© Olivier JOOS - 2009/2015

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mardi 28 juillet 2009

Les cinémas de Saint-Pol-sur-Ternoise avant 1988

C'est après la première guerre mondiale qu'un premier cinéma fixe est crée dans cette ville d'Artois, entre Hesdin et Arras. Tenu par Emile Moigneux, invalide de guerre, ce cinéma est installé alors dans un ancien baraquement anglais, peut-être une demi-lune caractéristique des bâtiments militaires anglo-saxon. La salle provisoire est ensuite remplacée par un bâtiment plus approprié, construit sur la Place du Marché aux grains. Emile Moigneux reste le directeur et Richard Gillon devient le projectionniste attitré. Le cinéma est baptisé le Famila. Lors du décès de E. Moigneux, le Familia passe entre les mains du couple Duvauchelle.
Une autre salle se développe également pendant les années 20 : le cinéma paroissial, salle Saint-Paul. Ce cinéma dure une dizaine d'années. Les séances ont lieu le dimanche après-midi sous les auspices de Charles Deruelle et Jean Lemaire.
Lors des terribles moments de mai-juin 1940, des blessés sont installés au Familia. En 1943, touchée par les bombardements de septembre, la salle, très détériorée, est détruite.
En 1945, l'activité cinématographique est relancée. Maurice Duvauchelle et son beau-frère Fressin reprennent le Familia dans la salle des fêtes, l'ancienne chapelle des Soeurs Noires. Cependant, l'alliance Duvauchelle-Fressin ne dure pas, et tous deux, pour des raisons que nous ignorons, quittent la région. Le Familia est repris par Edmond Leclercq. Une nouvelle fois, le bâtiment est reconstruit, rue du Général de Gaulle, pour être inauguré le 4 octobre 1957. Le Familia devient une véritable entreprise avec, parmi les associés : Edmond Leclercq, Jean Hanocq, Alfred Denudt, Henri Bureau et la gérante est l'épouse d'E. Leclercq : Jacqueline Lotte. Malgré ces changements, le projectionniste est toujours Richard Gillon. En 1970, Jean Hanocq prend la direction de la société du Familia. Et en 1977, au décès de Jean, c'est sa fille Brigitte Hanocq qui lui succède. Quatre ans plus tard, en mars 1981, le cinéma est arrêté, faute de rentabilité. La salle est alors louée à un magasin de meubles. Il n'y a plus de cinéma à Saint-Pol-sur-Ternoise et cette absence va durer près de 8 ans. Une véritable absence ? Pas tout à fait.. Le cinéma revient épisodiquement. En effet, la MJC, créée en 1946 (la plus vieille du Nord de la France), proposait dès les premières années des séances de ciné-club. Ils étaient même obligés de limiter les places à 200 personnes devant l'affluence des Saint-Polois. Plus tard encore dans les années 70 et 80, la MJC relança un ciné-club avec une projection mensuelle suivie d'un débat. René Grandsir, aujourd'hui enseignant au lycée Châtelet, joua même le rôle du projectionniste à cette époque.Le cinéma continua ainsi sous une forme plus modeste certes,  mais qui permit de maintenir le feu sacré. Le cinéma à la MJC est aussi une des racines de la réussite du cinéma à St Pol aujourd'hui.
En février 1988 commence la belle histoire du Regency, l'actuel cinéma de Saint-Pol-sur-Ternoise, mais cela est autre autre histoire contée dans un prochain message sur ce blog...

Source : Recherches de F. Masse et R. Cachera. Merci...

dimanche 26 juillet 2009

Les cinémas de Lys-lez-Lannoy

Trois cinémas existaient à Lys-les-Lannoy : l'Eden, le Carioca et le cinéma du patronage.

