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lundi 24 janvier 2011

Le cinéma - café Huberty-Favier de Lens



A la Belle Epoque, ce sont les forains et les cinémas ambulants qui possèdent le quasi-monopole de l'exploitation. Cependant les premières formes de sédentarisation du spectacle cinématographique vont se mettre en place. Par exemple, de grands magasins proposent des projections cinématographiques afin d'attirer de la clientèle et faire patienter les enfants lors des courses des parents; Les journaux de l'époque mentionnent par exemple Les Galeries Lilloises dont les publicités indiquent que tous les jours, il y a "cinéma gratis". Cette technique commerciale lilloise a également été pratiquée par les magasins Dufayel à Paris. Outre les grands magasins, c'est dans un autre lieu que le cinématographe va tenter de se sédentariser. Il s'agit des débits de boissons : cafés-concerts, estaminets qui pullulent alors dans notre région. Ces établissements sont très nombreux, un nombre considérable qu'on à peine à imaginer de nos jours (Le Journal de Lens de juillet 1898 mentionne qu'à Lens, il y a alors 409 cabarets et cafés soit un débit de boissons sur huit ménages !!); le cinéma n'est pas le premier spectacle à s'introduire dans les cafés. Entre un verre de genièvre ou un block de bière, on pouvait déjà assister parfois à des spectacles de magie, à des démonstrations de phénomènes. Mais c'est le cinéma, par son pouvoir de fascination et sa facilité d'utilisation, qui va attirer les cafetiers.... Certains cafés font ainsi du cinéma une spécialité qui va peu à peu eclipser leur activité première. Il est ainsi à Lens un établissement où le cinéma, proposé gratuitement, est l'attraction principale. Situé au 76 de la rue de la gare, à la quasi intersection entre cette rue et la place de la gare, ce café est tenu par Mr Huberty-Favier. Le cinéma est une réussite complète et les journaux, tels que le Journal de Lens ou le Petit lensois finissent par dénommer ce lieu le cinéma Huberty, plutôt que café Huberty ! En 1914, l'annuaire Ravet-Anceau mentionne même le cafetier comme gérant du Cinéma des Familles. La nouvelle activité semble ainsi s'être progressivement détaché du café ! Malheuseusement, on ne sait pas comment se déroulent ces projections. Sont-elles quotidiennes ? Est-ce Mr Huberty-Favier lui même, un membre de la famille ou du personnel qui se charge de la projection ? Quelle est la marque de l'appareil ? On sait peu de choses sur les vues proposées mais le cinématographe Huberty propose des vues locales : Le Journal de Lens d'octobre 1910 mentionne qu'on peut venir voir " la population lensoise au cinéma. Mais aussi le défilé de l'Harmonie des Enfants de la Plaine et de la fanfare des mines de Béthune au concours de reims, film d'une longueur de 300 mètres ". A partir de 1909, pour certaines séances, Huberty-Favier quitte son établissement et loue une salle plus importante pour toucher un maximum de public, accroitre sa notoriété et faire de plus amples bénéfices. Il propose ainsi des vues parlantes et des combats de Georges Carpentier. En mars 1912, il est ainsi le seul à diffuser le match Carpentier-Sullivan. Le Journal de Lens mentionne à cette occasion : " Mr Huberty-Favier vient de s'assurer pour un mois, à prix d'or, le monopole pour la région minière du film cinématographié jeudi dernier à Monte-Carlo". Afin de rentabiliser son investissement, les tarifs sont élevés : trois, deux et un franc. Il propose donc plusieurs projections à la Maison des Associations de Lens, mais aussi à Liévin ou à Lillers. Son passage à Lillers montre qu'il emploie du personnel dont un membre est peu recommandable. En effet, La Gazette de Béthune signale en mars 1911 que "mardi, le jeune Maurice Van R., 1 ans, employé actuellement au cinématographe Huberty de Lens, actuellement installé au théâtre de Lillers, s'est livré sur deux fillettes à des actes répréhensibles ". La guerre met un terme aux activités cinématographiques d'Huberty-Favier qui, de nouveau, va se consacrer à la simple gestion d'un café. On retrouve cet établissement reconstruit sur des cartes postales de l'entre-deux-guerres.
D'autres exemples de cafés - cafés-concerts - estaminets ou même restaurants, ont proposé des séances de cinéma au tout début du siècle... Nous en reparlerons très prochainement.

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