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samedi 27 juillet 2013

Portrait de Paul Cieplicki, ancien opérateur du cinéma Gambetta

Un grand merci à Sylvain Babicz de m'avoir fait découvrir cet article du 13 mai 2013 paru dans l"Avenir de l'Artois sur Paul Cieplicki, ancien opérateur-projectionniste au cinéma Gambetta de Marles-les-Mines. Sylvain nous propose également en document, un ancien ticket de cette salle de cinéma, déniché chez sa grand-mère ! 

Voici maintenant cet article signé par Gwenaëlle Défossez. Au tout début de celui-ci, nous pouvons lire que le Gambetta sera prochainement abattu... Si un lecteur de ce blog, un habitant de Marles-les-Mines pourrait nous en dire un peu plus... De mon côté, je mène l'enquête et vous tiens au courant...

Bien qu'il s'apprête à être abattu, l'ancien cinéma Gambetta n'est pas près de voir son âme voler en poussière. Opérateur-projectionniste pendant treize années, Paul Cieplicki n'oubliera jamais l'établissement qu'il a fait vivre. À cette époque, la ville de Marles-les-Mines comptait trois cinémas. Et c'est dès l'âge de 15 ans que le jeune Paul Cieplicki s'y est intéressé de près. « J'aimais ce truc-là ! Quand j'allais au cinéma, je voyais des copains qui étaient aides-opérateurs, je regardais la cabine... J'avais envie d'essayer », se souvient l'octogénaire. Alors quand l'aide-opérateur du Gambetta s'est marié et qu'on est venu chercher Paul au cinéma Aux Variétés, en 1944, il a tout de suite accepté le poste. Un an a passé et l'opérateur-projectionniste en fonction est parti en Pologne : l'occasion pour le Marlésien de prendre la place, et du galon ! À ce moment-là, le jeune homme allait encore au collège et l'argent qu'il gagnait lui permettait d'acheter des fournitures scolaires, qui n'étaient alors pas distribuées gratuitement. Puis Paul a terminé l'école et commencé à travailler aux Houillères nationales, comme technicien. Mais ce n'est pas pour autant qu'il a laissé le cinéma de côté. « Je finissais mon travail aux Houillères et j'allais au cinéma. J'arrivais au moins une heure avant les séances. » L'homme s'appliquait alors à contrôler chaque bobine. « Je vérifiais tous les collages.

Quand ça cassait, les gens devaient attendre qu'on répare. Mais moi je pouvais projeter en étant dehors : le film ne cassait plus ! Je voulais faire quelque chose de bien. » En ce temps-là, les séances étaient programmées le samedi à 20h, le dimanche à 16h30 - pour la jeunesse - et 20h, et le lundi à 19h. Les jours fériés, deux séances avaient lieu également. Chacune se composait des actualités et d'un documentaire, suivis d'un entracte - les spectateurs se régalaient alors de "skis" ou de cacahuètes -, avant que ne démarre le film. Jusqu'à ce que la Deuxième Guerre mondiale éclate. Là, plus d'entracte : les habitants devaient respecter le couvre-feu et être rentrés à 22h. Alors l'entracte était supprimé : « Il fallait aller vite ! » Pour autant, le cinéma ne désemplissait pas. Bien au contraire. « La salle était bondée car il n'y avait aucune autre occupation ou distraction - plus de bal non plus. Et les horaires étaient adaptés pour que les gens soient rentrés à l'heure. » Les 500 sièges - 350 en bas et 150 au balcon - trouvaient preneurs. Et toute une équipe était là pour accueillir les spectateurs : deux portiers qui prenaient les tickets - un en bas et un au balcon -, et trois placeurs en tout. Sans oublier l'aide-opérateur et l'opérateur. « Ça faisait du monde pour un cinéma ! Mais c'était rentable car il y avait du monde. » Il faut dire aussi que les tarifs étaient très abordables : ainsi, toute une famille de mineurs pouvait s'offrir une séance. Ce n'était pas un luxe. Mais une bouffée d'air pour ceux qui connaissaient la guerre. « Les gens sortaient ! Aujourd'hui, on ne voit plus personne dehors. C'était l'époque du cinéma  », lance Paul. Et à en croire ses souvenirs, ce devait être quelque chose : « On voyait par la fenêtre les gens qui filaient dans les rues quand la séance allait commencer ! » Et tout avait été bien pensé pour que chacun apprécie le film : « Le cinéma a été bâti aux alentours de 1920-1922 et jusqu'en 1933-1934, on passait des films muets. Il y avait un petit écran avec les sous-titres traduits pour les Polonais qui étaient nombreux. » Un piano était également installé dans les établissements.




