© Olivier JOOS - 2009/2015

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lundi 30 août 2010

Hommage à Fortuné "Alcide" Viart















































































Il y a quelques jours, j'ai appris le décès de Mr Fortuné Viart, surnommé Alcide car ses parents avaient hésité pour le prénom entre Fortuné et Alcide. Finalement, Alcide est devenu un surnom. Le décès est intervenu début décembre 2009. Mr Viart est une des premières personnes que j'ai rencontré au début de mes recherches sur les salles de cinéma. Retrouvez sa trace a été un long parcours. Directeur du cinéma les Variétés d'Aubigny-en-Artois, Mr Viart a également été coiffeur et gérant d'un tabac-PMU, toujours à Aubigny. C'est bien sur en sa qualité de gérant de cinéma que j'ai rencontré Fortuné "Alcide". De longues heures de conversation, lors de deux entretiens successifs, m'ont permis de me familiariser avec la vie des gérants de cinéma dans les années 50 / 60 et ont permis de m'imprégner de l'ambiance si particulière de ces multiples cinémas de notre région. Ce n'est pas à Aubigny-en-Artois, mais... à Bray-Dunes que j'ai retrouvé trace d'"Alcide". Il y coulait une retraite paisible en compagnie de son épouse, Simone, née Vannoorenberge, qui n'est autre que la fille du créateur du célèbre Fa-Mi-La de Bray-Dunes. Je me souviens comment Fortuné m'a raconté la première rencontre avec celle qui deviendra son épouse. C'était, si je m'en souviens bien, avant guerre, alors que Fortuné était en stage de coiffure dans un salon en face du Fa-Mi-La. Rencontre entre Fortuné et "Alcide", un amour naissant et une passion pour le Septième Art. Plus de dix ans ont passé depuis ma dernière rencontre avec fortuné "Alcide"Viart, mais cela reste gravé dans ma mémoire et une part importante de mon travail et des recherches que relatent ce blog lui sont liés... Un grand merci à lui.
Légende de ce document très rare : la carte professionnelle de Fortuné "Alcide" Viart délivrée par les forces d'occupation Nazie afin que Fortuné puisse se rendre à Lille pour avoir des bobines de films.

samedi 28 août 2010

Le cinéma Modern' d'Arques

Voici la destinée du Cinéma Modern de Arques, également dénommé le cinéma Bart du nom de son propriétaire Benjamin Bart, vétéran de la Grande Guerre et seul exploitant du cinéma arquois des origines en 1918 jusque... 1964, soit une projection ininterrompue de quasi 44 ans.



Arques. Première Guerre mondiale. La ville est alors un immense cantonnement de l'armée britannique, à proximité du front. Alors qu'ils résident dans des hôtels, ou pensions boulevard de la Liberté, les officiers de sa Gracieuse Majesté ont l'idée de réquisitionner la salle des fêtes toute proche, propriété de Mme Berquer, également gérante d'un restaurant. L'idée ? En faire un lieu de projections cinématographiques pour la troupe. Films et actualités se succèdent pour la plus grande joie des soldats du monde britannique. 1918 : la paix. Départ des anglais qui laissent le matériel de projection. Retour à la civile pour le soldat Benjamin Bart qui épouse la petite-fille de Mme Berquer. Arquois, mais né à Racquighem le 27 mai 1896, Bart est le dernier d'une grande fratrie de 8 frères dont le père est menuisier. Il a bravement combattu au front, revenant en partie victime des gazs allemands. Alors qu'il n'avait aucun projet professionnel, peut-être transporteur, Benjamin saisit l'opportunité de la salle équipée. Voyant le succès des projections, il décide de reprendre l'affaire, profitant dans la salle d'une estrade et d'un piano. L'intérieur est aménagé avec des bancs et sièges basculants, des claquettes en bois avec simili cuir sur les sièges et un grand foyer au milieu de la pièce. Benjamin a deux fils, Jacques et Emile, qui donnent des coups de main au travail dans la salle. Emile se souvient par exemple de l'émoi face au film « les gueules cassées ». Cette production a du toucher Benjamin, acteur de la Grande Guerre. L'appareil employé est un Pathé SuperRural. Pendant longtemps, Bart va resté en 16 mm avant de passer en 35 mm. Son principal fournisseur est la Maison Pathé. Les films venaient de Lille et Benjamin Bart se rendait chaque vendredi dans la capitale des Flandres afin de se procurer des bobines. Il partait le vendredi matin pour revenir dans la nuit, voir même le lendemain matin. Outre la projection de films, le cinéma Bart propose également des scènes d'actualités locales. En effet, Benjamin possède une caméra manuelle et film les événements locaux : sports, carnavals, défilés,... Il y a alors un monde fou pour ces projections. Grand orchestrateur des plaisirs cinématographiques arquois, Benjamin devient une personnalité dans la ville, un véritable notable que son comportement un brin noceur et bon vivant accentue.