Le plus ancien cinéma de cette ville est le Carioca, nommé d'abord le « Trianon de la Justice ». Il a ouvert après 1920, et est situé au 131 de la rue Jules Guesde. Le premier directeur de ce cinéma est Monsieur Van Poucke. Après 1935, les nouveaux propriétaires sont Monsieur et Madame Cannoo. Ces derniers transforment le Trianon en une nouvelle salle moderne, adaptée à la technique du parlant, et un sol en pente pour profiter du grand écran. Les anciennes banquettes « à claquettes » sont remplacées par des rangée de fauteuils. De plus, afin de répondre aux normes de sécurité de plus en plus draconiennes, deux portes de secours sont ouvertes sur la rue Emile Zola. Afin de relancer le cinéma modernisé, les Cannoo débaptisent le « Trainon de la Justice » pour un plus joyeux « Carioca ». Cette appellation originale est la seule dans tout le Nord-Pas-de-Calais, alors qu'il y a pléthore de Familia, cinéma des familles, etc... Pourquoi ce nom si typique en provenance de Rio de Janeiro. Peut-être faut-il chercher la réponse dans l'ouverture d'un dancing dans le même bâtiment que le cinéma ? En effet, chaque dimanche après-midi, un nombre important de jeunes des environs venait suer sur la piste de danse du Carioca. Les séances de cinéma ont lieu le samedi et trois le dimanche, mais aussi parfois le jeudi. La salle unique pouvait recevoir 400 spectateurs. C'est en 1970 que le Carioca ferme définitivement ses portes. Il est aujourd'hui devenu un bâtiment d'habitation.

Le second cinéma de Lys-les-Lannoy est le Cinéma du Patronage, situé rue Echevin, dans la maison du Sacré-Coeur. Il est crée dans les années 30. Ne fonctionnant que le dimanche, il pouvait accueillir 250 personnes. Équipée d'une scène, la salle pouvait aussi recevoir des représentations théâtrales. La fermeture de la salle a lieu vers 1950.

L'Eden est l'ancienne salle des fêtes. Cette salle devient cinéma de 1947 à 1981. Elle est exploitée par M. et Mme Vanneste. L'établissement pouvait accueillir 700 spectateurs. Par un accord, l'Eden présentait le même spectacle que le Casino de Roubaix avec deux semaines de retard. A partir de 1981, l'Eden redevient une salle municipale dénommée... L'Eden.
L'Eden est visible sur google map a cette adresse : http://maps.google.fr/maps?q=eden%20de%20lys%20les%20lannoy&hl=fr&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=il
Source : Ouvrage intitulé « Lys 1900 – 1999 »

vendredi 24 juillet 2009

Les cinémas en activité dans le Pas-de-Calais

Tout en évoquant sur ce blog, l'histoire de toutes les salles de cinéma de la région, on peut aussi dresser une liste des salles qui fonctionnent encore aujourd'hui. Outre la ville, l'adresse, le nom de la salle et d'autres informations, on propose, s'il existe, le lien internet direct vers le cinéma. Bien sur, quand il n'y a pas de lien internet, on peut trouver la programmation de la salle sur le site allocine.fr ou d'autres sites spécialisés, mais là, je vous laisse chercher. Cependant, c'est en allant aussi directement sur le site internet du cinéma que l'on fréquente, que l'on fait vivre aussi indirectement son cinéma.

Le classement s'est fait par ordre alphabétique, et non par zone géographique. Je n'ai pas non plus cherché à distinguer les salles, entre mégacomplexe et petite salle gérée par la municipalité.

Bien sur, dans les jours et les semaines à venir, toutes ces salles seront détaillées dans des fiches postées au fur et à mesure,... et les salles du Nord seront aussi bientôt proposées..
La légende de la photo accompagnant ce message est l'enseigne du Cinéma des Familles du Portel, près de Boulogne-sur-Mer. Il s'agit d'un des derniers cinémas qui a fermé ses portes dans le département. Un historique sera prochainement proposé...

- Arras, Le CinéMovida est l'une des treize implantations du groupe CineMovida dirigé par Alain Kloeckner et Laurent Lelimouzin. Situé sur la Grand Place d'Arras, le CinéMovida reprend l'activité de l'ancien Palace. Le complexe d'Arras est le seul cinéma de ce groupe dans le Nord-Pas-de-Calais. Il est situé sur la Grand'Place. http://www.cinemovida.com/arras/

- Avion, le Familia, rue Edouard Dépret.

