© Olivier JOOS - 2009/2015

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samedi 31 octobre 2009

Les cinémas à Hénin-Beaumont de 1939 à aujourd'hui

Si l'on fait le point avant la seconde déflagration mondiale, l'année 1938 voit certainement l'apogée du cinéma héninois d'avant guerre. Les trois salles les plus importantes : Apollo, Capitole et Caméo ont alors une capacité totale de 2.860 places. Au rythme des séances et des mois, elles accueillent en 1938, 258.566 spectateurs,soit 4.972 en moyenne par semaine pour la vision totale de 339 films. Le cinéma est alors un véritable loisir de masse. La population héninoise se compose alors de 23.000 âmes. Si, bien sur, l'on considère que seuls les héninois fréquentent leurs cinémas, ce qui n'est pas tout à fait faux puisque les villes alentours possèdent alors leurs propres salles, chaque habitant d'Hénin a fréquenté, en moyenne,un peu plus de onze fois les cinémas. Sur cette somme, c'est l'Apollo qui attire le plus des spectateurs. Avec une clientèle de 148.200 personnes, la salle représente 57,3% du marché héninois,

La séance de cinéma est alors particulièrement longue. Il y a souvent une première partie avec une vue comique puis un ou deux documentaires et les actualités de la semaine. Parfois l'entracte permet de voir les attractions de music-hall. Puis vient le grand film. C'est bien sur en fin de semaine que le cinéma ouvre ses portes. Le samedi soir est particulièrement la séances des jeunes gens. Le dimanche après-midi attire les familles et le jeudi grâce au demi-tarif, le cinéma joue les nurses.
Mais le temps des plaisirs et des distractions prend fin et un nouveau conflit s'annonce. Mentionnons auparavant l'existence de deux autres salles qui appartiennent au clergé et qui par conséquent répondent à une logique autre que commerciale : le cinéma Saint-Henry, situé cité Darcy qui ouvre en août 1933, et le Rex, boulevard Schumann.

Lors des premiers mois de nouveau conflit, les salles héninoises n'échappent pas au bouleversement. Dès novembre 1939, le sujet britannique Humbary Davies nomme gérante sa secrétaire comptable Julienne Gemgembre. L'acte est officialisé par le notaire René Six. Elle reste a ce poste jusqu'en 1948 afin d'administrer la salle. En 1940, l'Apollo diffuse 85 films et attire 97.000 spectateurs. Mobilisé, Germain Larivière est fait prisonnier de guerre de juin 1940 à avril 1941. A son retour, il poursuit l'exploitation, donnant à la population un certain réconfort moral. La salle de Léon Cochon, le Capitole, est endommagée par les bombardements au début du conflit. A 64 ans, en mai 1943, Léon Cochon, malade et en convalescence à Nice, transmet la gestion de la salle à son fils Louis, âgé alors de 39 ans.
Malgré les contraintes du couvre-feu, les restrictions en électricité et la peur de la réquisition par l'occupant, les salles obscures deviennent les seuls lieux de distraction pour une population déprimée. Par sanction des autorités allemandes, toutes les salles sont fermées à dater du 29 juillet 1944.
En juin 1948, Humbary Davies est de retour à Hénin. Résidant dorénavant rue du Général de Gaulle à Beaumont, il reprend la direction de l'Apollo. Mais dès juillet 1951, il cède la salle au réseau Ghéldorf, centré sur Roubaix, également gérant du Majestic de Carvin et du Cantin de Lens. Riche de trente-cinq salles, ce circuit est l'un des trois grands de la région, avec les cinémas Bertrand et le réseau Deconninck.
En février 1953, le Cinéma Français change également de propriétaire : Germain Larivière le cède à Gilbert Meurice. Originaire de l'Avesnois, ce dernier dirige déjà deux cinémas dans le Nord dans l'immédiat après-guerre. Nouveau gérant, il rebaptise la salle le Caméo et devient le cinéma des « deuxième visions ». Les films, passant d'abord en exclusivité à l'Apollo ou au Capitole, sont, quelques semaines plus tard, à l'affiche au Caméo.
Le Capitole n'est pas à l'abri de la restructuration de l'exploitation héninoise. Le 30 décembre 1953, Louis Cochon signe un accord avec la société Bertrand pour la gestion commune de la salle. Il compte ainsi profiter de l'expérience de ce réseau de salles dirigé par Roland Bertrand, et fortement implanté dans les principales villes du bassin minier avec l'Apollo de Lens,... Après rénovation, la salle offre encore 800 places. Les comédies attirent le public au Capitole qui doit souvent refuser des spectateurs. On peut alors réserver sa place à l'année, le public étant constitué d'habitués. Le cinéma est alors un mode de vie, le premier loisir des français. Après des records de fréquentation en 1947 et 1956 – 1957, le public va peu à peu refluer, rapidement séduit par la télévision qui apparaît très tôt dans les foyers du Nord. L'émetteur de Lille fonctionne dès 1954.
A nouveau, Apollo et Caméo changent de propriétaires. En avril 1973, alors que la diminution de la fréquentation s'amplifie, les 868 places de l'Apollo quittent le circuit Gueldof au profit d'une héninoise, Christiane Lemire. Resté propriété de Gilbert Meurice, le Caméo passe toutefois sous la gestion de Francis Eripret en octobre 1964, puis dix ans plus tard, la direction de la salle est confiée à Pierre Hugot et Alain Florecq. Mais le déclin est irrémédiable. Au cours des années soixante-dix, les méthodes d'exploitation se modifient. La télévision triomphe et le nombre de récepteurs s'accroit. La couleur se généralise, les programmes s'étoffent, de nouvelles chaînes arrivent et le divertissement est dorénavant à domicile. Les directeurs de salles modifient leur stratégie en multipliant les films à l'affiche. Les grands cinémas sont dépecés, fractionnés en petites salles. En juillet 1979, Mme Lemire fait de l'Apollo un complexe de trois salles : Apollo I de 386 places, Apollo II de 117 places et Apollo III de 91 places.
Le 11 novembre 1979, le Capitole projette son dernier film : « Piranhas ». Trop grande pour être rentable, mais pas assez pour être transformé en multi-salles, la société Bertrand cède le Capitole à la municipalité qui souhaite le transformer en une salle polyvalente pour les gymnastes ou les musiciens. Le Capitole est le premier cinéma d'Hénin à éteindre le projecteur. Quelques années plus tard, alors qu'il ne propose plus que des films de karaté et d'horreur, le Caméo ferme définitivement ses portes le 27 novembre 1984; victime de la logique du marché.
Quelques mois plus tard, dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 mai 1985, un incendie se déclare mystérieusement à l'Apollo. Quelques heures après la projection du film « Amadeus » de Milos Forman, le feu se déclare à une heure du matin. Le journaliste de Nord-Matin nous apprend que trois foyers ont été allumés de main criminelle : l'un dans le hall, le second dans la salle principale et le troisième derrière l'écran ou une bouteille d'alcool et une boite d'allumettes ont été retrouvées intactes. Déjà, en 1962, un incendie, vite maitrisé, s'était déclaré. L'enquête piétine, et la salle obscure ou des milliers d'héninois ont rêvé, ont vécu dur grand écran des histoires s'identifiant aux héros, et ou des couples se sont rencontrés, fait rapidement place à un supermarché, nouveau temple de l'aventure humaine.

