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lundi 11 mai 2009

Le Cinéma des familles de Souchez


Une habitation anodine au carrefour d'un village entre Arras et Béthune ? Certes oui, mais également la façade d'un ancien cinéma !

J'ai rencontré le propriétaire de cette maison il y a maintenant environ dix ans. Je me souviens encore très bien de cette après-midi là où Gilbert Delaby me raconta l'aventure de cette salle. Ancien projectionniste du seul cinéma de Souchez, Mr Gilbert Delaby évoque l’histoire de sa salle et se souvient : « Le cinéma de Souchez est née du hasard, d’un concours de circonstance, d’une mauvaise pluie. En 1924, des projectionnistes itinérants vont de ville en village pour proposer des séances en plein air. A leur arrivée à Souchez, un violent orage se déclare. On pense alors la séance remise à plus tard, voir même annulée… Mais les organisateurs vont chercher une vaste salle pour diffuser la magie des images animées. Ils font alors appel à mon père, Jules Delaby qui avait acheté peu de temps avant un hôpital militaire anglais réformé. De ce baraquement en bois, il en a fait un café, un petit salon de coiffure et une habitation pour notre famille. Après la séance, et voyant le pouvoir attractif et fascinant des vues cinématographiques et de leurs histoires merveilleuses, l’idée, toute simple, germe alors : pourquoi ne pas proposer régulièrement à la population des séances ? Grâce à l’aide de M. Liénart, directeur du Casino de Liévin, un ami du frère de mon père, les démarches à Lille sont rapides. Souchez va donc avoir sa propre salle de cinéma… »
«La première séance a lieu la même année 1924. A l’époque, mon père est à la tête d’une petite entreprise aux multiples activités et où tous les membres de la famille participent. Le travail dans la chaussure, la cordonnerie, la coiffure et bien sur le cinéma se font en collectivité et dans la bonne humeur. Le cinéma reste muet jusque 1929. A l’apparition du cinéma parlant, le baraquement est reconstruit en « dur » pour des raisons de sécurité et surtout d’acoustique derrière le café, rue Jean Jaurès afin de satisfaire tous les amateurs de plus en plus exigeants. Il y avait deux bobines par programme avec un entracte au milieu. C’était des films de 35 mm non perforés, et mon père était très embêté par le cadrage qui bougeait. Cela lui posait de nombreuses difficultés. Les spectateurs se plaignaient souvent. Je me souviens que mon père allait souvent à Paris pour régler ces problèmes d’appareil. Quand à moi, je travaillais alors à ses côtés en tant que cordonnier. Il a ensuite fait du Pathé-Baby, 17.5 mm. On proposait des films à épisodes pour attirer la clientèle de Souchez et des environs immédiats. Je me souviens par exemple de Tom Mix avec lequel on a duré près d’un an. La soirée durait environ trois heures. Mon père avait simplement baptisé la salle : «le cinéma des familles». Le matériel n’était pas très lourd et on pouvait même faire du cinéma ambulant, avec mon père et mes frères dans des cafés des alentours. On a commencé à faire du cinéma ambulant à partir de 1934 – 1935. Le samedi et dimanche, c’était cinéma à Souchez. Le dimanche soir, on faisait Souchez et Maroeuil. Le lundi, c’était Carency et Villers-au-bois. Nous avons fait aussi cinéma à Ablain-saint-Nazaire, Givenchy-en-Gohelle, Bailleul-sire-Berthould, Frévin-Capelle.... Dans la voiture, une bonne Citroën C4, on mettait deux appareils et cinq personnes. Lorsque nous faisions des séances dans les villages alentours, nous partions auparavant à vélo pour distribuer des prospectus. On connaissait les clients et on leur portait directement à leur domicile. On n’avait pas les moyens de faire des annonces dans les journaux».
Il ne reste aujourd'hui que les portes vertes à battant qui donnaient accès à la salle (photo ci dessous avec Gilbert Delaby à la fin des années 1990) et le parterre en dur dans la cour de la maison (troisième photo). C’est à contre-cœur que Gilbert Delaby fut obligé par la mairie de démolir la salle qui menaçait la sécurité des voisins par son état de délabrement avancé.











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