- Berck-sur-Mer, le Familia, rue de la Marine.

- Bruay-Labuissière,
- le cinéma Les Etoiles, rue du Périgord. http://cinema-les-etoiles.fr/
- Le complexe Méga CGR (Circuit Georges Raymond), situé ZAC nord de Bruay, seule implantation nordiste du groupe CGR. site : http://www.cgrcinemas.fr/bruay/

- Calais, et la salle de l'Alhambra, dernière ouverture d'un cinéma dans notre département, et qui mérite d'être soutenu. http://pagesperso-orange.fr/cinema-alhambra/index.html

- Coquelles, le complexe Gaumont du centre commercial : la Cité de l'Europe. http://www.cinemasgaumontpathe.com/cinemas/cinema-gaumont-coquelles/

- Courrières, le Traveling, rue Aristide Briand

- Boulogne-sur-Mer, le cinéma Les Stars, rue Nationale, le cinéma dirigé par Jacky Lebas. Une page internet qui présente ce cinéma : http://boulogne--sur--mer.skyrock.com/2429859551-Les-Stars.html

- Hardelot, le cinéma 2001/2002, situé avenue de la Concorde.

- Harnes, le cinéma Jacques Prévert. Une page internet sur DailyMotion qui présente ce cinéma : http://www.dailymotion.com/video/x7qt3g_cinema-le-prevert-a-harnes_creation

- Hénin-Beaumont :
- L'Espace Lumière, récemment fermé, en espérant une réouverture prochaine. Je l'ai tout de même mis car il faut espérer...
- le Cinéville, lié davantage au centre commercial Auchan tout proche qu'à la ville de Hénin-Beaumont, appartient au groupe Cinéville,crée en octobre 2004 et dirigé par Yves Sutter et gérant dix autres complexes dans l'ouest de la France. http://henin-beaumont.cineville.fr/programmes.php?salle=henin

- Liévin et le complexe Pathé, lié au Carrefour http://www.cinemasgaumontpathe.com/cinemas/cinema-pathe-lievin/

- Saint-Omer : le complexe de centre-ville O'Ciné de l'indépendant Bernard Coppey, situé à proximité de la Grand-Place. Pour les audomarois, c'est l'endroit où il faut aller pour du vrai cinéma dans un confort optimal.

- Saint-Pol-sur-Ternoise, rue Oscar Ricque, la petite salle au charme feutré mais au dynamisme à soutenir, le Regency, dirigé par Laurent Cöet. http://www.leregency.fr/site/ [site excellent et très bien fait]

- Le Touquet, le cinéma Les trois As.

Si vous avez des commentaires sur ces cinémas, si vous les aimez, si vous avez des choses à dire, des critiques à faire, ou au contraire des messages de soutien, n'hésitez pas !!!!

jeudi 23 juillet 2009

L'Aiglon de Wimille

Ouverte en juillet 1948, la salle de l'Aiglon est située à Wimille, petite commune de 5000 habitants, proche de Boulogne-sur-Mer. C'est une salle unique de 350 places dirigée par M. et Mme Gérard Rault. Fonctionnant jusqu'à 5 fois par semaine, le cinéma a duré jusqu'en décembre 1966, soit 18 ans et 5 mois. Pendant cette période, le cinéma a enregistré 1.402.647 entrées !! Le film ayant obtenu le plus grand nombre d'entrées est "Le Pont de la rivière Kwaï". A sa fermeture, le cinéma est devenu une supérette, fermée depuis,elle aussi... Et aujourd'hui ? Si quelqu'un sait...
Source : Daniel Tintillier, "Les salles obscures : Histoire du cinéma à Boulogne-sur-Mer", avril 2001.
Aujourd'hui en 2010, les menuiseries Ferton occupent les locaux de cet ancien cinéma (merci au groupe Facebook aupetitWimille pour cette information).