1939 : Benjamin Bart est mobilisé, rappelé à Saint-Quentin. André Sacépé aide alors à la projection.1940 : 300 places, salle jugée en bon état par l'occupant, avec une surface de 180 m2, 20 mètres sur 9. La salle va connaître un monde fou pendant l'occupation. Il est souvent nécessaire d'aller chercher des sièges dans le café d'à côté. Les gens sont souvent debout pour assister au spectacle. Libération. 1948 _ 1949, Benjamin Bart décide de reconstruire entièrement le cinéma, avec une nouvelle entrée rue du gaz alors qu'auparavant, on y accédait par le boulevard de la Liberté. Ces travaux ont été considérables : refaire entièrement une salle de cinéma. Maçonnerie, menuiserie,...il faut tout faire. Jeune ouvrier chez Durand, Emile donne un coup de main à son père. Pour faire une vraie salle de cinéma, les Bart procède à une surélévation progressive du fond de la salle pour que tout le monde profite du spectacle. Il a fallu baisser une bonne partie du plancher, creuser, et remonter l'arrière de la salle. Travaux importants et pénibles, faits par Benjamin, son frère Lucien et son fils Emile. On aménage un comptoir pour la confiserie. On accède à la salle par une porte à double battant. La cabine se trouve au-dessus des portes à battant. Il y a maintenant deux projecteurs avec deux fenètres de projection pour, dorénavant 2 à 3 bobines par films et les actualités. Le système de chauffage se fait dorénavant à air pulsé. Les sièges en bois ont laissé place a des fauteuils rembourrés. Il y a parfois des bals, des prestidigitateurs pendant les entractes. Benjamin habite à une cinquantaine de mètres de la salle. Bart noue de très bonnes relations avec les salles des communes environnantes, notamment avec Eloi Rémond de Wizernes. La salle de cinéma est alors un véritable aimant. Ainsi, Mme clément avec son panier vend des confiseries, une baraque a frites en provenance de Saint-Omer se place à l'entrée, au coin et les deux bistrots des environs immédiats font systématiquement le plein. Les séances ont alors lieu le samedi soir, le dimanche après-midi et le dimanche soir pour un film par semaine, ce qui donne, lorsque la salle est pleine, et elle l'est souvent, plrès de 900 spectateurs pour trois séances, 1200 lorsqu'il y a séance le lundi soir, ce qui arrive parfois.




Benjamin tombe gravement malade. Longtemps abandonnée, la salle a été racheté par la boulangerie voisine pour une extension du commerce. Le bâtiment est ensuite revendu à la cristallerie qui décide de l'abattre afin d'en faire un parking.

Légende des documents : deux photographies exceptionnelles provenant de la collection privée d'Emile Bart, fils de Benjamin Bart. En haut, la carte professionnelle de Benjamin. En bas, Benjamin surveille l'avancée des travaux lors de la reconstruction du Modern' à la fin des années 40. Encore un grand merci à Emile Bart sans qui cet article n'aurait jamais vu le jour !!!

jeudi 26 août 2010

Au Travelling de Courrières : « c'est difficile mais ça tourne ! »


Voici un article issu de La Voix du Nord édition Hénin-Carvin consacré au cinéma municipal Le Travelling. L'article est daté du 9 août 2010 et il est signé par Anne-Claire Guilain.


