© Olivier JOOS - 2009/2015

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mercredi 30 décembre 2009

Le blog cinemasdunord dans La Voix du Nord

Aujourd'hui mercredi 30 décembre, pour terminer l'année en beauté, le blog cinemasdunord a été selectionné pour être le blog de la semaine, présenté dans l'avant-dernière page de La Voix du Nord.
Outre une présentation du blog, La Voix du Nord mentionne l'intérêt d'un tel site internet dans la préservation du patrimoine cinématographique dans notre région.
Bienvenue aux lecteurs qui rejoignent ainsi ce blog grâce à La voix du Nord.
L'article sera prochainement scanné et présenté ici-même pour ceux qui ne l'ont pas vu.
Amicalement.

samedi 26 décembre 2009

La façade de l'Apollo de Lens



Le 5 décembre 2009, un article de l'édition lensoise de La Voix du nord mentionnait que la façade de l'ancien cinéma de l'Apollo de Lens allait être sauver, incorporer dans un vaste chantier de rénovation urbaine des façades de la place de la gare. Avec cette bonne nouvelle se clôt, certainement momentanément, le devenir de la mythique salle de l'Apollo lensois. Afin de mieux comprendre cette situation, revenons au commencement...
En effet, cette façade a connu de nombreux déboires, liés bien sur au devenir de la salle elle-même. Fermé le 31 décembre 2000, avec une ultime séance dans la grande salle à 15 heures pour une dizaine de spectateurs qui avaient fait le déplacement (le film alors proposé était « A l'aube du Sixième jour », avec Arnold Schwartznegger), l'Apollo a ensuite été abandonné, tombant doucement en décrépitude, dans un total oubli pendant plus de trois ans et demi, faisant certainement la joie de squatteurs. En octobre 2004, le tribunal de commerce de Paris ordonne la liquidation de biens de la société des cinémas Bertrand. La municipalité rachète alors le bâtiment à la société qui exploitait le cinéma par l'intermédiaire d'un Etablissement public foncier. L'estimation du coût est d'un peu moins de 2 millions d'Euros. Mais que faire de la salle ? Difficile d'en faire une nouvelle salle de spectacle puisque la municipalité a déjà fait ce choix pour l'ancien cinéma Colisée, situé rue de Paris, à quelques dizaines de mètres de l'Apollo. Devenu théâtre municipal de 652 places, le Colisée, ouvert en 1982, est aujourd'hui encore un lieu important de spectacle, accueillant des pièces de théâtre ou des chanteurs de renommée nationale. L'un des premiers projets est l'aménagement d'un palais des congrès de la culture, avec des galeries d'art et des designers (ressemblant un peu, mais à une échelle plus intimiste, au Cent Quatre à Paris, ancien service des pompes funèbres municipales devenu lieu vivant accueillant des artistes (mais l'agglomération lensoise a déjà cela avec la fosse 11/19 à Loos-en-Gohelle qui accueille maintenant Culture Commune – Scène nationale du bassin minier)). Il est même alors prévu de garder une activité cinéma dans le bâtiment avec 2 ou 3 salles Art et Essai. Avec même l'idée d'une grande salle de spectacle polyvalente de 1500 à 2000 places, Guy Delcourt souhaite même en faire « une sorte d'Olympia ». Mais le projet de l'installation d'une antenne du Louvre à Lens pointe à l'horizon... avec une annonce officielle le 24 novembre 2004. C'est avec la concrétisation de l'arrivée de l'antenne du Louvre à Lens, puis de la réalisation de la rénovation intégrale du parvis du parking de la gare S.N.C.F. et de la gare routière que l'ancien cinéma va se retrouver au cœur du projet. En avril 2005, le projet de centre culturel est de plus en plus contesté avec un délitement de la communauté urbaine, porteur du projet. De plus en plus de maires des communes limitrophes lâchent le projet et rechignent à financer un projet trop lensois. Que faire alors de cette vaste bâtisse de plus de 2.600 mètres carrés au sol, face à la gare. Faut-il laissé un bâtiment délabré lorsque vont sortir de la gare les premiers visiteurs du Louvre. Les projets se mettent alors en place pour profiter de la vaste superficie, puisque l'ensemble est aménageable sur 6 niveaux, soit une surface totale de près de 16.000 mètres carrés, une belle aubaine pour une ville qui veut redynamiser son centre-ville avec des commerces attractifs et une locomotive qui peut attirer du monde comme Virgin Megastore ou la FNAC. Pendant quelques années, les projets vont s'enchainer. La façade va être un temps bâcher d'une banderole de 19 m sur 8 pour les matches de la coupe du monde de rugby que Lens accueille au stade Bollaert en septembre 2007 : il ne faut pas que les supporters étrangers voient en sortant de la gare la façade décrépie d'un bâtiment tombant doucement en ruines.
Le chantier de rénovation urbaine commence par le parking de la gare SNCF, ainsi que par le déplacement de la gare routière vers des lignes ferroviaires désaffectées et la gare marchandise abandonnée. Les travaux sont longs et entrainent d'importants problèmes de circulation. Une fois le mobilier urbain posé et l'inauguration de la gare routière effectuée se pose ensuite le problème de l'Apollo : le détruire ou le préserver ? Alors que le maire veut faire table rase du passé, souhaitant, et c'est légitime, tourner Lens vers un futur orienté vers la culture de grande renommée (Le Louvre), l'institution des Bâtiments de France impose une préservation du bâtiment pour la façade. Les avis sont alors partagés et tranchés, et sont notamment relayés par l'édition locale de La Voix du Nord. Certains se demandent « pourquoi on voudrait conserver cette saleté aussi miteuse […] et qu'un album de 32 pages avec photos et historique coûterait moins cher et ferait moins tâche », alors que d'autres estiment « qu'il est aisé de détruire, de faire disparaître le patrimoine plutôt que d'investir dans la préservation, de gommer les symboles du passé alors que la majorité de son passé a déjà été fortement détruite ».