lundi 20 juillet 2009

Les cinémas de Somain

Comme toutes villes de la région, Somain a connu les premières projections cinématographiques lors des fêtes foraines, les grandes ducasses de la Trinité en juin et la ducasse d’octobre. Pour l'instant, il est impossible de savoir qu'elles étaient les cinémas forains présents régulièrement dans ces fêtes foraines.
Vers 1920, au n°19 de la rue Jean Jaurès, Arthur Rémy ouvre un café-cinéma. Il est mentionné dans l’annuaire Ravet-Anceau, édition 1922. Arthur Rémy est alors un personnage de la vie somainoise, une personnalité qui s'impose, tour à tour pionnier de l’aviation dans la ville, directeur d’une fabrique de bouchons, mais aussi coiffeur,… C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers une nouvelle distraction, mais également un nouveau type de commerce : la gestion d’une salle de cinéma. Sa nouvelle passion est également partagée par son frère Julien qui ouvre à la même époque une salle sur la place du centre-ville d’Abscon. Cette salle Rémy va faire les beaux jours de l’activité cinématographique à Somain pendant l’entre-deux-guerres avant de devenir le Café de Paris. Le document proposé est une carte postale ancienne de la façade du Cinéma Café Rémy. Posant fièrement devant l'objectif du photographe, il y a certainement Arthur Rémy et des membres de sa famille ou du personnel de cet établissement. L’édition 1922 du célèbre annuaire mentionne également une autre salle : le cinéma Cochon au n° 07 de la rue Jean Jaurès.
En 1923, Victor Brachelet fonde une association - loi 1901 - qui marquera les amateurs de cinéphilie de Somain et qui apportera beaucoup à la vie municipale. Il s’agit de l’Union – Solidarité dont Brachelet, également maire de Somain, devient l’administrateur emblématique.
En 1939, l’annuaire nous apprend que le cinéma Cochon est devenu le Cinéma Union et Solidarité. Au 16 de la rue Condorcet était situé une autre salle : le Cinéma des Familles.
Dans le Ravet-Anceau de 1947-1949, Somain a trois cinémas : toujours l’ Union et Solidarité, le Cinéma des Familles, et une nouvelle salle : le Cinéma Brachelet, rue Gambetta. Il est ainsi difficile de déméler l'écheveau de salles à Somain : qui possède quoi et où...

C’est le 14 octobre 1987 que le Septième Art tire sa révérence avec la fermeture du Familia. Dorénavant le cinéma se verra à domicile mais sur un petit écran. En tirant définitivement le rideau sur l’écran blanc pour des causes multiples : télévision, tarifs prohibitifs, horaires, qualité des films, le Familia appose sur son fronton, à la place des traditionnelles affiches « Fermeture Définitive » et prive ainsi de cinéma les habitants de Somain et des environs.

Aujourd'hui, la belle salle au nom doux et fraternel d’Union et Solidarité s’est scindée en deux magasins distincts, des petits commerces de proximité en centre-ville. Apposé en haut sur la façade, on devine toujours l’ancienne utilisation du cinéma et l’inscription de baptême de la salle est toujours présente, rappelant aux anciens de Somain les films qu’ils ont vu dans cette salle. Près de la mairie de Somain, Union et Solidarité sont encore des valeurs qui n’ont rien à envier à celle apposer sur le fronton de la mairie.


Sources :
Un grand merci pour sa précieuse collaboration à l’Association « Les Amis du Vieux Somain », à Mr Durut ainsi que les souvenirs de Mr Maréchal.
Archives Municipales 15 W 65

mercredi 15 juillet 2009

L'Empire de Oignies

L’Empire, son nom est tout un programme.
On imagine la grandeur, la rutilance, la magnificence avec un pareil nom …
Cette salle est construite dans les années 50, des propres mains de deux habitants de Mons-en-Pévêle, notamment M. Jean Grand. On évoque aussi comme noms de propriétaires M Laurent et M. Pluchart On raconte qu’ils ont construit eux-mêmes leurs propres parpaings pour élever le cinéma. Cette salle est immense, avec un bar, un grand billard américain et pouvant accueillir près de mille spectateurs, notamment les écoliers de l’école Savary Bouquet pour leur fête de fin d’année. Avant d’être de nos jours un magasin de vêtements et une épicerie, l’Empire a connu son heure de gloire, notamment en proposant à la population « La Grande Vadrouille », qui fut le dernier film proposé sur son écran…