    Dur, dur d'être un petit cinéma mono-salle à l'heure du tout numérique, de la 3D et des énormes complexes qui drainent tous les spectateurs alentours. Le Travelling de Courrières est de ces structures qui craignent les actuels grands bouleversements cinématographiques mais qui s'accrochent pour proposer à tous les dernières sorties à petits prix. Mais combien de temps encore ?


    1. Le tout numérique et la 3D : un luxe !


    C'est la révolution dans le cinéma ! Tous les gros complexes s'engouffrent dans le tout numérique qui offre une qualité d'image optimale. Et la 3D vient renforcer ce phénomène et fait entrer les films dans une nouvelle ère.


    Et quand on n'a pas les moyens, qu'est-ce qu'on fait ? « On y pense depuis longtemps et on espère avoir un jour des subventions pour installer le numérique, mais ça nous coûterait entre 80 000 et 150 000 E environ », expliquent Franck Defives et Marc-Antoine Verstaen, les deux opérateurs projectionnistes du Travelling. En attendant : « c'est difficile. On est limité en nombre de séances (sept par semaine en moyenne et 8 à 10 pendant les vacances scolaires), en nombre de films... Et on n'a pas forcément les grosses sorties ou on les a tard. Avant, c'était 3 à 4 semaines après la sortie nationale, maintenant c'est parfois 6 à 7 semaines après. » La faute à qui ? Au numérique. « En fait, je pense qu'il y a de moins en moins de copies pellicule et en plus les distributeurs privilégient les grandes salles, qui drainent plus de personnes pour plus rentabiliser », poursuit Marc-Antoine Verstaen. Du coup, les petites salles comme le Travelling peinent à avoir les films, doivent passer par un programmateur qui organise un réseau entre petits cinémas pour que les bandes circulent. Au final, les films arrivent donc plus tard et l'équipe du Travelling n'arrive pas à savoir le programme à l'avance, d'où la programmation communiquée semaine par semaine.


    2. L'avenir des petites salles en question Le numérique signifie-t-il la mort des cinémas mono-salle ? Car avec la réduction du temps de sortie en DVD (passé récemment de six mois à quatre mois pour éviter le piratage informatique), c'étaient déjà les petites salles qui souffraient. Mais avec la 3D, c'est pire. « Si nous n'étions pas un cinéma municipal avec une ville qui a une politique culturelle importante, on aurait vraiment du mal. Mais là, on arrive à tourner correctement et on s'en sort, surtout quand on regarde les chiffres des autres mono-salles de la région, ça se passe plutôt pas mal pour nous. » La solution ne serait-elle pas alors de se tourner vers l'art et l'essai, c'est-à-dire de programmer des films anciens que l'on aurait plaisir à revoir sur grand écran plutôt que de s'accrocher aux dernières sorties ? Le non est catégorique pour les deux opérateurs-projectionnistes. « Ce ne serait pas rentable, car on n'a pas le public ici pour ça et en plus les copies des films plus anciens sont plus chères que les copies de films récents. On ne pourrait pas s'en sortir. » Mais des projets, l'équipe du cinéma en a, comme de collaborer à l'opération « école et cinéma » (les écoliers viennent voir un film étudié en classe), d'organiser des ciné-goûters, et d'entrevoir une programmation particulière en partenariat avec la médiathèque. Mais la véritable force de ce petit cinéma, « c'est notre prix ! » De 3 à 5 euros : on est loin des tarifs des multiplexes qui sont passés de 8 à plus de 10 E aujourd'hui avec la 3D.