La dernière séance

Pendant la valse des propriétaires des cinémas, Paul a finalement rejoint le cinéma Aux Variétés : plus proche de chez lui, il a sauté sur l'occasion. Il y passera dix autres années. Un peu plus tard, en 1974 ou 1975, le Gambetta finit par baisser le rideau. « C'est la télé qui a foutu le cinéma en l'air.

À la fin, on faisait des séances parfois pour quinze personnes. Ça n'était plus rentable. » Un ou deux ans après, la ville rachetait la salle. « Elle servait aux sociétés, pour des spectacles de danse, de théâtre... » Mais entre deux, sollicité par la municipalité, Paul se faisait un plaisir de retourner jouer l'opérateur pour des séances exceptionnelles, pour les écoliers par exemple. Certains s'en souviennent encore. Puis un jour, l'écran fut déchiré accidentellement et les projections définitivement arrêtées.
Plus de quinze ans après être entré une dernière fois dans le cinéma Gambetta, l'homme en garde un très beau souvenir. « J'y pense encore souvent. J'ai fait ça avec amour. J'ai sacrifié mes dimanches, mes jours fériés et les réunions de famille, mais c'était mon dada ! » 

jeudi 25 juillet 2013

Petit résumé des cinémas tourquennois

Petit article de Nord-Eclair publié le 28 avril dernier et qui m'avait échappé (mais beaucoup m'échappent...) consacré à un petit historique des cinémas de Tourcoing. Voici ce texte ci-dessous avec la photo correspondant.


Alors que vient d'être inauguré le multiplexe de Mouscron, petite histoire des salles tourquennoises du septième art. A l'heure du téléchargement des films sur internet et où nous n'avons jamais eu autant de moyens de communiquer et de se divertir, nous trouvions intéressant à Nord éclair de se pencher sur l'un des loisirs favoris du vingtième siècle : le cinéma.

Tourcoing a compté jusqu'à plus d'une dizaine de salles dans ses différents quartiers. A la fin du XIXe siècle, les loisirs favoris sont le théâtre pour les plus aisés et les théâtres de marionnettes à un sou pour les plus modestes.
Tout ceci va être bousculé par l'arrivée de la projection éphémère d'images sur écran, parfois un simple drap tendu faisant l'affaire. En effet, dans ses premiers temps, le cinéma n'est de passage à Tourcoing qu'à l'occasion d'une foire ou d'un cirque. La population est très vite fascinée par ces projections qui représentent une vraie révolution technologique et culturelle (Méliès a ainsi réalisé près de 500 films avec les premiers effets spéciaux).
Aujourd'hui, les cinéphiles tourquennois peuvent se rendre aux Ecrans (5 salles) ou au Fresnoy (ce dernier étant plus que centenaire), Studio national des Arts contemporains depuis 1997, connu mondialement.
Mais il y eut d'autres cinémas. La mémoire collective se souvient bien sûr de l'ABC, rue Nationale, salle construite en 1937-1938 sous le nom de Central-Ciné et qui comportait 3 salles. Renommé Les Arcades, il a été fermé il y a quelques années car ne répondant plus aux normes de sécurité draconiennes de notre temps. Les amateurs de ce charme qui parait aujourd'hui désuet - couleurs marron et orange dominantes suite à un relookage des années 1970 - de ces anciens cinémas, se souviennent également de la salle de l'avenue Dron, actuellement occupée par le Tabernacle. Prévue par Gustave Dron dans le cadre du plan de reconstruction et d'embellissement de la ville après 1914-1918, cette salle construite par Jean-Baptiste Maillard et modernisée par Georges et Marcel Forest en 1939, fut tout d'abord le Concordia Ciné-Théâtre (entrée des artistes rue Carnot). Puis le nom change pour devenir le Vox, ensuite l'Art-Ci (4 salles) et enfin les Arcades, ce dernier nom étant repris par l'ABC à la fermeture de ce cinéma avenue Dron.
Toujours présent également : L'Idéal de la rue des Champs, aujourd'hui salle tourquennoise du Théâtre du Nord dont le rayonnement est au moins national.
D'autres salles furent ouvertes en ville : le Foyer Notre-Dame, aujourd'hui Grand Mix, salle de musiques actuelles ; l'Olympia, rue Houchard ; Le Rex, rue de Mouvaux ; Le Trianon, vers 1925, rue de Wasquehal ; le Familia, ouvert à la fin des années 1930 rue du Brun Pain ; le Pont des Piats, ouvert dans les années 1920 rue du Chevalier-Bayard ; le Normandie, construit dans les années 1950, sans oublier le Rialto, rue des Anges.
Il y avait aussi des projections occasionnelles à l'Hippodrome, place de la Résistance, dans la salle des fêtes de l'EIC ou au Palais d'été rue Charles-Wattinne. Les séances de cinéma en famille et les avant-premières en particulier connaissent un certain succès pour ne pas dire un succès certain dans nos deux cinémas tourquennois, et prolongent ainsi, en la renouvelant, cette longue histoire des écrans tourquennois...  
PETER MAENHOUT
(correspondant local)