Début janvier 2009, le début des travaux commence. La ville autorise même les lensois qui le souhaitent à visiter une dernière fois le cinéma. Mais fin Janvier, la nouvelle tombe donc sur le chantier de désamiantage : une architecte des Bâtiments de France, Christine Madoni, estime que la façade doit être conservée et qu'elle est un patrimoine représentatif. Face à cette situation, le maire Guy Delcourt fait face et estime que le bâtiment doit être détruit pour mars 2009. Il faut d'abord poursuivre le désossage et le désamiantage. La municipalité n'a pas le temps d'attendre afin de terminer intégralement la rénovation complète du quartier de la gare et s'atteler enfin à l'arrivée du Louvre. Mais en avril 2009, nouveau problème : le service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP) refuse la nouvelle demande de permis de démolir la façade. Le chantier s'arrête totalement, l'avis des Bâtiments de France faisant autorité. Douche froide pour le maire qui estime que c'est un « caprice, car les ferrures sont nases, le béton menace de tomber ». Un des premiers problèmes, si l'on souhaite conserver la façade est de la renforcer car elle est en béton collé, d'après la municipalité qui conteste alors l'intérêt historique et patrimonial. Les projets de réhabilitation du site pour un promoteur privé, passant pas une destruction de l'Apollo, sont encore une réalité. Il faut alors implanter des bureaux, des bars, un magasin de loisirs. Garder la façade, mais détruire l'arrière a un surcoût important : 125000 euros pour uniquement les travaux de maintien de la façade. Et l'ensemble des projets doivent être refaits en y incluant la préservation de la façade.
Cette façade est-elle de l'Art Nouveau ? Je ne suis pas spécialiste et me garderais bien de faire un commentaire. On peut cependant faire plusieurs remarques. Tout d'abord, l'avis des Bâtiments de France concerne strictement la façade et non l'activité cinématographique, ni le lieu patrimonial auquel sont attachés les lensois, et surtout les anciens. Seuls quelques éléments de la frise, et l'inscription « Apollo » suivant une typographie typiquement Art Nouveau, ont, semble-t-il (je n'ai pas eu le dossier en mains), retenu l'attention des Bâtiments de France. Que cette façade soit celle d'un ancien cinéma cher au cœur des lensois ne fait pas partie des arguments des Bâtiments de France. Rappelons également que, pour l'instant, cette façade n'est pas classée. Ensuite, si l'on souhaite effectivement retrouver la façade d'origine, il va falloir faire un sérieux travail d'entretien, et retrouver dans le grenier du bâtiment que j'ai visité en janvier 2009, des éléments de la frise d'origine. Que font-ils dans le grenier ? Je n'en sais rien. Y sont-ils encore ? Je n'en sais rien. Certes, la façade de l'Apollo va être conservée, mais qu'en est-il de l'intérieur ? De la grande verrière redécouverte avec la disparition du faux plafond dans le grand hall ? Du jardin d'hiver, très Art Déco également, dans l'appartement Bertrand ? Ce jardin d'hiver avec sa colonne typique en céramique d'où s'écouler certainement de l'eau, entourée, peut-être de plantes vertes en-dessous, là aussi, d'une verrière noirâtre par la crasse en janvier 2009. Enfin, on s'étonnera toujours de la lenteur des procédures. L'Apollo a cessé son activité en décembre 2000. Si les différents acteurs intéressés par l'Apollo avaient anticipé, programmé, trouvé une reconversion à l'Apollo, le bâtiment serait depuis quelques temps dans cette nouvelle activité. Au lieu de cela, le temps a fait son œuvre et le bâtiment est tombé en déliquescence. Pour avoir visité l'Apollo le jour de la dernière séance le 31 décembre 2000, le cinéma était certes assez triste, mais il n'était pas une ruine non plus. Ce sont les ravages du temps et un abandon total par son propriétaire, puis par la municipalité qui ont abouti à un tel état. Volonté de pourrissement ? On a alors beau jeu aujourd'hui de signaler qu'un ravalement du bâtiment couterait une fortune. Si l'entretien avait été fait en temps et en heure, on n'en serait pas là...
C'est donc début décembre 2009 que se clôt momentanément l'histoire de cette façade et qui coïncide avec la pose de la première pierre du Louvre 2. En effet, la municipalité a réussit à trouver un terrain d'entente avec les Bâtiments de France. Il n'y aura pas que la façade qui sera restaurée, mais six immeubles qui jouxtent le bâtiment. Dans son discours de la Sainte-Barbe, Guy Delcourt souhaite ainsi « prolonger l'esprit Art Déco sur les bâtiments qui encadrent l'Apollo ». Mais cette fois, c'est l'Etat et le ministère de la culture qui vont devoir mettre la main à la poche. Mais le plan de financement est à faire pour un projet que M. Delcourt voit déjà terminé en 2016... Pour l'instant, l'Apollo est donc sauvé et est encore debout. A suivre, certainement...
Dans un prochain message, nous reviendrons sur un historique complet de ce qui fut pendant longtemps, la plus grande salle de spectacle de province, le paquebot des Cinémas Bertrand.