Aujourd'hui, le Caméo est devenu une épicerie solidaire, l'Apollo n'est plus, et le Capitole, détruit a fait place a une résidence nommée... le Capitole. Cette dernière salle a pendant vingt ans et à l'abandon, tombant lentement en ruine avec, même avant l'instant fatidique de sa destruction, des sièges et un écran.

En 1991, cela fait six ans que les 26.000 habitants d'Hénin, mais aussi ceux des villes alentours, sont privés de cinémas. Parce qu'une salle de cinéma est le témoin de la vitalité et du dynamisme d'un centre-ville, parce qu'elle est un pôle de divertissement et de culture indispensable, parce qu'elle attire dorénavant des spectateurs potentiels qui ne se contentent plus de la télé et que le commerce local profite des retombées de ces spectateurs, la municipalité, face à ce manque et à ce besoin, décide la construction d'un complexe de trois salles au cœur de la ville. C'est à M. Hubert cornu, autrefois employé au cinéma Capitole, que l'on doit le nom du futur complexe, inauguré avec faste et en la présence de nombreuses vedettes, comme Miou-Miou, le samedi 7 décembre 1991. Doté des derniers perfectionnements techniques et, mais pour un temps, du plus grand écran de la région, les trois salles de l'Espace Lumière séduisent rapidement les héninois et les habitants des communes voisines. Les spectateurs s'approprient cet établissement cinématographique, géré indépendamment des grands circuits nationaux. Un nouvel espace de vie, de convivialité et de sociabilité prend ainsi son essor, et devient le symbole de la poursuite de l'exploitation du Septième Art à Hénin-Beaumont, en espérant, dans l'avenir, être protégé des grands changements actuels, afin de rester la fierté et la propriété des héninois et des spectateurs.
Mais Hénin n'échappe pas à la rapide transformation qui touche l'exploitation cinématographique à la fin du siècle dernier. A l'instar des grands centres urbains, tant régionaux que hexagonaux, la ville accepte en décembre 1997 l'installation d'un multiplexe cinématographique d'une importante société de production-distribution, le géant Gaumont, en périphérie, près du centre commercial Auchan de Noyelles-Godault, reléguant ainsi le Septième Art au rang de simple consommation de masse. La carte de l'implantation cinématographique à Hénin se trouve ainsi radicalement changé. Alors que depuis un siècle, l'exploitation était concentrée en centre-ville, le multiplexe va changer la donne en plaçant la consommation de cinéma en périphérie. Gaumont fait passer l'exploitation cinématographique à Hénin à une vitesse supérieure puisque le marché visé concerne une vaste partie de l'ancien bassin minier allant de Douai à Avion, d'Arras à Seclin. La position géographique du multiplexe, à l'embranchement de l'autoroute, est profitable au succès et à la réussite d'une telle entreprise. Les autres exemples d'implantation de ce genre montrent qu'elles sont stimulantes en tant que moteur de développement d'une zone marchande périphérique. L'ouverture d'un tel site menace aussi directement l'ensemble des cinémas des environs : l'Espace Lumière d'Hénin-Beaumont, l'Apollo de Lens, le Familia d'Avion, le Concorde de Noyelles-Godault... Mais les nombreux projets de construction de multiplexe, tels que celui de Douai, le Pathé de Liévin ou dans la zone nord d'Arras, pourrait aviver la concurrence et restreindre le marché potentiel de spectateurs visés, malgré les prévisions à la hausse de la demande.
La construction du nouveau temple du cinéma héninois est rapide, s'étendant sur quelques mois seulement. Elle répond à de nouveaux critères d'élaboration : uniformisation et standardisation de l'architecture, transformant la simple salle de cinéma en bunker bétonné, triste à la vue. D'une superficie de 6 200 m2, pouvant accueillir un total de 2 400 spectateurs dans 12 salles, le site ouvre en avril 1999. Par cette arrivée, la municipalité pense dynamiser et valoriser un nouveau quartier en devenir, le Bord des Eaux, grâce à l'implantation d'activités induites et connexes (restauration, loisirs...) qui serait profitable à la jeunesse à la recherche d'un lieu de loisirs. Mais en premier lieu, c'est d'abord au centre commercial et à la société Gaumont que profitera le nouveau complexe, la municipalité ne bénéficiant pour le moment que des retombées fiscales.
Le problème principal que pose l'arrivée d'un tel site reste alors le devenir des trois salles du centre-ville. La municipalité est restée floue dans les perspectives d'avenir de l'Espace Lumière. Il semblerait que les trois salles, encore toutes récentes et toujours équipées des dernières innovations techniques, feraient l'objet d'un troc, passant de la gestion d'un directeur indépendant à celle du géant du cinéma français. Les édiles municipaux souhaitent que le complexe de centre-ville ne soit pas étouffer par celui du Bord des Eaux, en proposant la carte de la complémentarité : les petites salles accueillant les films plus intimistes et plus « culturels » alors que le multiplexe se réserverait les grosses productions dans un souci de rentabilité maximale.
Mais avec cette installation, Hénin va en fait sacrifier ses trois salles de centre-ville. Que faire du cinéma de centre-ville crée pourtant il y a peu et pour lequel le maire avait paradé lors d’une cérémonie des Césars, remerciant la grande famille du cinéma et l’Etat. Que faire du complexe Lumière construit avec l’argent du contribuable héninois et maintenant devenu gênant ? Très simple pour le maire aux idées simplistes : on le met dans la corbeille de la mariée en l’offrant au nouveau géant du cinéma. Mais les gérants de multiplexes qui se veulent être le soutien des petites salles de centre-ville sont aussi des industriels avant tout, et cette préoccupation semble être plutôt le baiser de Judas comme l’atteste ce qui va se passer : le directeur général de Gaumont, Jean-Louis Renoux, la main sur le cœur et la sensibilité dégoulinante affirme en avril 1999 s’être engagé de garder les salles du centre-ville « offerte en cadeau » par la municipalité pour une durée de dix ans… C’était plutôt l’affaire de dix mois. Les grands patrons n’ont décidément pas de respect pour leur engagement. Cependant, quatre ans après l’ouverture, le Gaumont héninois est victime de la concurrence et de la logique de marché. En effet, après l’entente commerciale qui se termine par une fusion spectaculaire entre Gaumont et son rival légendaire Pathé, le nouveau géant de la distribution de films se trouve en position dominante dans le bassin minier causé par le multiplexe de la firme au coq situé à Liévin. Suivant les lois en vigueur, la nouvelle société doit céder son complexe de Hénin, vendu à la SOREDIC ( Société Rennaise de Diffusion Cinématographique ), nouvelle venue dans le paysage cinématographique du Nord. En effet, comme son nom l’indique le nouveau groupe est originaire du grand-ouest, gérant depuis 1975 un parc de 74 salles dans les villes de l’ouest et oriente sa stratégie dans un développement sur tout le pays. Ainsi, le Gaumont d'Hénin-Beaumont devient dorénavant le Cinéville, alors que l'Espace Lumière redevient municipal en 2002.
Mars 2009, après dix-huit ans de vie tumultueuse, balancé entre des équipes municipales inefficaces et un complexe ayant sa propre logique, l'Espace Lumière tire sa révérence. Aujourd'hui, le site est intact, prêt à redémarrer. Mais peu à peu, le vaste édifice inoccupé va prendre lentement le chemin de l'abandon, devenant le symbole d'une ville qui dépérit.