    3.La fermeture estivale,à partir du 16 août Tous les ans, le Travelling ferme ses portes durant un mois, clairement pour des questions financières, histoire de faire quelques économies. « Avant on fermait du 15 juillet au 15 août mais du coup on refusait beaucoup de groupes du centre de loisirs. Depuis deux ans, on ferme du 15 août au 15 septembre. Mais ce n'est peut-être pas le plus judicieux. Nous reverrons nos dates de fermeture l'année prochaine. »

    Légende de la photo : Ils sont trois employés municipaux au Travelling, deux opérateurs - projectionnistes et un ouvreur.

mardi 17 août 2010

Le Normandy puis Le Select du Touquet

Situé au 26 rue Saint-Jean, la rue commerçante du Touquet, la salle du Normandy, nommée également le Select dans les années 50, a une capacité d'environ 420 / 450 places. Francis Lacloche, dans son ouvrage consacré à l'architecture des cinémas note que cette salle s'inspire des pavillons de bord de mer, et l'auteur montre que ce cinéma ressemble à d'autre salles du littoral d'outre-Manche. En juillet 1940, le locataire de cette salle est Francis François, résidant alors au 10 avenue de la gare à Berck. Le recensement demandé par les troupes allemandes nous apprend qu'il vient alors souvent au Touquet ou il est en relation avec les autorités occupantes. En bon état, la salle est alors réquisitionnée par les troupes occupantes pour leur usage. Aujourd'hui ce cinéma est intégré dans le complexe du casino du Touquet.
Voici l'intégralité du texte de l'historique de cette salle provenant de la base Mérimée. Plutôt que de construire un nouveau texte, et en attendant de recevoir de nouvelles informations et de nouveaux documents, voici le texte issu de http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr
" Cinéma construit en 1927 par Louis Quételart sur les vestiges du bâtiment d' Auguste Bluysen ravagé par un incendie. Cette construction, illustration du style touquettois moderne, a subi de regrettables transformations. La façade rue Saint Jean se retournait à l' origine sur une cour terrasse.
D' après " La Construction moderne ", le café-bar-restaurant, annexe mitoyenne de l' hôtel de voyageurs Normandy conçu par Auguste Bluysen, était en pan de bois et de style pittoresque, le petit côté donnant sur la rue ; à gauche, le long du grand côté, se trouvait une cour à usage de café entourée d' une galerie en bois ; il abritait à l' étage des chambres de l' hôtel Normandy. De l' œuvre de Bluysen, le corps de bâtiment principal à un étage carré en pan de bois qui abritait café, restaurant et dancing ayant été ravagé par un incendie, Quételart a conservé la clôture de poteaux couverte d' un petit toit, donnant sur la rue et permettant d' accéder à la cour, à gauche de l' édifice qu' il a reconstruit en 1927-28 à l' emplacement du bâtiment incendié de Bluysen ; cette clôture et la cour ont disparu à une date indéterminée, remplacées par une salle de jeux ; il a également conservé le corps de bâtiment, en rez-de-chaussée à étage de comble, en pan de bois à demi-croupe, en fond de cour. L' escalier est situé au revers de la façade ; on le devine en façade par les trois étroites fenêtres, de hauteur