à proposer : tickets, programmes, etc... contactez moi, MERCI !!

Détail d'une carte postale des années 50
Détail d'une carte postale des années 60
Mutations des centre-villes correspondant à celles de la société :
du spectacle sur grand écran du Cinéac à la magie des mini écrans Apple à venir et qui a poussé la Grande Pharmacie de France a déménagé... Jeu de chaises musicales...

4 commentaires:

  1. Cet Auvent en béton du CINEAC permettait d'abriter une sorte de patio, antichambre du cinéma lui-même et qui avait l'avantage d'être tapissé de magnifiques photos du film projeté, ainsi que des films à venir... En fait un marketing tout simple et qui faisait rêver !
    La salle du CINEAC n'était pas profonde... Nous étions très proches de l'écran. Par contre il disposait d'un balcon...
    A un moment où les premiers films projetés en 70mm étaient l'apanage du RITZ, quelques dizaines de mètres plus loin, le CINEAC a eu l'exclusivité de présenter pendant des semaines "WEST SIDE STORY" dans sa copie 70mm et son stéréo !... C'était assez curieux, car l'écran n'était pas plus grand pour autant, mais la largeur de la pellicule permettait ainsi d'avoir une image d'une grande finesse, que je n'ai jamais retrouvée depuis !...

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  2. Merveilleux souvenir que ce cinéma m'a laissé, je me trouvais souvent au balcon et je ne compte pas les films vus ! Lors de grande productions au programme, le hall d'entrée était décoré, je me souviens de "la chute de l'empire romain" grandiose, on était dans l'ambiance en entrant ! On avait le choix, le Lilac à deux pas avec western style "la dernière caravane", le Ritz en 70 mm et son stéréo "Spartacus". Bref de bons moments.

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  3. je crois posséder un Projecteur National 35 mm qui à œuvrer dans ces locaux !!!!
    une vraie mécanique .

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  4. Bonjour,
    Je cherchais des images de Lille pendant l'occupation et suis tombé sur celle ci:
    http://www.lacoupole-france.com/le-centre-dhistoire/historique/le-nord-de-la-france-occupe/le-rejet-de-la-collaboration.html
    On peut apercevoir le logo "cinéac" sur le pilastre à droite du..."bureau de recrutement de la waffen SS" Les modénatures sur le pilastre semblent correspondre à celles que l'on retrouve aujourd'hui, maintenant que la structure béton a été déposé. Etonnant non?

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