Sources et documentation :
Archives départementales du Pas-de-Calais
Le Journal d'Hénin-Liétard [hebdomadaire héninois du début du siècle]
La Voix du Nord
Nord-Matin
Héninfos [journal municipal qui a évoquait l'arrivée du Gaumont]
Archives du C.N.C. Lille (Merci M. Tavernier !!)
Souvenirs personnels de MM Cornu et Tétin

Ce texte, et l'ensemble de l'histoire de l'exploitation cinématographique à Hénin-Beaumont publiée précédemment, a été lu lors d'une conférence organisée par l'association historique d'Hénin-Beaumont, Hennium en mai 1998. La fin est une récente mise à jour.

vendredi 30 octobre 2009

Le Kursaal de Hautmont


Deux grandes salles ont existé pendant de nombreuses années dans la ville de Hautmont : le Casino, rue Saint-Anne et qui est devenu aujourd’hui un magasin d’antiquités, et une autre salle, le Kursaal, au 5 rue Gambetta.
Une des grandes salles de la ville qui pouvait contenir un total de 805 spectateurs est le Kursaal, situé à un coin de rue, entre les rues Gambetta et Victor Hugo sur laquelle donnaient les issues de secours du cinéma. Sur le pignon du bâtiment est indiqué les directions pour Maubeuge et pour la ville de Sous-le-Bois. Près de la porte d’entrée de la salle sont indiqués sur un tableau les prix, les films et l’horaire des séances… De l’autre côté de la porte, les affiches des films proposés… La salle est polyvalente : y sont passés les tournées Baret, les Jeunesses musicales, et on y a joué des opérettes, notamment « L’Auberge du Cheval Blanc ». Après la guerre, des séances scolaires sont organisées l’après-midi. La salle a été démoli lorsque le pont supérieur fut construit en 1965.