différente, qui l' éclairent ; il est tournant avec jour central et construit en maçonnerie. Au rez-de-chaussée, l' édifice ouvre par une grande arcade en plein-cintre donnant sur le bar, longé du côté de la cour par un passage couvert par le balcon le surplombant ; le bar est prolongé par un dancing ; entre les deux, l' extrémité droite du corps de bâtiment de Bluysen conservé comprend vestiaires, toilettes et salle de billard. A l' étage, se trouve la salle de cinéma à laquelle on accède depuis l' escalier par un petit hall ; une petite tribune, destinée à recevoir un petit orchestre ; est prolongée par une scène qui va jusqu' au mur du fond où se trouve l' écran (la salle contient 314 places au parterre) ; l' extrémité droite du corps de bâtiment de Bluysen est occupée par un bureau et des toilettes. L' étage de comble est occupé en façade par un bureau, à l' arrière duquel se trouve la cabine de projection ; les parties arrière et latérales surplombant la salle de cinéma sont occupées par des loges (50 places) et des balcons (60 places). Sur la cour, le bar ouvre par trois grandes arcades en plein-cintre ; un escalier extérieur en équerre permet d' accéder à l' étage où une terrasse-promenoir file tout le long de la façade latérale, ouvrant sur la salle de cinéma et où on peut se rendre pendant les entractes. L' édifice construit par Louis Quételart, de style Art Déco, est complexe, particulièrement en façade ; celle-ci est signalée par un haut pilier biseauté portant verticalement l' inscription CINEMA (autrefois NORMANDY). L' édifice est signé et daté à gauche : Quételart/architecte 1928/Pentier frères entr. L' édifice est construit en béton enduit et couvert de tuile plate ; la toiture, complexe, est à longs pans, pignon couvert, croupe et demi-croupe. "
Jean-Marie Prevost tient à nous apporter des précisions concernant ce cinéma : la cour de ce cinéma a été fermée après l'ouverture du cinéma Les 3 As qui correspond approximativement à la femeture du Select. Cela a permis de faire un restaurant et une modification complète. Les 3 As ont ouvert en 1986 avec le film d'inauguration de Beinex : "37.2 le matin". Au Select, la cabine se situait au dessus du bureau. D'un point de vue technique, l'ecran faisait une base de 9 m en scope. Le matériel cinématographique jusqu'en 1973/74 était 2 bases 35mm charlin avec lanterne à arc reinarc, ampli charlin actua, puis symphonic 30b, haut-parleur de scene charlin steillor. En 1973, changement de matériel avec dépose de la cabine et installation d'une cabine double au xénon d'occasion qui revenait du 76. 2 projecteurs cinemeccanica victoria 10 avec la chaine sonore magnetique 4 pistes,et reproduction stereo de facade. 2 lanternes au xénon verticales 1600 w et une chaine sonore magnetique qui n'a dût servir qu'une fois pour le film "Rencontre du troisième type ", film qui était sorti en piste magnétique. Ce son magnétique etait le seul moyen de reproduire la stéréo dans la salle avant l'arrivée du Dolby stéréo. Cette chaine ne servait simplement que pour la musique ambiance qui etait en stéréo.
Des souvenirs de cette salle ? Un ticket de cinéma ? un programme ? des photos perso ?? N'hésitez pas !!