vendredi 19 juillet 2013

Souvenirs du tournage de " La Vie est un long fleuve tranquille "


Ce 14 juillet, La Voix du Nord, édition Lille, a publié un article signé par Carine Bausière racontant des souvenirs de tournage du film "La Vie est un long fleuve tranquille". De plus, cet article était accompagné d'une interview de Momo-Benoit Magimel sur ses souvenirs de tournage. Les voici l'un après l'autre... : 

C’est l’une des expressions cultes de ce film sorti en février 1988 sur les écrans. Les raviolis étaient servis tous les lundis aux enfants de la famille Le Quesnoy, rassemblés dans une grande demeure bourgeoise de la rue Jean-Jaurès, à Villeneuve-d’Ascq. Le tournage y a duré plusieurs semaines, à l’été 1987, sous l’œil exigeant du réalisateur Étienne Chatiliez. Depuis, la maison a retrouvé son calme. Sa vie est redevenue un long fleuve tranquille. Mais dans la commune, ils sont plusieurs à se souvenir de cette expérience.

À 82 ans, Jacques Leroy a gardé la mémoire intacte et la prestance de ces héritiers de grandes familles métropolitaines, courtois mais rarement expansifs. Le faire parler du tournage de La vie est un long fleuve tranquille, c’est l’inviter à rouvrir une page de l’histoire familiale qu’il avait tournée il y a bien longtemps. Sans émotion particulière. D’ailleurs, au départ, se souvient-il, la famille était contre ce tournage. « Nous avons été sollicités par la production, qui avait repéré notre maison de famille. Elle avait appartenu à mes grands-parents, puis à mes parents. À cette époque, elle était inhabitée. Nous en avons discuté avec mes sœurs, nous n’étions pas vraiment favorables à ce tournage. Mais le réalisateur, Étienne Chatiliez, a beaucoup insisté. C’était LA maison qui correspondait à ce qu’il cherchait. »
Passionné de cinéma amateur, lui-même cinéaste à ses heures perdues au ciné-club des Flandres, Jacques a fini par donner son accord. Non sans avoir blindé les clauses du contrat, pour protéger ce bien familial à la valeur sentimentale inestimable. « Il a été convenu que nous pouvions passer quand nous le souhaitions, de jour comme de nuit, pour vérifier que tout se passait bien, indique-t-il. Nous avions dû évacuer une partie de notre mobilier, mis à l’abri dans une des pièces. L’équipe a essentiellement utilisé le salon, la grande salle à manger et la petite, le couloir, la cuisine et deux chambres au deuxième étage. Mais comme de nouveaux meubles ont été installés, on reconnaissait plus ou moins notre maison. »
Témoin privilégié de l’avancement du film, le Villeneuvois a régulièrement pu visionner les rushs, en fin de journée, en compagnie de l’équipe technique. Il a « un peu » discuté cadrages et travelling avec Étienne Chatiliez et assisté aux premiers pas d’acteur de Benoît Magimel. « Se dire qu’il a démarré sa carrière dans notre maison, c’est assez exceptionnel », reconnaît-il.
Et puis à la fin de l’été, la production lui a rendu les clés et chacun est reparti vivre sa vie. Tranquillement. « Nous avons gagné un peu d’argent avec ce tournage, pas des sommes mirobolantes non plus, reprend Jacques. Nous l’avons partagé entre nos enfants et nos petits-enfants. Mais par la suite, nous avons refusé les autres sollicitations. » Et la maison a changé récemment de propriétaires. Clap de fin ?