Sources :
Un grand merci à Mme Monique Mestayer et à l’association historique « Mémoire d’Hautmont ».

dimanche 25 octobre 2009

Le Caméo de Avion

Situé rue charles Ferrand, une rue menant du centre d'Avion à la gare, ce cinéma, aujourd'hui entièrement détruit, était placé à côté de l'actuelle bureau de poste, peut-être même que ce bureau a été construit sur l'emplacement du Caméo, c'est à éclaircir...
L'un des gérants de cette salle est Robert Laurent, dont le fils tenait le Rex de Méricourt. La carte postale dont est extrait le détail qui accompagne ce message ne permet pas de dater le cliché. Cependant, il semblerait que cette photo date de l'après seconde guerre mondiale, fin années 40, début années 50. A côté de la salle était située un café qui n'apparait pas sur le cliché. Le Caméo est alors en concurrence directe avec l'autre salle d'Avion, le Familia de M. Mercier, davantage en centre-ville. Le Caméo était un cinéma populaire pour les corons et cités environnantes. Il proposait des films de gangster, des westerns,... D'après l'inventaire de juillet 1940, le propriétaire du Caméo est la Société Houillière de Liévin, et le locataire est donc Robert Laurent, mobilisé, et qui n'est pas encore rentré. Toujours d'après cet inventaire, la salle est classée en bon état, mais il manque toutefoisun objectif. Elle possède un balcon et fait 40 m de longueur sur 10 m de largeur. Elle peut alors recevoir 1000 spectateurs.
Avionnais qui me lit, si tu as un témoignage sur cette salle, ou sur le Familia, n'hésite pas !!!

mercredi 21 octobre 2009

Le Royal Cinéma de Liévin

Au 220 rue Emile Zola, dans le quartier Vieux-Calonne de Liévin, entre un garage et une maison particulière, face à une église de style contemporain, est située la vaste bâtisse de l'ancien cinéma Royal.
C'est en 1928 que Guislain Tacquet achéte le terrain pour faire bâtir la salle du Royal, d'une surface de 1.200 mètre carré, avec un balcon.
En juillet 1940, la salle a toujours pour propriétaire M. Tacquet, présent lors du recensement des salles demandé par l'occupant nazi. Alors jugée en bon état, la salle peut alors acceuillir 350 spectateurs. Après guerre, c'est le gendre de Guislain Tacquet, André Lecoeuvre qui rénove le bâtiment pour une mise en conformité complète. L'activité de la salle assurait un petit emploi pour des habitants du quartier : ouvreuses, projectionnistes, vente de bonbons,...
Mais c'est avec la désaffection du public que le cinéma va cesser ses projections dans les années 70. La salle servira un moment pour la réception des enfants et sera chapelle provisoire jusqu'en 1980.
A l'occasion du centenaire du cinéma, la salle a fonctionné pour une représentation unique .
En août 1996, la salle est à vendre... Et aujourd'hui ? Cela fait quelques années que je ne suis plus passé devant...
Sources : recherches de l'auteur et un article de Jean-Marie Lequint paru dans LeLiévinois n°30 d'avril 1999. Bien sur, si vous avez fréquenté cette salle, si vous en avez un souvenir précis, si vous y avez travaillé, si vous avez un cliché de famille où on voit cette salle en arrière-plan, ou alors une carte postale, contactez-moi !!!

mardi 20 octobre 2009

De nouveaux documents sur l'Omnia de Lille















Deux nouveaux documents sur l'Omnia de Lille, précédemment mentionné dans des précédents messages de ce blog.
Un grand merci à Mr Raymond Van Thournout pour m'avoir transmis ces très beaux documents issus de journaux où on aperçoit l'intérieur de la salle.