vendredi 10 juillet 2009

Les noms des salles de cinéma


La magie du cinéma se fait tout d’abord grâce au nom de baptême de la salle. Les noms sont toujours beaux, clinquants, laissant place dès le début à l’imagination et au rêve. Dès le début du cinéma, on retrouve ainsi dans les dénominations des cinémas itinérants l’American Singer Cinemato, le ciné Magic, l’Imperator, le Magical Box, le Royal Major Pathé, Le Splendid Cinema, The American Viograph, The Royal Vio, etc… Tous ces noms grandiloquents allaient et venaient sur les routes de nos départements, allant de ville en ville égayer les soirées et émerveiller les spectateurs par des images scintillantes. On remarquera l'importance des noms à connotation anglo-saxonne. Avec l'installation de salles fixes, il faut dorénavant un nom porteur, accrocheur qui résume ce que l'on va trouver dans la salle. On ne compte plus alors les cinémas qui portent dans leur nom de baptême la dénomination « Familles ». C'est une des constantes dès le début des premières salles fixes : le Familia ou le cinéma des familles comme celui de Souchez, mais aussi une brasserie des Familles à Tourcoing à la Belle époque,… Dans les années 50, au plus fort de l’exploitation, il y a près de 110 salles s’appelant Cinéma des Familles, ou Family, ou Familial, ou Familiana, ou Famila. Dès l’origine de l’exploitation cinématographique, on insiste sur la cellule familiale, le cinéma voulant montrer à la communauté et aux spectateurs potentiels qu’elle propose à chaque fois un spectacle de qualité, de bon goût, idéal pour toute la famille, les petits comme les grands… De plus, bon nombre de cinémas paroissiaux appartenant à l’O.T.C.F. ont adopté ce nom de baptême pour bien ancrer leur exploitation dans un cadre familial, correct, de bon goût et visible par tous…
Outre l’appellation tournant autour du mot « famille », les noms les plus couramment utilisés pour les cinémas dans notre région sont le Palace ( 24 salles portent ce nom dans les années 50 ), le Rex, ou Rexy, ou Roxy ( 28 fois ), le Modern ( 26 fois ), le Pax ( 8 fois ), l’Apollo ( 7 fois ), le Cinéma français ( 4 fois ).
D’autres noms typiques de salle existent dans notre région : ainsi le Colisée, comme celui de Roubaix, de Loos-les-Lys, rue de l’Egalité, ou de Marcq-en-Baroeul. Est-ce un signe pour se rapprocher de la monumentalité du Colisée romain ? Même si le cinéma n’a d’ailleurs aucun rapport avec le jeu et l’argent, le Casino est un autre nom usuel et fréquent : le Casino de Roubaix, celui de Carvin, d’Arras, d’Armentières, de Bully-les-Mines, de Cassel ou de Vermelles…
Le Splendid, le Royal ou l’Exelsior sont des noms assez anciens qu’on retrouve dès les débuts du cinéma, avant même qu’il ne se sédentarise. Au début du siècle de nombreux forains pour attirer le public cherchaient des noms à consonance anglo-saxonne. On retrouvait ainsi l’Imperator, le Royal Bioscope Cinematograph, le Royal Kaleïdoscope, le Royal Major, le Splendid Cinema, The royal Excelsior, The Royal Vio, The Royal Vito, etc. Certaines salles fixes ont donc gardé une partie de ces noms, vestiges de la préhistoire du cinéma.
Il y avait aussi le Pathé et l’Omnia que l’on voit souvent sur le fronton des salles. Dès le début, la société de production Pathé projetait également des films dans différents lieux mis à sa disposition. Un grand nombre de ceux-ci étaient baptisés Omnia – Pathé, comme la première salle de Douai ou de Lille, rue Esquermoise. Des cinémas ont gardé le nom d’Omnia, tandis que la société Pathé continue d’exploiter des salles à son enseigne.
Citons aussi l’Odéon, comme celui d’Esquelbecq, qui signifie théâtre en grec. Odéon est un grand circuit de salles, plus de trois cents tant en Angleterre qu’aux Etats-Unis. A ma connaissance, le circuit ne s’est pas développé en France. Le nom a pu être repris par des exploitants qui cherchaient à faire apparaître le côté prestigieux de leur salle. Le Tivoli est aussi un nom de baptême également typique donné aux salles de cinéma dans les années 50 – 60. Le Tivoli semble être à l’origine un théâtre à la française mais avec un nom à consonance italienne. On y trouve des pistes de danses, des salles de jeu et même une bibliothèque.