Des demandes chaque semaine !

Pas tout à fait… Gérard Caudron, le maire de Villeneuve-d’Ascq, a validé de nombreuses autres propositions, comme il avait accepté celle-ci à l’époque. Habitant le quartier du Sart, à quelques centaines de mètres de la belle maison bourgeoise, il a lui aussi surveillé attentivement le bon déroulement des opérations. « Pendant plusieurs semaines, de nombreux camions sont restés le long de la rue Jean-Jaurès, dont une partie a été neutralisée à la circulation. Je souhaitais donc limiter au maximum les contraintes pour les riverains et les automobilistes », raconte-t-il.
Évidemment, l’élu était curieux de savoir ce qui pouvait bien se passer derrière les grandes grilles de fer forgé. « J’ai pu rentrer, rencontrer des gens et observer ce qui se faisait. C’est assez impressionnant, au final, de voir la part de ce qui a été tourné et ce qui reste dans le film. Le résultat est toujours étonnant, sourit-il, ravi de l’impact que ce tournage a encore sur sa commune, vingt-cinq ans après. Ce film n’a pas forcément mis Villeneuve-d’Ascq en lumière car plus grand monde ne se souvient qu’il a été tourné en partie chez nous. En revanche, il nous a permis d’être répertorié comme ville d’accueil pour les productions cinématographiques. Et aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans que je signe une autorisation de tourner ! »

Fin du premier article...
Voici l'interview de Benoit Magimel :

Aujourd'hui...

Y a 25 ans...
Vous avez obtenu le rôle de Momo au milieu de 1 600 candidats. Comment avez-vous fait ?
« Je ne savais pas qu’il y avait tant de monde. J’ai entendu parler du casting, j’y suis allé en emmenant une photo de Photomaton. J’ai dû y retourner six ou sept fois, donc au bout d’un moment, j’ai voulu savoir ce qui se passait. On m’a répondu Tu as été pris, tu ne savais pas ?»
Comment avez-vous vécu ce premier tournage de votre carrière ?
« Ça a été une expérience incroyable. J’avais 13 ans, j’étais logé dans un hôtel trois étoiles à Tourcoing, on me donnait de l’argent de poche, c’était le rêve ! Je vivais ce que j’avais envie de faire. Jouer la comédie était un plaisir, je m’attachais à satisfaire le metteur en scène qui faisait figure de père. Tous les adultes étaient très attentionnés envers nous mais, avec les autres enfants, nous étions lâchés, heureux, libres. On s’amusait. Je me souviens qu’à Tourcoing, je me suis retrouvé avec deux policiers en figuration. J’ai pris leur pistolet et je leur ai demandé de faire semblant d’être braqués. Je les tenais en joue du milieu de la rue quand une voiture de vrais policiers en civil est arrivée. Ils m’ont crié Baisse ton arme ! »
Une figurante qui faisait office de nounou nous a confié que vous étiez assez espiègle, effectivement…
« Pour des gens plus classiques, peut-être. Je venais de Paris, ma mère travaillait beaucoup, elle m’avait laissé pas mal de libertés, j’étais donc un gamin débrouillard. Je pense que quand on commence le cinéma à cet âge-là, ce sont les rôles qui vous choisissent, pas l’inverse. Dans ma famille, il y a un côté réussite sociale importante et un autre un peu artiste. Ce qui fait que jouer les petits bourgeois me faisait marrer, mais j’étais beaucoup plus à l’aise dans le rôle de Momo. Dans la grande maison de Villeneuve-d’Ascq, le tournage était moins passionnant. En revanche, je me souviens avoir beaucoup rigolé avec les séquences dans la Deûle. Nous avions glissé de la vraie bière, sans alcool quand même, dans les boissons des petits. On les voit recracher à l’écran, c’est véridique, ils ont trouvé ça dégueulasse ! »
Avez-vous vu d’autres lieux de la métropole lilloise ?
« Je suis allé au marché de Lille, à Wazemmes. Les jeunes acteurs étaient défrayés 300 francs par semaine pour les repas du soir. Mais l’un des ados, âgé de 16 ans, touchait beaucoup plus. Je trouvais ça injuste. Alors j’ai repéré tous les prénoms des filles sur le tournage et je suis allé acheter au marché des bagues plaqué turquoise avec des initiales. Et je les revendais au prix fort sur le plateau ! J’ai fait mon petit commerce… »
Qu’avez-vous pensé du film à sa sortie ?
« Franchement, je pensais qu’il serait naze. Je m’amusais en le tournant, je faisais ce que je pouvais, consciencieusement, scène après scène, mais au fond je préférais de loin les westerns avec Clint Eastwood. Au cinéma, j’ai quand même bien ri avec les scènes des enfants. Je n’ai pas compris tout de suite les subtilités, les caricatures des mondes prolos et cathos. Tout ça, c’est venu en grandissant. Et je trouve qu’ils sont allés un peu fort sur le cliché des Groseille ! »