mardi 22 décembre 2009

A l'Apollo de Lens, on pouvait voir aussi des chanteurs...



La grande salle de l'Apollo n'a pas été qu'une simple salle de cinéma. De par sa capacité, 2 400 places, l'Apollo a reçut de grands spectacles de vedettes célèbres. On ne doute pas que ces spectacles ont du charmé le public venu en masse applaudir ces vedettes. Tout cela s'est terminé avec le fractionnement de l'Apollo en un petit complexe de 5 puis 6 salles.

A une date inconnue, Ray Ventura et ses collégiens. L'orchestre a certainement interprété « ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine », un de leurs plus grands succès composé par le lensois André Hornez. Au vue de la photo ci-contre, la salle semble encore bien neuve. Rappellons que l'inauguration a lieu à la Pâques 1932. D'autres artistes sont venus à des dates pour l'instant inconnues : Sydney Bechet, Edith Piaf.

février 1938 : Joséphine Baker qui a, parait-il, été séduite par le jardin d'hiver et sa colonne dans l'appartement de M. Bertrand.

12 février 1952 : Tino Rossi
28 février 1952 : Yves Montand

29 janvier 1954 : Mouloudji

Décembre 1959, nouvelle visite de Tino Rossi

Le 14 octobre, puis une seconde fois en un peu plus d'un mois, le 30 novembre 1961, l'idole des jeunes : Johnny Hallyday, dans une grande salle de l'Apollo qui devait être chauffée à blanc par un public déchainé...
Plus sage, en novembre 1962 : Les Compagnons de la Chanson
Juin 1962 : Dalida

Mars 1963 : Richard Anthony
10 avril 1963 : retour de Johnny Hallyday
Juin 1963 : Darry Cowl

Février 1964 : Richard Anthony
11 mars 1964 : Claude François
13 octobre 1964 : Sylvie Vartan
Décembre 1964 : Adamo

Mars 1965 : France Gall
4 mai 1965 : retour de Claude François
25 mai 1965 : Eddy Mitchell
16 novembre 1965 : Adamo
29 décembre 1965 : Jacques Brel, un an avant l'annonce de sa dernière tournée

Mars 1966 : Fernand Reynaud
Décembre 1966 : Adamo

20 mars 1968 : Cloclo pour la troisième fois !!
Octobre 1968 : Enrico Macias

Février 1969 : Les Compagnons de la Chanson
Mars 1969 : Pierre Perret

13 octobre 1971 : François Mitterrand
28 octobre 1971 : Thierry Le Luron
8 décembre 1971 : Annie Cordy

1973 : Julien Clerc
Stone et Charden, puis C Jérome en novembre 1973

Le 25 novembre 1974, Johnny Hallyday pour la dernière fois à Lens avant sa tournée d'adieu, cette fois-ci au stade Bollaert en 2009.