lundi 16 août 2010

Dernières photos du Casino de Cassel







Voici en vrac les dernières photos de la destruction de l'ancien cinéma Casino de Cassel. On reconnait sur les clichés une rampe d'escalier, le bas du bâtiment, une porte,...


Vous avez des souvenirs de ce cinéma, un ancien programme, un ticjet,... vous y avez vu votre premier film ? Vous étiez assidu à cette salle ? Vous y avez rencontré votre premier flirt ? N'hésitez pas à me contacter...








mercredi 4 août 2010

Les cinémas de Bailleul, des origines au Flandria

Un grand merci à Daniel Granval pour le texte ci-dessous, présentant l'histoire des salles de cinéma à Bailleul, ainsi qu'une présentation de l'actuel Flandria... Encore un grand merci à lui !!!

En 1910 eut lieu à Bailleul la première séance inaugurale à l’hôtel du « Canon d’or ». Les prix variaient entre 1 francs et 0,25 francs. On y présentait une série de dix petits films parmi lesquels « Zigomar a mangé une éponge », « La famille Panouillard à Lunapark », « Les singeries du Dr Ravioli » et « Angoisse de Thelo ».
En 1925, apparaissent régulièrement dans la presse locale, les programmes de deux cinémas. Il y avait le « Palace » rue des Moulins et le cinéma « Nelle Vanuxem » dans la rue d’Ypres. Il y avait également le « Renaissance » rue de Cassel qui faisait également café-restaurant. L’exploitant y organisait aussi régulièrement des bals. La direction était alors assurée par Levy-Cateau. Il y a donc eu une période au cours de laquelle Bailleul avait trois cinémas. Le « Renaissance était mis en vente en juillet 1928. L’ensemble de la propriété comportait 542 m². La salle était équipée de fauteuils pliants à rangées mobiles et le hall d’un comptoir. C’est probablement Monsieur F Herreng qui en fut l’acquéreur et l’exploita au début des années trente. La salle était aménagée dans un baraquement. Les exploitants de ce cinéma ont évacué en 1940 et la salle est restée fermée plusieurs mois. Ils ne sont pas revenus et ont préféré vendre leur affaire. C’est Monsieur Ryckebusch qui l’a repris au début de l’occupation. « La Renaissance » a tourné pendant tout le reste de la guerre. A l’issue du conflit, le propriétaire fit construire en bâtiment en dur autour du baraquement, tout en continuant l’exploitation. C’est ainsi que fut créé le « Casino »au 10 de la rue de Cassel. Cette salle comportait plus de mille places. On y faisait souvent des bals. Monsieur et Madame Ryckebusch y aurait même reçu Johnny Halliday. A l’époque, les distributeurs lillois étaient lassés par certains exploitants qui « oubliaient » de déclarer la totalité des recettes. Ils soupçonnaient l’exploitant du Casino d’en faire partie. D’autre part selon eux, celui-ci abusait de sa position de monopole sur Bailleul, et ils auraient aimé qu’il y ait un concurrent. Pour une ville comme Bailleul, un seul cinéma, ça n’était pas beaucoup. A l’époque il y en avait deux à Merville, qui était une commune plus petite. Ainsi, lorsqu’ils apprirent que le jeune Pierre Delabaere qui avait déjà des membres de sa famille dans l’exploitation était intéressé pour s’y lancer à son tour, ils l’encouragèrent à s’installer à Bailleul. Pierre Delabaere avait deux frères qui exploitaient chacun une salle dans la région de Maubeuge et un oncle qui était installé à Avesne sur Helpe.
La première projection eut lieu au Flandria la semaine de la Toussaint de l’année 1948 avec le film « La pocharde ». La projection se faisait en 16mm. Pierre Delabaere s’était installé dans une salle qui servait aux combats de coqs et comme marché couvert pour les fermiers le mardi. Après une période d’essai d’un an, il passa au 35 mm et apporta quelques transformations de la salle. Notamment, il rehaussa le plafond qui était trop bas pour le nouveau format de projection. Le premier film programmé en 35 était « Pour qui sonne le glas ». Le fond de commerce appartenait à Charles, Jacques, Jean et Pierre Delabaere. En juin 1952, les trois premiers ont signé un bail à l’encontre du quatrième, lui accordant la gérance libre pour une durée d’un an reconductible chaque année. Les locaux appartenaient à Madame veuve Croquette-Huyghe qui en resta propriétaire jusqu’au rachat par la ville de Bailleul en 1991. A l’époque, Monsieur Delabaere payait un loyer de deux milles francs par an à Madame Croquette pour les bâtiments et soixante milles aux propriétaires du fond de commerce. Nous avons noté un petit amusant dans le bail en question. Il est précisé dans les conditions à l’alinéa 2 que le preneur devrai faire en sorte de n’avoir que de bons rapports avec la clientèle. Lorsqu’on connait Pierre Delabaere, c’était vraiment une précision superflue.
Monsieur Delabaere devait cohabiter avec le café voisin et notamment partager les mêmes toilettes. Cela l’obligeait de distribuer des tickets de sortie à l’entr’acte aux spectateurs qui allaient aux toilettes pour éviter les fraudes.