Le Cinéac de Lille était le nom des salles du circuit de Réginald Ford, l’ancien directeur du casino d’été de Cannes. Il s’agissait de salles d’actualités. Le premier a été installé à Montmartre et a ouvert le 2 juillet 1931. Les façades étaient pourvues d’impressionnantes enseignes lumineuses. Toutes les salles étaient décorées en bleu. Il baptisait ses cinémas du nom des grands journaux locaux avec lesquels il passait des accords. Ceux-ci en échange, lui accordaient des espaces publicitaires pour annoncer ses programmes et finançaient les enseignes au néon. Celui de Lille s’appelait donc Cinéac - Grand Echo du Nord. Il a été conçu par les architectes De Montaut et Gorska en 1937.
A Lens, une des salles se nomme le Cantin, nom donné d’ailleurs à tout le quartier ou est située cette salle. Le Cantin est un jeu du Moyen-Age, auquel on se livrait sur la place voisine et qui a donné son nom à tout le quartier.
A Oignies, un bien étrange cinéma porte le nom du Moulin fleuri. Non, les représentations ne se faisaient pas dans un ancien moulin réhabilité, mais celui-ci faisait parti de la maison des gérants de la salle toute proche et tout naturellement, le cinéma fut baptisé du nom du moulin situé dans un environnement végétal exubérant, juxtaposant la salle.
Signalons aussi l’existence d’une salle à Lys-lez-Lannoy dénommée le Carioca au n°131, rue Jules Guesde. Ce cinéma est la propriété de Mr Cannoo depuis 1935 avec le rachat de la salle de cinéma du « Trianon de la Justice » de Mr Van Poucke. Lors de ce rachat, la salle change de nom pour être baptisé Carioca, comme les habitants de Rio de Janeiro célèbres pour leurs groupes de danseurs lors du carnaval. Près du cinéma, s’ouvre un dancing peut-être un lien entre le Carioca et le dancing…
Les salles ont souvent changé de nom, baptisés, débaptisés, rebaptisés. L’évolution du nom des salles est l’affaire de ses gérants qui suivent la mode, passant de Rex à Familia, ou par le Palace. Le nom change, évolue suivant aussi l’actualité, mais le lieu reste. Le cas du cinéma de Noyelles-Godault est exemplaire avec pas moins de quatre dénominations qui témoignent des travaux, des modifications et des événements nationaux : à ses tous débuts, il s’agit de la salle paroissiale des mines de Dourges. A la fin des années trente, en pleine période du Front Populaire, la salle se transforme et devient, avec l’arrivée du parlant, le Populaire. Les années 50. Nouveaux travaux et donc nouveau nom de baptême. « Le Populaire » devient le « Cinépax ». Les décennies passent, et ce sont les années 70. Période de crise avec un nouveau changement de nom. La France découvre alors son avion supersonique, se passionne et est fier du Concorde. Qu’à cela ne tienne, le directeur de la salle Robert Millon, par soucis de publicité, fait du Cinépax, le Concorde, plaçant sa salle dans le sillage du grand oiseau blanc. Il a pourtant hésité, ayant d’abord souhaiter le rebaptiser « Le Marignan », en souvenir de la salle de sa jeunesse lorsqu’il été à Périgueux afin de servir à la caserne comme garde-magasinier.
Aujourd'hui, suivant la mode du jeunisme et du modernisme, les dénominations de salles ont évolué et les noms sont choisis avec des publicitaires afin d'avoir un nom original, chantant, qui évoque le cinéma en évitant la connotation « Cinéma de papa ». A Hénin-Beaumont, avant l'ouverture de la nouvelle salle, un concours est organisé par la municipalité afin de trouver un nouveau nom. C'est Hubert Cornu, ancien du cinéma Capitole de cette même ville qui gagne en trouvant Espace Lumière, associant ainsi l'idée de clarté, de grandeur, rappelant également les origines du cinématographe en associant le nom des inventeurs. Mais des noms témoignant des origines, puisant dans l'histoire de la salle, continuent d'exister : le cinéma des familles du Portel, le Fa Mi La de Bray-Dunes, le Modern ou l'Olympia de Templeuve, le Caméo d'Avesnes-sur-Helpe, l'Alhambra de Calais qui renoue lors de son ouverture le 23 août 2005 avec l'ancien Alhambra de cette même ville. Bien sur, de nombreux cinémas ont le nom de leur société-mère. C'est le cas des complexes qui ont, bien sur, le nom de leur propriétaire, gage certainement de qualité, comme le Gaumont de Coquelles ou de Valenciennes, la Pathé de Liévin, l'AMC de Dunkerque ou l'UGC de Lille.