Janvier 1975 : Serge Lama,
Cloclo revient à Lens une quatrième fois, le31 janvier 1975
et Georges Marchais le lendemain 1er février 1975.
Sardou se produit sur la scène de l'Apollo en décembre 1975.

En 1976, on peut voir Annie Cordy en février
Serge Lama en novembre 1976
Claude François en décembre 1976 pour la cinquième et dernière fois

Serge Lama à nouveau en novembre 1977
Coluche, toujours en novembre 1977

Pierre Perret en janvier 1979
une conférence du vulcanologue Haroun Tazieff en mars 1979
Yves Duteil en novembre 1979

La grande salle de l'Apollo a également accueilli des communions solennelles en mai 1963, juin 1964, juin 1968, juin 1970 et mai 1979.
Dans un extrait de La Voix du Nord d'août 2003, l'ancien directeur de l'Apollo Guy Masclef évoque les passages de ces artistes :
" Adamo est venu chanter ses premières chansons ici. J'ai vu des scènes incroyables, comme lors des concerts de Johnny. Des centaines de fans l'attendaient à la sortie, il fallait le sortir camouflé dans un drap. [...] Une fois, Claude François ne voulait pas arrêter ses répétitions. J'ai fait rentrer les spectateurs dans la salle, car, à l'extérieur, la gens poussaient et certains avaient des bébés. Il était un peu fâché, mis tout c'était arrangé. [...] Mireille Mathieu n'a pas pu venir et a annulé son concert pour partir à l'étranger "
Un autre article de La Voix du Nord, cette fois de févier 2008, évoque la patisserie Gallet, placée à côté de l'Apollo. La propriétaire, Mme Josiane Gallet évoque aussi le passage d'artistes dans le cinéma : "un soir, c'est vrai, je me suis endormie sur la musique de Johnny Hallyday qui donnait un concert. C'était génial. Je me rappelle également des cars, estampillés "Le Flèche noire" de Claude François, garés face à ma boutique."
En août 2007, Guy Masclef est à nouveau interrogé par La Voix du Nord : "Un gars comme Adamo, par exemple, restait une heure au bar àprès le concert pour discuter. D'autres préféraient communier avec le public. C'est le cas de Sacha Distel et ses longues séances d'autographes assis sur la scène. Certains, forte notoriété oblige, cherchaient plutôt à quitter la salle le plus discrètement possible. Claude François ne faisait transporter dans un sac, ni vu ni connu. "
Si vous avez des souvenirs des passages de ces artistes,n'hésitez pas, laissez un message, un souvenir, un moment fort,...

vendredi 18 décembre 2009

Lien internet vers l'histoire des cinémas de Lesquin



Poursuivant la recherche de liens proposant des notices historiques sur des salles de cinéma de la région, voici une page consacrée aux cinémas de la commune de Lesquin. Célèbre pour son aéroport, cette ville a connu également des salles de cinéma que raconte cette page. Malheureusement, aucune photo n'accompagne le texte. N'en n'ayant pas sur cette commune, je ne peux rien proposer. Mais je suis à la recherche du moindre cliché, du ticket de cinéma, du programme, de la carte postale d'un cinéma de Lesquin...

Les cinémas de Aire-sur-la-Lys, article dans l'hebdomadaire L'Echo de la Lys

Dans son édition du 17 décembre, l'hébdomadaire local L'Echo de la Lys évoque le prochaine réouverture de la salle de cinéma de la commune d'Aire-sur-la-Lys : L'Aréa, géré par la municipalité, et fermé depuis quelques années. Nous reviendrons prochainement sur l'histoire de cette grande salle unique de la ville, et qui se nommait notamment le Palais des Fêtes, puis le Modern, dirigé par M. Leleu.
Afin d'illuster l'article, un encart évoquait l'histoire de l'exploitation cinématographique dans la commune d'Aire, qui a compté jusqu'à 3 salles de cinéma. Un grand merci à Mme Fruchart, journaliste à l'Echo de la Lys de m'avoir contacté pour cet article, que vous allez retrouver en ligne à l'adresse internet ci-dessous :