Le 9 juin 1950 Monsieur Ryckenbusch était condamné par le CNC à payer une amende qu’il refusa de régler. Après plusieurs appels sans effet, le directeur général du Centre National de la Cinématographie décida le 6 décembre de la fermeture du « Renaissance » » pour la période du 15 décembre 1950 au 15 janvier 1951. Devant cette menace imminente l’exploitant finit par céder et paya l’amende. Le 26 décembre 1950 le préfet écrivit au commissaire pour l’informer qu’il avait été avisé par le CNC que la décision de fermeture était du fait que le responsable de l’établissement avait payé l’amende dont il était redevable.
Deux ans plus tard, Monsieur Ryckenbusch se montra plus malin. Pour ne pas avoir versé une nouvelle amende qui lui était infligée et suite aux menaces de l’organisme officiel de fermer sa salle, Monsieur Ryckenbusch avait en fait déposé au conseil d’état le 24 novembre 1951 un recours enregistré sous le n°17.722. . Le CNC malgré les deux notifications qu’il envoya en 1952 à l’exploitant ne pouvait sanctionner celui-ci aussi longtemps que le conseil d’état n’avait pas statué sur le litige.
Le « Casino » a fermé vers la fin des années soixante. Il est devenu un magasin de soldes en textiles. En 1990, Pierre Delabaere éprouve des difficultés à passer la crise de l’exploitation qui sévit dans cette période. Les entrées ont baissé. Régulièrement, la salle ferme au prétexte de travaux, mais personne n’est dupe. Le « Flandria » est malade. Il prend des contacts avec Jean Delobel, le maire de la commune qui est un passionné de cinéma et un ancien client assidu des cinés Clubs. Un accord est passé entre l’exploitant et la ville. Monsieur Delabaere cesse son activité le 31 décembre 1990. Le « Flandria » est fermé pour une courte période, le temps que certaines formalités soient accomplies. La ville rachète les locaux à Madame Croquette et confie la gestion du cinéma à une association « l’OMJCEP ». Daniel Granval, bénévole depuis plus de vingt ans au Familia de Merville propose gratuitement ses services. Il est nommé coordinateur et Vice président de l’association, responsable de la partie cinéma. Un salarié à temps plein est embauché et une équipe de bénévoles est constituée. L’OMJCEP crée une commission cinéma pour faire participer les habitants à la vie de leur salle. C’est avec une nouvelle équipe que redémarre le « Flandria » le 1er février 1991. Certaines personnes pessimistes prévoyaient un gouffre financier en faisant référence à certaines situations catastrophique dans la région. Le maire de Bailleul, lui y croyait. Sa croyance était renforcée par le point d’Henri Deschamps, président de la chambre syndicale et Monsieur Tavernier, le délégué du CNC. Daniel Granval pensait qu’avec une bonne gestion, la subvention d’équilibre de 75000.00 francs accordée par la municipalité était largement suffisante pour faire fonctionner un cinéma. Cela se confirmait, et au terme du premier exercice, elle fut même réduire à 70000.00 pour montrer symboliquement qu’une salle municipale n’était pas un gouffre financier. Depuis, l’expérience de Bailleul s’est reproduite dans de nombreuses communes de la région, Merville, Aires sur la Lys, Desvres, Marcq en Baroeul, etc.
Le « Flandria » avait cependant besoin d’un lifting. Un dossier bien monté permettant une participation de l’état grâce à l’aide sélective, du département et de la région a permis d’en financer une bonne partie. Il n’y a plus d’entrée directe sur la rue. Les spectateurs accèdent au cinéma par un hall, petit, mais convivial et sympathique. L’entrée se fait par le fond de la salle et les fauteuils sont centrés. Une pente permet une meilleure visibilité. La décoration est sobre. La cabine a été entièrement rénovée, et grâce au plan son géré par le Centre National de la Cinématographie, le « Flandria » est équipé du dolby digital. Ces travaux, un accueil convivial et une programmation qui offre des films rapidement ont permis au cinéma de Bailleul de voir arriver le « Kinépolis » avec sérénité. Depuis l’ouverture du géant de Lomme, les entrées ont légèrement augmenté. La salle tourne environ à vingt mille entrées par an pour une estimation de départ de treize milles. Cela a permis de réaliser des excédents qui ont financé certains aménagements, démontrant ainsi une fois de plus que le pessimisme n’était pas de rigueur.
Certains appellent Bailleul « Le Hollywood des Flandres ». C’est vrai qu’on y tourne régulièrement des films. Les plus médiatisés sont les œuvres de Bruno Dumont « La vie de Jésus » et « L’humanité ». Le premier attirait une foule considérable au Flandria. Les Bailleulois étaient curieux de voir comment était représentée leur ville dans un long métrage. La salle était comble lors d’un débat avec le réalisateur. La discussion dura plus d’une heure et demie. Le second attira moins de monde, mais le cinéma de Bailleul enregistra quand même l’un des meilleurs scores du film. Il faut dire que malgré les récompenses Cannoises, et notamment les prix d’interprétation pour Séverine Caneele et Emmanuel Schotté, « L’humanité » n’a pas connu un succès public. Il a réalisé moins d’entrée en France que « La vie de Jésus ».