Autre message posté sur ce sujet : http://cinemasdunord.blogspot.fr/2010/10/la-vie-est-un-long-fleuve-tranquille-et.html

lundi 15 juillet 2013

Une affiche d'un cinéma itinérant à Le Quesnoy

Voici un nouveau document qui va accompagner le fonds pour les prémices de ce qui peut devenir la Maison Régionale du Cinéma. Il s'agit d'une belle affichette encore intacte et découverte récemment. Elle évoque le passage du Modern'-Ciné Parlant au théâtre municipal de la ville du Quesnoy. Les deux grands films à l'affiche nous permettent de donner une année : "Le Refuge" et "Azaïs" sont sortis en 1931 L'idéal serait maintenant de faire parler ce document, de retrouver trace du passage du Modern'Ciné Parlant dans les journaux locaux de l'époque et ainsi mettre un nom derrière cette structure. L'existence de cette affiche nous montre également que, contrairement à une idée reçue, la grande vague des tourneurs proposant du cinéma itinérant ne s'est pas arrêtée avec l'apparition des premières salles sédentaires avant la première guerre mondiale, et que ce phénomène a perduré pendant l'entre-deux guerres. De plus, ce type d'exploitation n'était, à cette époque pas réservé aux petites villes de campagne et que même un ville moyenne comme Le Quesnoy accueillait des cinémas itinérants dans les locaux municipaux. Enfin, ce document est à rapprocher avec une autre affiche disponible sur le blog et proposant du cinéma dans la commune de Herzeele avec une installation itinérante tenue par Arthur Banelle.


Un grand merci à l'ami Bernard Warin qui m'a permis de découvrir ce document sur le site marchand leboncoin.fr !! 
Et un grand merci à Mr J-C E. de Salesches pour avoir confié ce document à la Cinémathèque du Nord-Pas-de-Calais en gestation. Il rejoindra ainsi l'ensemble des autres documents.

dimanche 7 juillet 2013

Interview de Cathy Coppey du groupe O'Ciné

La Voix du Nord du 5 juillet, édition de Saint-Omer, propose une interview de Cathy Coppey réalisée par Amélie Laroze. La voici, accompagnée de la photo correspondant...



La Fête du cinéma s’est terminée mercredi. L’occasion de rencontrer Cathy Coppey, directrice d’Ociné à Saint-Omer et présidente de la Chambre syndicales des directeurs de cinémas du Nord - Pas-de-Calais. Elle livre ses ambitions pour le cinéma dans l’Audomarois et dans la région.