mercredi 9 décembre 2009

Exceptionnel : un cinéma ambulant à Arras

Voici un document exceptionnel : la roulotte et le chapiteau d’un cinématographe ambulant sur la Grande Place d’Arras. Ce cliché a été fourni par un lecteur de ce blog, Maurice Girard. Cela me permet encore de le remercier et de montrer ainsi tout l’intérêt d’un tel blog sur l’histoire de l’exploitation cinématographique dans la région Nord-Pas-de-Calais. Que cela soit ainsi un exemple sur le potentiel d’internet dans la mutualisation des documents et informations concernant ce sujet d’étude. Ami lecteur, n'oublie pas de faire connaitre tes informations, tes documents, ton témoignage, ils sont publiables ici !! Avec l'accord de Maurice Girard, je mets ce document en ligne, ainsi à disposition du grand public et des lecteurs de ce blog.
L’intérêt de cette carte postale est évident. En effet, les documents iconographiques montrant précisément des cinémas forains dans les foires et ducasses du Nord de la France avec une localisation précise sont extrêmement rares. Mes recherches sur ce sujet datent de 1995 et jusqu’à aujourd’hui, ce genre de cliché se compte sur une seule main : ce présent document, mais aussi la carte postale déjà mise en ligne sur un cinéma forain à Paillencourt, et un autre document prochainement en ligne. Il existe bien sur de nombreux clichés de cinémas forains, mais aucun n’est clairement pris dans la région Nord-Pas-de-Calais. A la différence des autres celui-ci est très intéressant. D’abord, nous sommes sur un lieu très connu, symbolique de la région : la Grande Place d’Arras, clairement identifiable avec le beffroi en arrière plan et les maisons reconnaissables entre toutes. Ensuite, le cliché montre une installation d’envergure : un chapiteau assez important dont on pourrait calculer la longueur par rapport à la taille des maisons de la place et dont la hauteur équivaut au premier étage des maisons de la place. Il y a aussi plusieurs roulottes dont l’une d’elles permet de déterminer la nature de l’installation puisqu’on y lit clairement « matographe ». Malheureusement, la carte postale laisse aussi une impression d’inachevée : il est impossible de déterminer quel est le nom de ce cinématographe ambulant, ni de connaitre la date précise de ce cliché. Seule possibilité : la lecture assidue des journaux locaux arrageois entre 1900 et 1914 et de trouver ainsi quel cinématographe ambulant a pu poser son chapiteau sur la Grand Place un jour de marché, alors que de nombreux tourneurs préféraient se tourner vers le théâtre municipal ou vers des salles de spectacle ou la salle des fêtes.
Un grand merci à Maurice Girard pour ce cliché et aux archives municipales d’Arras. Maurice Girard est l’auteur de « l'automobile fait son cinéma,moteur ! » Editions Du May, paru en 2006. Il est ainsi spécialiste des cinémas forains et surtout du matériel de traction qui permettaient aux forains d’aller de ville en ville.

jeudi 3 décembre 2009

Un document exceptionnel : le SoldatenKino de Courrières pendant la première guerre mondiale

Un cinéma existait avant 1914 à l'emplacement du cinéma le plus emblématique de Courrières, le cinéma Mastain, déjà mentionné dans ce blog.
Nous avons peu d’informations sur cette salle avant 1914, du fait de l'absence de journaux locaux. Une carte postale allemande dénichée par l'Association historique de Courrières montre très clairement un cinéma à cet endroit pendant la guerre 1914-1918 et des notes de la Kommandantur de novembre 1916 prouvent que des séances de cinéma avaient bien lieu au prix de 20 pfennings, tous les soirs à 7 heures, heure allemande lors de l'occupation, et pour les civils de 15 heures à 16 heures 30 les dimanches et mercredis, toujours au prix de 20 pfennings. La photo montre admirablement bien deux affiches de films allemands : Das Kind der wildnis (l'enfant sauvage) et Das Verbotene Lachen (le rire interdit). Toutes informations sur ces deux films sont vivement demandées. La photo de ce KriegsKino montre un bâtiment assez ancien, abîmé.
Un grand merci à l'Association Historique de Courrières et à son président, Jean-Michel Petit.


Site de l'association historique de Courrières : http://histoire.courrieres.free.fr/