dimanche 18 octobre 2009

Les premières séances de cinéma à Douai


A l'orée du nouveau siècle, Gayant est le géant d'une citée en pleine expansion. La population s'accroit et les activités se diversifient. N'étant pas le siège d'extraction houillère, Douai profite malgré tout des retombées de l'expansion économique que connait le bassin minier. La ville se place à la pointe des progrès techniques, ayant d'une part une piste et une usine aéronautique Bréguet, et étant d'autre part la ville natale d'un précurseur du cinématographe : Georges Demenÿ. Avec l'automobile, l'aviation et le cinématographe font parti des secteurs de pointe de la seconde révolution industrielle. Douai a également une place importante dans le dispositif urbain du bassin minier : siège d'une garnison, d'un tribunal, et ayant une zone commerciale étendue. Douai est également placée sur la ligne de chemin de fer Paris – Lille et sa renommée est importante, notamment avec les festivités de Gayant début juillet.
Avant l'arrivée du représentant de la Maison Lumière, la cité a déjà connu deux projections. C'est en plein centre-ville, place d'Armes, que Douai va connaître sa première représentation de cinéma. L'Olympia est l'un des grands cafés-restaurants de cette grande place. Il est situé aux numéros 25 et 27. Son propriétaire, M. Gadiffert, accueille « le salon du cinématographe qui est luxueusement aménagé » en décembre 1896, et qui est « installé depuis quelques jours seulement ». Le salon du cinématographe propose des vues Lumières telles que « l'arrivée d'un train, la sortie de la messe, le jardin d'acclimatation, les farces d'un arroseur, les aventures d'un pochard, le Tsar à Paris, le travail des forgerons, etc », le tout présenté de 17 à 18 heures, et entre 19 heures 30 et 22 heures. Le dimanche, la matinée débute à 15 heures. Ce cinématographe n'est ensuite plus mentionné dans la presse locale. Ce bref passage d'exploitant est-il un échec ? Ou était-ce prévu dès le début des projections ? C'est le 3 février 1897 que Le Journal de Douai annonce une nouvelle série de représentations, pour le lendemain à 20 heures 30 à la salle des fêtes de l'hôtel de ville. Mais dans son édition du 5 février, Le Journal de Douai annonce que « par suite d'un accident, la séance de cinématographie annoncée pour hier, est remise à vendredi ». Mais ensuite, aucune mention, aucun compte-rendu ne décrit cette séance. C'est le 28 février 1897 que Le Journal de Douai annonce enfin « le Cinématographe Lumière (le véritable cette fois) ».
C'est en provenance de Saint-Quentin que le Cinématographe arrive à Douai, avec une belle réputation derrière lui. Neuf représentations sont effectuées du jeudi 4 mars au lundi 12 mars, mais « devant le grand succès de ces charmantes soirées, la Direction du Cinématographe Lumière a décidé de prolonger de trois jours son séjour », jusqu'au lundi 15 mars inclus. Il s'agit probablement d'une technique commerciale qui consisterait à limiter volontairement le nombre de représentations afin d'attirer le public et d'insister sur le succès de ces projections. Mais, de façon plus simple, l'exploitant, comme à Saint-Quentin, décide de prolonger son séjour pour véritablement répondre à l'engouement du public pour ces « charmantes soirées ».
Contenant près de 750 places, le théâtre de Douai accueille les représentations Lumière. Le théâtre est le lieu de distraction et de sortie préférée d'une partie de la société douaisienne, issue d'un milieu aisé et composée de notables, de petits bourgeois et de commerçants. Le Cinématographe, en s'installant au théâtre, souhaite toucher ce public pour obtenir ainsi une bonne publicité et une image de marque rassurante.
Il est malheureusement impossible de savoir ce qui se cache derrière « la Direction du Cinématographe Lumière » : leur nombre, leurs noms, leurs rôles... Cette direction peut être une équipe ayant obtenu la location du « droit d'exploitation du Cinématographe » par les Lumière. Cette équipe est constituée d'un opérateur-mécanicien et d'un assistant. En décembre 1896, la firme lyonnaise décide que l'opérateur peut se retrouver seul à gérer l'exploitation, exerçant à la fois le rôle d'opérateur, technicien, commentateur, gestionnaire... De ces hypothèses, on ne sait malheureusement laquelle retenir pour dévoiler l'identité de cette « Direction ».
L'obscurité se fait dans la salle. Le moteur se met en marche, et l'opérateur envoie un jet de lumière sur une toile blanche. Sur celle-ci, les vagues de la mer bougent, les feuilles des arbres suivent le mouvement du vent, les gens marchent... La stupeur se lit sur chaque visage des spectateurs, lesquels, malgré le scintillement de la lumière et le sautillement de l'image, se souviendront longtemps de cette première expérience, de ce premier contact. Le Cinématographe Lumière propose près de « 30 projections animées, éclairées par l'électricité et mesurant de 15 à 20 m2 ». Ces vues appartiennent aux séries décrites par le catalogue Lumière qui propose plusieurs catégories de « films » : comique, documentaire, scène de genre, actualité. Ces courtes scènes sont essentiellement des vues de plein air, « la nature prise sur le vif », faites par les opérateurs Lumière envoyés dans le monde entier. Malgré la réversibilité de l'appareil, aucune vue locale n'est mentionnée parmi les projections faîtes au théâtre.
La réussite et l'afflux du public semblent avoir contenté le représentant Lumière, même si celui-ci fait distribuer le 10 mars un « humoristique prospectus », cherchant ainsi à attirer « ceux qui ont hésité de venir, de crainte d'être bernés encore une fois ». Mais ceux-ci ne pourront échapper au succès foudroyant du spectacle cinématographique. Moins de deux mois après le départ du représentant Lumière, Douai va connaître de nouvelles séances, grâce notamment à l'un de ses concitoyens.

jeudi 15 octobre 2009

Deux nouveaux documents sur le Ritz de Lille


Deux nouveaux documents récemment trouvés et mis en ligne sur des sites internet montrent le cinéma Ritz, grande salle du centre lillois, victime des flammes.
Le premier document est issu de la bibliothèque municipale de Lille qui propose une banque d'images et de documents sur l'histoire lilloise. Un autre document sur un cinéma lillois est proposé sur ce site : un programme de l'Union, rue d'Arras. Promis, je le posterais bientôt sur ce blog !!
Le second document est un autre témoignage photographique de la catastrophe dont a été victime le Ritz. Certes, on ne voit pas la salle, uniquement les dégats dans une rue adjacente, mais en voyant l'étendue du sinistre, on se rend compte de l'important incendie qui a dévasté la salle du centre lillois.

vendredi 9 octobre 2009

Les cinémas de Marcq-en-Baroeul



Dès 1910, la ville de Marcq-en-Baroeul possède déjà deux salles de cinéma. Bizarrement, ces deux salles se font quasiment face à face, rue Saint-Patrick. Seule la rue les sépare. Au 10 de cette rue se trouve le « Grand Cinéma des Familles » qui appartient à Gaston Catrix-Ponthieu, et en face au numéro 7, Henri Degruson-Tranis gère le « Royal Cinéma ». La concurrence devait être intense et l’affiche du programme se doit d’être à chaque fois alléchante au risque de voir la clientèle s’intéresser à la salle d’en face. C’est pourtant la dernière salle citée, le Royal Cinéma qui disparaîtra la première. Quant à la salle de M. Catrix-Ponthieu, elle va se dénommer ensuite le « Ciné – Théâtre des Familles » puis le « Familia » jusqu’à la fin des années soixante. Il faut attendre 1930 pour voir apparaître une nouvelle salle, plus importante, le « Colisée » qui vivra jusqu’en 1977. Ancienne Maison du Peuple, située au bout de la rue Jean-Jaurès, la salle du Colisée est un cinéma de 780 places. La salle a gardé le souvenir de sa fonction première : dans le hall d’entrée, une mosaïque représentant deux mains serrées, exalte la solidarité ouvrière et sur le fronton de la façade est gravé le mot « fraternelle ». Cette salle est aujourd'hui la dernière en activité de Marcq-en-Baroeul. Équipée de 226 fauteuils avec grand écran de 60 m², son Dolby Stéréo Digital, ce cinéma de proximité, aujourd'hui dénommé Colisé-Lumière, accueille également des spectacle vivants: lyrique, magie, théâtre...
Une autre salle qui a fait le bonheur des habitants de Marcq-en-Baroeul est « le Plouich », situé rue des Tisserands du nom du lieu-dit le Plouich. Cet endroit a vu s’élever une petite cité avec des logements ouvriers. « Le Plouich » est avant tout un cinéma paroissial construit en 1925 lors de l’érection de la cité ouvrière. Cette salle de 290 places a été administrée par l’Abbé Guermonprez puis par l’Abbé Vandamme. Les érudits locaux se souviennent que les séances de cinéma étaient annoncées au cours de la messe dominicale. Cela amenait quelques quiproquos… Les portes du cinéma se refermèrent en 1976. La municipalité racheta la salle en janvier 1981 pour la réhabiliter. Elle reçoit le nom de Bourvil en 1983…L’idée du cinéma reste ainsi pour cette petite salle de quartier…
Source :
« Marcq-en-Baroeul, rues d’hier et d’aujourd’hui »
Légende des clichés du haut en bas :
- La rue Saint-Patrick et les deux premières salles qui se font face à face (merci de zoomer).
- La façade du Colisée-Lumière, ancienne Maison du Peuple
- Un programme du Ciné-Plouich