Pour Ociné Saint-Omer, quel bilan dressez-vous de cette 29e Fête du cinéma ?
Nous avons constaté une hausse des entrées de 20 %. C’est en partie grâce à la météo qui nous a été favorable et à la nouvelle formule simplifiée de l’opération, qui fixait le prix du billet à 3,50 €.
Quels sont les films qui ont rencontré le plus de succès ?
Moi, moche et méchant 2 sort du lot. Ensuite, c’est World War Z, le nouveau film de Brad Pitt. Globalement, l’opération a profité à tous les films. L’avantage est que l’opération durait du dimanche au mercredi. Alors le dernier jour, les spectateurs ont pu voir des films qui venaient de sortir, à un prix réduit.
En plus de directrice d’Ociné Saint-Omer, vous êtes présidente de la Chambre syndicale des directeurs de cinémas du Nord - Pas-de-Calais. Quel est votre rôle ?
Avec le conseil d’administration, nous représentons les 242 salles de cinémas de la région, du gros multiplex au petit établissement de village. Nous intervenons à Paris pour communiquer sur les éventuelles difficultés que rencontrent ces cinémas.
Quelles actions mettez-vous en place ?
L’année dernière nous avons lancé l’opération Ciné Sun dans toute la région. Le but était d’inciter les gens à retourner au cinéma au mois de septembre. Cette période est souvent creuse. Et il y a deux ans, nous avons démarché la Région pour obtenir des subventions et permettre aux cinémas de passer à l’ère numérique.
Quelles sont les nouveautés à venir pour Ociné à Saint-Omer ?
En octobre j’aimerais créer des partenariats avec des instances musicales pour organiser des projections d’opéras. Cela sera différent des projections de concerts que l’on a pu faire. Car les opéras sont souvent retransmis en direct. Notre rôle est aussi de proposer des événements culturels à moindre coût.
Les cinémas Ociné de Dunkerque et Maubeuge seront aussi concernés. Je considère le cinéma comme un lieu de vie dans une ville. Alors il faut savoir se renouveler et évoluer, ou nous sommes condamnés à mourir. Depuis deux ans nous sommes passés à l’ère numérique, nous n’avions pas le choix.
Avez-vous d’autres projets ?
En décembre Ociné Saint-Omer fêtera ses quinze ans, alors nous sommes entrain de réfléchir à la mise en place d’un événement. Mais pour l’instant il n’y a rien de décidé, nous avons encore le temps.

vendredi 5 juillet 2013

"Les Reines du ring" : Un Full Monty sauce nordiste ?

les Reines du Ring, déjà mentionné pour son tournage dans notre région en 2012 vient de sortir sur nos écrans. Hélas, pas encore vu, cela ne saurait tarder...

Entrainement sur la plage...
Qui oserait dire que nos plages sont moches ? 

Que nous évoque la promotion du film et les premières images mis à disposition ? Que ce soit la bande annonce officielle ou les petites "pastilles" vidéo dont vous vous trouverez deux exemples ci-dessous... on ne peut être que toucher par la mise en scène du paysage du Nord, la beauté de certaines vues, notamment celles que j'ai choisi pour illustrer cet article et qui résument bien nos paysages : la vue sur les toits depuis le supermarché où travaillent les caissières, et l'entrainement sur les plages du Nord. On perçoit la grandeur et l'âme à travers les façades de briques rouges et les tuiles de nos maisons et on se laisse emporter par la rectitude de nos plages... mais sous la pluie, forcément, c'est le Nord. On évitera donc pas certains clichés qui ont la vie dure, mais cela fait parti du jeu, surtout pour une comédie ! 
En véritable ch'ti, le réalisateur Jean-Marc Rudnicki  a su capter une certaine ambiance. On l'a dit, les paysages sont magnifier. On passe de la poésie de Roubaix aux belles plages du Nord. Mais cependant, on est parfois proche des clichés : l'accent exagéré et à couper au couteau de Corinne Masiero, la locale de l'équipe car natif de Roubaix. Certes, on lui a certainement demandé de pousser ses intonations chtis au maximum. Le contexte également est propre au cinéma "du nord" : une certaine misère sociale avec des caissières sorties tout droit d'un discount... Puisque c'est un film sur le Nord, ce sera lié au monde du travail,  à la monotonie des tâches répétitrices et quotidiennes propres aux nouvelles forçats du travail, à savoir les caissières (pensez aux derniers films ayant eu une caissière comme vedette, si, si, ) à la destruction des liens familiaux et la rédemption qui passera cette fois par le catch. Le hic, à la lecture du pitch du film, des premiers commentaires et de la bande annonce, c'est l'effet Full Monty. Souvenez-vous de cet immense succès du cinéma anglais : pour récupérer son fils, un ancien ouvrier métallo et ses copains chomeurs montent un spectacle de nudisme quasi intégrale, surfant sur la mode des Chippendales. Et le soucis du film est peut-être là : remplacez les Chippendales par le phénomène catch (pas de chance pour le réalisateur, mais le catch commence déjà à passer de mode chez nos ados), remplacez les ex-ouvriers métallo par nos nouvelles prolétaires, les caissières, et retirez le panneau Sheffield par celui de Roubaix et vous obtiendrez notre film. Forcément, sans même l'avoir vu, on peut imaginer la scène où Marilou Berry essaie de convaincre ses amis, sans même l'avoir vu, on imagine les scènes d'entrainement, de doute, peut-être une scène où une des héroïnes renonce... mais finalement, elle revient pour le combat final qui verra notre petit groupe l'emporter haut la main et la maman récupérera son rejeton... un peu comme dans The Full Monty où dans ce type de film...
Mais ne boudons pas notre plaisir ! Et rien pour les paysages et la bonne volonté des actrices se donnant à fond dans leur rôle, souhaitons bonne chance aux "Reines du ring"... Et promis, j'en reparlerais après l'avoir vu, même si ce type de travail est intéressant : comment un film est ressenti, ce que montre les premières images, comment s'effectue la campagne promotionnelle pour lancer ce type de film, etc... 