Daniel Granval




Légende des photos : Deux vues de l'intérieur du Flandria lors de la projection de "Welcome"

lundi 2 août 2010

Bernard Coppey, exploitant de cinéma, de ses débuts à la création du O'Ciné


S'il y a un nom synonyme de cinéma à Saint-Omer depuis près d'un demi-siècle, c'est bien celui de Coppey. Bernard Coppey. Entrons avec lui dans un demi-siècle d'histoire du cinéma et voyons ainsi l'évolution de cette forme de spectacle à travers ces crises et ses révolutions... Cette histoire audomaroise commence à... Bourbourg, ville dont est originaire la famille Coppey. Cette dynastie d'exploitants débute avec Roger, le père de Bernard Coppey. Orphelin de la Grande Guerre, menuisier, Roger Coppey travaille dans la réparation des moulins. C'est la tante de Roger Coppey qui se lance la première dans l'aventure de l'exploitation cinématographique. En récupérant un projecteur chez un forain, elle ouvre le Cinéma Français, rue des écoles, face à l'église provisoire de Bourbourg. Roger donne un coup de main lors des séances le week-end. La salle est alors une vieille grange avec des bancs à claquettes. On peut placer 200 spectateurs, mais c'est souvent 300 personnes qui s'y pressent. Le Ciné Central qui trône sur la place de Bourbourg a été construit vers 1951 – 1952 grâce aux dommages de guerre. Le jeune Bernard vend des bonbons avec un panier. Déjà habile négociateur, il reçoit un pourcentage sur cette vente. Roger y travaille de plus en plus. Contrairement à aujourd'hui, il faut du temps pour qu'un film passe à Bourbourg, près d'un an, après la première parisienne. Il faut aussi attendre que les copies soient passées à Dunkerque. Adolescent, les parents de Bernard souhaitent qu'il fasse des études de mécanique. Les études se font au lycée de Dunkerque, avant un départ pour un service militaire en Algérie. Cependant, au décès de son père, Bernard est rapatrié et gère alors le cinéma de Bourbourg, avec sa mère et son frère. Mais cette ville est trop petite pour l'ambition de Bernard et c'est un peu par hasard qu'il se tourne vers Saint-Omer afin de se lancer dans le commerce, activité qui l'a toujours intéressé. A 22 ans, Bernard gère l'activité commerciale de la gare routière, cette dernière se trouvant... à l'emplacement de l'actuel O'Ciné. Puis, il se lance dans la gestion d'un pub rue de Dunkerque. Mais le cinéma reste le dada de Bernard. Tout en s'intéressant aux salles déjà existantes, il souhaite alors monter une salle dans cette même rue de Dunkerque. Mais c'est finalement vers le Rex que sa volonté va se concrétiser. Il rachète le fond de commerce et prend son indépendance en 1975. Coppey a de la volonté. D'une salle unique, il transforme le Rex en multisalles, réagissant ainsi à St-Omer comme cela se faisait dans d'autres villes. Face à la crise du cinéma des années 70, il faut transformer les salles uniques en multiplexes de plusieurs salles. Adieu la grande salle du Rex de 750 places, et bonjour le Rex, d'abord version 2 salles, puis 3 salles, puis enfin 6 salles. Le terrain derrière le cinéma est ainsi racheté pour cet agrandissement. Cette transformation se révèle payante et le Rex attire 400.000 spectateurs en 1982/83. En 1984, la société Coppey rachète le cinéma Paris de Maubeuge. Mais un autre projet intéresse Bernard Coppey : fonder son propre cinéma. Ce sera le O'Ciné... Mais ceci est une autre histoire...