dimanche 4 octobre 2009

Index des communes recensées dans le livre "Les cinémas du Nord et du Pas-de-Calais"

Indisponible dans la version papier de l'ouvrage paru en 2005 : "Les salles de cinéma du Nord-Pas-de-Calais de 1895 à nos jours", voici enfin l'index des communes recensées dans cet ouvrage, disponible notamment sur Priceminister :


INDEX
DES LIEUX


Ablain-Saint-Nazaire …. 65
Aire-sur-la-Lys ... 18, 64, 92, 96, 113, 116, 117, 120, 139, 161, 163
Aniche … 60
Annappes ... 157
Annezin ... 159
Anzin … 42, 73
Arenberg … 61, 67, 100, 119
Armentières ... 15, 28, 38, 48, 67, 68, 75, 79, 80, 147, 165, 174
Arques … 49, 50, 95
Arras ... 16, 18, 29, 31, 45, 71, 101, 107, 109, 112, 113, 129, 133, 139, 141, 149, 153, 166, 167
Ascq ... 157
Aubigny-en-Artois … 64, 101, 120, 134, 141
Auchel … 40, 45, 108, 137, 138
Aulnoye ... 66, 102, 106, 107, 119, 139, 149
Auxi-le-Château … 50, 134, 138
Avesnes-sur-Helpe … 81, 89, 113, 119
Avion ... 108, 141, 173


Bailleul ... 100, 120, 160, 161, 162
Bailleul-sire-Berthould … 65
Bainchtun … 96
Bapaume … 139
Berck-sur-Mer ... 24, 60, 74, 104, 120, 135, 141, 174
Berlaimont … 66, 101, 119, 120
Béthune ... 17, 22, 35, 40, 47, 49, 52, 93, 94, 140, 143, 159, 160, 161, 174
Biache-Saint-Vaast … 100, 108, 139
Billy-Montigny … 40, 48, 76, 83, 85, 141
Blendecques … 96
Boulogne-sur-Mer ... 16, 18, 23, 26, 27, 38, 42, 72, 80, 96, 101, 105, 113, 125, 144, 156
Bourbourg … 73, 139
Bousbecque ... 78, 79, 129, 134, 135, 149, 166
Bray-Dunes ... 59, 92, 101, 148, 149
Bruay-Labuissière (en-Artois) ... 17, 26, 28, 33, 35, 40, 50, 60, 73, 87, 93, 94, 131, 134, 140, 160, 161, 164, 166, 174
Bruxelles ... 145, 165
Bully-les-Mines ... 23, 62, 73, 106, 128, 149
Busigny … 75


Calais ... 18, 23, 26, 28, 42, 43, 69, 71, 90, 102, 104, 109, 113, 163
Cambrai ... 18, 28, 29, 41, 48, 72, 82, 90, 100, 102, 112, 125, 141, 150, 151, 157
Carvin ... 17, 26, 62, 63, 92, 95, 123, 131, 132, 134, 139, 141, 156
Cassel … 140
Cauchy-à-la-Tour … 139
Caudry … 66, 99, 134
Comines ... 44, 48, 55, 80, 105, 149
Conchi-le-Temple … 96
Coquelles … 156, 163, 174
Coudekerque-Branche … 59, 76, 98, 138
Courcelles-les-Lens … 141
Courrières … 45, 83, 95, 128, 141
Courtrai … 165
Crespin … 59
Croix … 79


Dechy … 121
Desvres … 113, 161
Divion … 40, 134
Douai … 12, 14, 19, 23, 25, 26, 27, 28, 32, 41, 52, 85, 89, 112, 113, 127, 141, 146, 163, 166, 167
Douchy … 123
Dourges … 95
Dunkerque … 20, 24, 25, 26, 28, 43, 58, 72, 91, 109, 114, 147, 163, 166, 174


Escaudoeuvres … 133, 141
Estaires … 139, 144, 145
Estrée-Blanche … 115, 142
Etaples … 59, 77, 80, 89, 102, 149


Fenain … 94
Fives … 122
Flers … 57, 58, 93, 157
Flines-les-Raches … 100
Fontaine-Notre-Dame … 123
Fort-Mardyck … 169
Fourmies … 41, 52, 81, 97, 123
Frelinghiem … 29
Fressin … 96
Fretin … 103
Frevin-Capelle … 65
Fruges … 50, 65, 91, 95, 104, 134