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jeudi 4 juillet 2013

Encore un cinéma qui passe au numérique !

Le Palace de Cambrai est depuis le début du mois de juillet équipé en numérique.
Voici, ci-dessous l'article de la Voix du Nord signé par Gaëlle Caron et qui raconte cette adaptation... La photo illustrant cet article est également issu de La Voix du Nord

La directrice du Palace prête aux nouvelles technologies du cinéma

Depuis l’automne dernier, toutes les salles du Palace sont équipées de la projection numérique. Une révolution technologique silencieuse. Une évidence pour les plus jeunes cinéphiles. Mais qui ne s’est pas fait en un clap et sans un lourd investissement financier. Retour sur la nécessaire métamorphose du cinéma cambrésien.

Dans la main gauche une bonne vieille bobine de 35 mm, dans la droite un disque dur et une clé USB. Sans oublier l’option téléchargement qui deviendra bientôt la norme et relèguera à leur tour disque dur et clé USB au rang de fossiles... Entre les deux, un monde... Que tous les cinémas ont été contraints de franchir, à moins de vouloir mettre la clé sous la porte. « Il fallait évoluer, se mettre à la page car les distributeurs ne sortent plus de films en 35 mm. Tout est numérisé », souligne Christine Carton, la directrice du Palace depuis 1999.
« Les films nous arrivent sur des disques durs avec une clé de décryptage ou par Globcast, une ligne internet spécifique pour leur téléchargement », précise son mari, Bernard, passé inéluctablement d’opérateur à informaticien... « Ce n’est plus du tout le même métier, la pellicule, la matière n’existent plus. Monter un film, découper, coller, réparer des pannes, tout ça ne se fait plus », détaille le technicien, désormais en mesure de programmer les séances d’une semaine complète, publicités comprises. Et le numérique autorise des petites folies inimaginables sous l’ère de la bobine. « Comme on peut utiliser n’importe quel support, on peut passer les films amateurs réalisés par des associations ou des établissements scolaires», indique Christine Carton, qui a reçu hier matin le lycée Paul-Duez, venu avec la vidéo de son échange avec la base aérienne de Saint-Dizier sur clé USB. « Le numérique offre plein d’opportunités, de possibilités. On peut même imaginer louer une salle du cinéma à un particulier qui voudrait visionner le film de son mariage ! », sourit la directrice qui peut d’ores et déjà lancer le début de la séance depuis les caisses dans le hall et pourrait tout aussi bien le faire à distance via une application iPhone. « Mais ce serait trop impersonnel. Je ne veux pas renoncer au contact, à la proximité », insiste-t-elle.
La numérisation des salles au Palace s’est faite par étapes. La première a été équipée en 2009, dans la foulée de la sortie d’Avatar, le film de science-fiction qui a déclenché le phénomène 3D. Ensuite, le cinéma est passé en double projection sur trois salles, les deux autres restant en 35 mm. Jusqu’à l’arrivée en juin 2012 d’une nouvelle propriétaire, Marie-Laure Couderc, qui a choisi de taper un grand coup en dotant directement l’ensemble du Palace de la deuxième génération numérique. « Comme on changeait de distributeur, j’ai préféré installer le haut de gamme dans les cinq salles (dont trois équipées de projecteurs 3D, ndlr) pour une question d’homogénéïté et de compatibilité », explique la propriétaire, qui annonce tout de go la couleur : 80 000 euros par cabine, soit un total de 400 000 euros. Un investissement considérable pour un retour financier... inexistant. « Ça ne rapporte rien. C’est juste qu’il faut le faire, sinon on ferme », résume-t-elle. Profitez ces mardi et mercredi encore de la nouvelle fête du cinéma, tarif unique de 3,50 euros la séance.