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dimanche 21 juin 2009

Les cinémas à Hénin-Beaumont pendant l'entre-deux-guerres

Dès 1919, le réseau de salles de cinéma va progressivement se mettre en place. De ce maillage d'établissements cinématographiques, trois salles obscures aux noms évocateurs vont se distinguer et rythmer les distractions des héninois : Apollo, Caméo et Capitole vont devenir les pôles de divertissement de toute une population avide de joie et de gaieté au sortir d'une longue semaine de labeur.
De 1919 jusqu'à l'arrivée du parlant au début des années trente, Hénin-Liétard possède en ses murs quatre exploitations cinématographiques dites « libres ». Deux salles continuent l'exploitation d'avant guerre : le Cinéma Français de Jules-Ernest Larrivière situé rue Jules Guesde, ancienne rue de Bon-Secours, et l'Alhambra du boulevard Fallières qui prend la suite du cinéma Mellin. Deux sont de création d'immédiat après-guerre : l'Apollo situé place Loubet, futur place Wagon, et le Familia, rue Elie Gruyelle qui va devenir le capitole en 1933.
Placé à l'intersection du boulevard Fallières et de la rue de Douai près du coron de la Filature, le cinéma Alhambra semble poursuivre l'exploitation Mellin d'avant guerre. La salle se trouve au premier étage d'un immeuble qui comprend des logements au rez de chaussée et au second étage. Le propriétaire des locaux est M. Mellin-Decourcelles, mais le directeur de l'établissement est Humbary Davies, également gérant de l'Apollo. La salle peut accueillir 468 spectateurs. Mais elle est loin de remplir les conditions élémentaires de sécurité. En décembre 1928, le sous-préfet de Béthune s'inquiète auprès de son supérieur de l'état de cette salle suite aux demandes du maire Adolphe Charlon qui ne souhaite pas intervenir personnellement pour des raisons d'ordre local. Aussi, une commission de sécurité publique est envoyée visiter l'Alhambra, ainsi que les autres salles héninoises le 19 janvier 1929. Cette Commission, présidée par le maire, est composée du commissaire de police, du capitaine des sapeurs-pompiers et du directeur des travaux municipaux. Elle juge l'impossibilité d'évacuer en cas de panique à cause de la petitesse des couloirs latéraux et de l'insuffisance de la largeur des portes de sortie. La Commission craint des scènes de piétinement de la foule en cas d'évacuation dans les escaliers, l'établissement étant au premier étage. La salle est alors qualifiée de dangereuse pour les spectateurs. En mai 1929, une Commission des bâtiments civils souhaite diminuer le nombre de places et modifier les escaliers. La procédure poursuit son cours et, les travaux n'étant pas effectués, le maire décide par arrêté de fermer la salle à partir du 14 avril 1931. Elle ne rouvrira plus.
C'est en 1928 que Germain Larivière succède à son père Jules-Ernest à la tête du commerce familial, le Cinéma Français, situé 8 rue Jules Guesde, ainsi que l'estaminet qui le juxtapose. Propriété du brasseur Joseph Gourlet, cet ancien hangar construit vers 1890, devient un cinéma à l'initiative de son locataire Jules-Ernest Larivière en 1906. D'une longueur de 22 mètres sur une largeur de 14, la salle peut recevoir 800 spectateurs issus principalement d'un milieu ouvrier, provenant essentiellement de la Cité de la Perche. Accueilli lors des trois séances régulières par semaine par un personnel de six membres masculins, le public découvre les péripéties de Charlot, Laurel et Hardy, et les actualités Éclair. Né le 27 décembre 1899 à Lens, Germain Larivière aide son père dès l'age de sept ans. Il poursuit quelques études sur le fonctionnement de l'électricité puis maîtrise rapidement la cabine de projection. Il se marie ensuite avec Marguerite Gambier. Suite à la même Commission locale de janvier 1929, le Cinéma Français doit revoir ses installations. La disposition des couloirs est mauvaise et, en cas d'incendie, le public serait rapidement asphyxié. La Commission exige la construction d'un nouvel escalier puis le dégagement du balcon, l'élargissement des portes de sortie, la diminution du nombre de sièges et le remplacement des bancs par des fauteuils à bascule fixés au plancher. En juin 1932, la municipalité menace de sanctionner le Cinéma Français. Larivière fait les transformations nécessaires au cours de l'été 1932. Les bancs laissent la place à des sièges en bois à « claquettes » et des escaliers sont aménagés. Germain Larivière poursuit ses investissements : il change de projecteur et adopte le parlant. Il sauve son cinéma.
Bâti sur la place Loubet, futur place Wagon, l'Apollo apparaît dès 1919. Dirigé par un écossais Humbary Davies, également gérant de l'Alhambra, la salle ressemble à un baraquement entièrement en planches avec un revêtement extérieur en tôles usagées. Avec 936 places, c'est le plus vaste cinéma de la ville. Davies devance la Commission de sécurité en achetant à la ville le 25 septembre 1928 le terrain de ce qui va devenir le cinéma Apollo, connu jusqu'à l'incendie de 1985. La déclaration des travaux de construction d'une salle de cinéma est faite à la mairie le 20 avril 1929. Le 23 octobre de la même année, le nouvel Apollo est inauguré. Plus vaste avec 1100 personnes assis sur des sièges en rembourrages et accueilli par un personnel de quatorze employés. La salle se dote des dernières innovations techniques et le projecteur utilisé est de marque Western Electric. L'ancien cinéma en tôles ondulées est transformé en salle de danse et le succès est complet, vidant les autres salles existantes : le Palais de fleurs, le Dancing Palace... L'Apollo devient alors un haut lieu de la société héninoise : après l'émerveillement à la vision des drames, des comédies et des actualités du Pathé-Journal, le public peut s'enivrer dans la danse et la musique. En 1933, la publicité de l'Apollo est une chanson publiée dans l'Hebdomadaire d'Hénin-Carvin le 28 mai 1933 :

« Pour être heureux :
Pour être heureux chaq'semaine
Il faut v'nir à l'Apollo
Fredonner toute la s'maine
Tous les airs les plus nouveaux
Au cinéma, c'est une veine!
Car les films sont les plus beaux
Pour être heureux chaq'semaine
Il faut v'nir à l'Apollo ».

A la fin des années 1920, un nouveau cinéma apparaît. Initialement conçu pour servir de salle de bal, le Familia, futur Capitole, avait été construit à l'initiative de M.Lompres au début du siècle. Après avoir été transformée un moment en salle de patinage, M.Tonnoir décide d'en faire un cinéma : le Familia. En 1933, cette salle change de nom et de gérant : M. Léon Cochon résidant à Tourcoing et propriétaire du Rex également à Tourcoing, fait du Familia le Capitole lors de la ducasse de septembre. Il souhaite offrir aux spectateurs un confort maximum en proposant 960 places aux sièges rembourrés avec un personnel de cinq employés.

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