Gand ... 165
Givenchy-en-Gohelle ... 65
Gouy-saint-André .. 118
Grande-Synthe ... 168, 169
Gravelines ... 49
Grenay ... 77, 108, 138, 141
Guisnes ... 60


Haillicourt ... 64
Halluin ... 38, 57, 92, 106, 117, 156
Hardelot ... 161
Harelbeke ... 165
Harnes ... 78, 83, 139, 40, 61, 121, 140, 162
Hasselt ... 165
Haubourdin ... 20, 38, 39, 48, 52, 56, 57, 75, 149
Hautmont ... 65, 77, 126, 138, 153, 168
Haveluy ... 67
Hazebrouck ... 44, 68, 69, 80, 174
Hellemmes … 37
Hénin-Beaumont (Liétard) … 17, 22, 23, 26, 32, 40, 69, 80, 97, 100, 102, 132, 133, 134, 140, 141, 156, 163, 166, 167, 174
Hersin-Coupigny … 107
Hesdin … 80, 108, 118, 132, 133, 134, 164
Hondschotte … 92
Houlle … 144
Houplines … 118, 120
Hulluch … 61


La Gorgue … 111
La Rochelle … 166
Le Cateau … 18, 19, 49, 53, 66, 147
Leforest … 77, 138
Lens … 15, 17, 26, 28, 39, 40, 48, 68, 79, 84, 89, 95, 102, 112, 123, 126, 133, 140, 141, 142, 160, 167, 173, 174
Le Portel … 75, 78, 102, 109, 113
Le Touquet … 45, 75, 96, 101, 102, 104, 137, 139, 174
Liévin … 28, 95, 141, 160, 163, 167, 174
Ligny-en-Artois … 106
Lille … 15, 16, 17, 22, 26, 36, 38, 40, 48, 66, 68, 74, 79, 80, 81, 85, 89, 91, 95, 96, 97, 100, 102, 103, 104, 106, 107, 108, 118, 123, 126, 127, 128, 132, 133, 134, 139, 140, 145, 147, 148, 150, 151, 152, 156, 157, 163, 165, 166, 174
Lillers … 28, 40
Lomme … 106, 158, 162, 163, 165
Loos-en-Gohelle … 132, 140
Loos-les-Lille … 105, 158
Lourches … 44
Louvroil … 79
Lumbres … 93, 121
Lyon … 16, 25
Lys-les-Lannoy … 106, 112, 134, 139


Madrid … 165
Malo-les-Bains … 32
Marcq-en-Baroeul … 38, 56, 71, 78, 139, 157, 161, 162, 163
Marquise … 113
Maubeuge … 28, 113, 122, 168
Mazingarbe … 62, 125, 134
Méricourt … 141
Merville … 25, 77, 79, 92, 102, 104, 105, 120, 122, 127, 161
Metz … 165
Mons … 146
Montigny-en-Gohelle … 95, 139, 141, 142
Montreuil-sur-Mer … 51, 80, 114, 115
Mortagne-du-Nord … 133


New-York … 127
Nice … 102
Noeux-les-Mines … 23, 48, 61, 62, 98, 136, 140
Noyelles-Godault … 93, 109, 142, 167
Noyelles-sous-Lens … 84, 142, 159


Oignies … 61, 108, 118, 138, 140
Orchies … 67
Ornaing … 92
Ostricourt … 62
Outreau … 59, 82, 113


Paillencourt … 22, 123, 127
Paris … 12, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 114, 133, 150, 168
Pérenchies … 29
Peruweltz … 83
Petit-Fort-Philippe … 49, 121
Pont-à-Marcq … 18
Pont-de-Brique … 118, 120, 127


Râches … 131
Rang-du-Fliers … 96
Roeulx … 73
Roost-Warendin … 148
Rosendael … 43, 48, 59, 91, 102, 116, 126
Roubaix … 18, 37, 56, 82, 86, 90, 99, 103, 109, 112, 127, 128, 131, 135, 136, 146, 147, 167, 168, 169


Saint-Martin-au-Laërt … 96
Saint-Omer … 19, 50, 70, 73, 74, 95, 102, 132, 133, 139, 163, 166
Saint-Pol-sur-Mer … 59, 91, 98, 102, 128, 151
Saint-Pol-sur-Ternoise … 52, 102, 103, 116
Saint-Quentin … 19
Saint-Saulve … 75
Sallaumines … 40, 62, 63, 83, 94, 134, 139, 142
Seclin … 167
Solesmes … 105
Somain … 66, 134, 138
Souchez … 64, 65, 142
Steenvoorde … 134, 135, 139
Stella-Plage … 119
Strasbourg … 150


Templeuve … 57, 95, 103, 112, 121, 122
Thumeries … 122, 123, 135, 136, 151, 152, 155, 156
Toulon … 163
Tourcoing … 29, 37, 38, 56, 70, 86, 92, 96, 103, 105, 114, 135, 140, 146, 147, 174


Valenciennes … 19, 25, 34, 36, 42, 43, 70, 73, 79, 91, 93, 94, 100, 102, 104, 105, 112, 114, 126, 134, 141, 147, 163, 174
Vermelles … 126
Vieux-Berquin … 122
Villeneuve d’Ascq … 93, 157, 158, 173
Vitry-en-Artois … 64, 104, 116, 117


Wahagnies … 152
Walincourt … 12
Wallers … 67
Wasquehal … 150
Wattrelos … 40, 41, 48, 56, 74, 92, 147, 148, 174
Wimereux … 41, 59, 104, 113
Wimille … 136
Wingles … 61, 141, 142, 156
Wissant … 60
Wizernes … 95
Wormhout … 115