jeudi 9 juillet 2009

L'ambiance d'une salle de cinéma

Jusqu'à encore récemment, venir au cinéma était un spectacle en soi.
Outre, bien sur le film, il existait des rituels qui semblaient immuables. Ainsi, par exemple, le choix du siège. Pour celles et ceux qui fréquentaient toujours le même cinéma qui n'avait alors qu'une seule salle unique, le rituel était d'occuper toujours la même place, soit en arrivant bien en avance, soit en réservant le siège à l'année, ce que proposaient certains cinémas, comme l'Apollo de Lens (d'où la numérotation des sièges et des rangées, ce qui n'existent plus aujourd'hui). Une fois installé, et en attendant la séance, bien calée dans le fauteuil (souvent de velours rouge), on pouvait lire les annonces des publicités des commerçants locaux avec de jolies réclames phosphorescentes pour les plus belles et des dessins joyeux (ci-contre, le panneau-réclame de la salle de Quievrechain). Certains jouent au jeu du rideau : repérer à toute vitesse un nom choisi au hasard parmi les commerçants locaux et demander à l’autre personne accompagnant de deviner… Alors que le cinéma se remplit, le spectateur se sent de plus en plus en sécurité par les velours rouges pourpres qui tapissent les murs de la salle, les appliques murales qui diffusent une lumière feutrée et apaisante, l’odeur de renfermée et de pop corn mêlés…D’un coup, le rideau remonte doucement et le souffle d’un « aaaah » monte dans la salle jusqu’aux balcons, alors que l’obscurité se fait tout doux, que crescendo, le noir nous envahit, et que le ronronnement de l’appareil se fait entendre… Le noir s’installe, le faisceau lumineux scintille… Les premiers bandes annonces apparaissent. On se délecte en pensant déjà aux prochains films pour lesquelles on ne lésine pas alors sur les superlatifs. Puis, c’est le générique préféré que des millions de spectateurs en France connaissent par coeur : « Balzac zéro, zéro, zéro…un ! ». La lumière revient pour un bref instant : un des meilleurs moments de la séance pour les enfants… L’ouvreuse qui arrive, la caisse pleine de friandises. On a peur pour elle et ses épaules à cause de la lourdeur de sa caisse en osier. Elle est belle et jolie avec un sourire toujours présent qui irradie son visage. Son panier est si bien garni : chocolats glacés, glaces du petit esquimau que l’on venait de voir dans les publicités, bouchées, rochers Suchard, des caramels Lutti, Kréma, les biscuits Bahlsen ou alors les Chocorêves en rouleau,… Avec une petite musique en fond sonore, souvent un générique connu de musique de film, l’ouvreuse nous susurre son refrain : « bonbons, caramels, esquimaux, chocolats… ». Les gamins se pressent autour de son panier, les yeux avides. Parfois, il y a même des friandises confectionnées par le cinéma. Quelques minutes plus tard, lorsque la foule affamée s’est assagie et que l’on entend les craquements des sachets de chocolat ou de biscuit, le noir revient. Le film commence : du rêve, de la fantaisie, de l’émotion, de la vie par procuration… Il débute toujours par l’annonce de la maison de production : les étoiles au dessus de la montagne de la Paramount, ou le rugissement du lion de la Métro - MGM dans un cercle, ou bien encore le G bleuté de la Gaumont ou le coq cocardier de Pathé, la statue allégorique de la Columbia qui ressemble tant à celle de la statue de la liberté… Le spectacle peut alors commencer. Le spectateur, s'échappant de son quotidien pour un bon moment, devient alors le roi du monde… A chaque fois, cela ne manque pas. Au bout de dix minutes, une petite lumière scintille dans la salle. C’est l’ouvreuse qui montre à un couple de retardataires les rares sièges libres. Tant pis pour eux s’ils sont en retard et souvent séparés, ils ont manqué le meilleur…
Aujourd’hui, de nombreux cinémas de périphérie, proches de centres commerciaux informes sont souvent froid, sans chaleur, loin du centre-ville, et ne sont que des immenses bâtisses qui s’emplissent puis se vident de spectateurs qui ne retiennent bien souvent de cette sortie que les calories absorbées par des friandises sans saveurs…