Ypres … 56

vendredi 2 octobre 2009

Le Viographe Péchadre



A partir de l'année 1900, l'exploitant, M. E. (on ne connait pas son prénom, peut-être Henri d'après l'ouvrage de Daniel Granval sur le cinéma à Merville, alors que j'ai trouvé dans les journaux d'époque la seule lettre E) Péchadre nomme sa loge « Viographe » cherchant ainsi à se distinguer des concurrents qui envahissent alors les champs de foire et à montrer au public qu'il leur propose non une reproduction de la vie, mais une « écriture » de la vie. A ces débuts, la loge s'intitule « Théâtre du Viographe Péchadre ». L'exploitant faisait-il auparavant du théâtre forain ou cherchait-il simplement à rapprocher son attraction du monde du théâtre, encore si présent dans les foires, mais en voie de déclin avec le succès des loges électriques émetteurs de bruits de plus en plus forts. Dès ses débuts, lors de sa première mention dans le bassin minier à Béthune en 1900, le Viographe « n'admet aucune comparaison » et il possède tous « les derniers perfectionnements ». Il est difficile de savoir quels sont ces perfectionnements, si toutefois le Viographe en possède puisque les comptes-rendus des journaux évoquent toujours à propos des cinémas forains « des appareils neufs », « les dernières découverts techniques » et autres arguments visant à promouvoir la modernité des appareils utilisés. Le Viographe permet « la netteté et la finesse des photographies animées […] et aucune trépidation ». La loge Péchadre propose des vues cinématographiques de près de vingt mètres carrés pendant environ soixante minutes. De 15 heures à 23 heures, le Viographe propose de nombreuses vues, issues principalement de la Maison Lumière : un régiment qui passe, les vagues de la mer en furie, le mouvement des rues,... et quelques actualités, telles « La mort du Président Félix Faure » ou le voyage de ce dernier en Russie. L'établissement, éclairé à l'électricité par un moteur Niel de 21 chevaux, attire une foule considérable. Outre le spectacle cinématographique, le Viographe « exhibe une famille de nains jouant délicieusement de la mandoline et de la guitare ». Cette dernière exhibition est-elle ce qui reste de la précédente activité de Péchadre ou s'agit-il plus simplement d'une attraction supplémentaire destinée à attirer la foule ? A la fin de la dernière représentation, la direction du Viographe offre un petit souvenir à chaque spectateur. Dès l'année suivante, en 1901, à son retour à la foire de Béthune et grâce à son succès, le Viographe s'est « considérablement embelli et agrandi » et présente pour la première fois des vues locales : la sortie de la Grand'Messe de l'église Saint-Vaast par exemple. Enrichissant son spectacle, M. Péchadre offre en 1902 sa nouvelle attraction : « le Royal Biophone, appareil donnant non seulement la vie aux tableaux mais aussi la parole ». Au fil des années, le Viographe devient un établissement de grande importance. A son retour dans le pays noir, après une longue absence où pour l'instant, il est impossible de savoir où est passé le Viographe, ce dernier est une institution. Il est « le plus parfait, le plus grandiose des cinématographes » avec cette fois un écran de quarante mètres carrés de surface et « possédant une collection de 3.000 vues ». Ces transformations ont probablement amené un changement du moteur Niel pour un moteur plus puissant. Il s'est détaché du calendrier des foires devenant un cinéma itinérant. Mais les temps ont changé. Alors qu'il est en représentation en avril 1911 à Hénin-Liétard, cette ville possède déjà trois cinémas sédentaires.
Il est difficile d'établir un itinéraire précis du Viographe depuis sa création jusqu'en 1914. Il est d'abord mentionné à la foire de Béthune en mars 1900 où il est l'une des principales attractions avec la loge de l'illusionniste Bidart, la ménagerie Adrien Pezon qui ne propose pas encore de cinématographe parmi les fauves, et le théâtre Saint-Antoine. En mai 1900, Péchadre est présent à la ducasse d'Hénin et en juin à celle de Lens. Pendant tout le mois de juillet, il est l'attraction principale des fêtes de Gayant où il projette deux vues Méliès : « Le diable au couvent » et « L'homme aux quatre têtes coupées et parlantes ». En mars 1901, il est de nouveau à la foire de Béthune, en concurrence avec le Miméographe et le Salon du cinématographe géant. Encore présent à cette même foire en 1902, il est de retour dans la sous-préfecture en mars 1903, où il est cette fois installé au Marché aux chevaux, face à l'hôtel du Paon d'or. En juillet 1903, Péchadre est à Merville avec des projections de vues locales comme « une procession qui eut lieu à Bailleul », « une sortie de la messe de Merville ». En 1904, le Viographe est recensé à la foire de Béthune et fin mai à la ducasse de la Trinité de Lens. Novembre 1906, on repère le Viographe sur la Grande-Place d'Aniche. Suit alors une éclipse ou le Viographe quitte le bassin minier pour d'autres départements. Blaise Aurora, dans son ouvrage sur le cinéma en Lorraine, mentionne le Viographe à la foire de Toul en 1908. Il se détache alors progressivement du monde forain pour devenir un vaste cinéma itinérant. Il fait sa dernière apparition en avril 1911 sur la place de la République d'Hénin-Liétard. Il est difficile de savoir ce qu'est devenu M. Péchadre et sa loge. Face au déclin du cinéma forain, il a certainement changé d'activité. En 1917, la voiture foraine d'une confiserie appartenant à un M. Péchadre est réquisitionnée à Maubeuge,mais est-ce le même, ou quelqu'un de la famille ?

Le cliché illustrant cet article est un cinéma itinérant. Pour l'instant, je n'ai aucune photo du Viographe. C'est bien dommage !! Fouillez vos greniers, contactez des Pechadre dans les pages jaunes, regardez avec une loupe si vous avez des cartes postales anciennes montrant des foires et ducasses...