mardi 7 juillet 2009

Le Casino des Brebis de Mazingarbe

A Mazingarbe, on pouvait trouver entre autres un cinéma dénommait le Casino des Brebis.
Située sur le boulevard Arthur Lamendin, cette salle était dirigée par Mr Masson. D'après l'association d'histoire locale de Mazingarbe, cet exploitant avait une grande autorité malgré une infirmité qui le faisait se déplacer sur deux béquilles. Le nom du cinéma provient de la cité des brebis à Mazingarbe, une grande cité minière toute proche du cinéma. La salle ouvrit certainement après la première guerre mondiale, mais on ne connait pas encore la date exacte. Alors en bois, elle est reconstruite en briques après 1926. La date de fermeture est de 1972.
Bien sur, je recherche pour ce blog des témoignages, des documents, photos, cartes postales anciennes,... de cette salle, et des autres...

dimanche 5 juillet 2009

Cinéma des Familles de Renescure



Le Cinéma des Familles est lié à l'importante Auberge de la Morinie, situé sur l'axe très fréquenté qui traverse Renescure. Cette Auberge, très connue par ceux qui empruntent la route menant d'Hazebrouck à Saint-Omer, est à l'intersection de cet axe avec la rue de l'église. Alors que le café-auberge donne directement sur la route Hazebrouck-Saint-Omer, le cinéma des familles est situé, lui, rue de l'église.
C'est Arthur Flament, propriétaire de l'établissement depuis 1933, qui lance le cinéma dans les années 1956 – 1963 / 1965. Trois séances étaient proposées le samedi soir à 20 heures, le dimanche à 16 heures et à 20 heures. La salle semble construite en 1935 lorsque Arthur Flament fait construire une salle de bal, organisant des soirées dansantes et des bals tous les mois de 1935 à la fin des années 50, invitant les grandes vedettes de l'accordéon et de la musette, Aimable, Verchuren, Azzola, Horner,...A la fin des années 50, lorsqu'il n'y a pas bal, Arthur Flament ouvre sa salle aux plaisirs cinématographiques.

Le document est une publicité pour le Cinéma des Familles parue en septembre 1963.

Source : Bulletin de l'Association Renescure d'hier et d'aujourd'hui, n°1 et n°2, 2004 et 2005
Site internet de l'Association historique de Renescure : http://www.renescure.com/

mercredi 1 juillet 2009

Les cinémas de Leforest

Deux salles gâtaient en plaisirs cinématographiques les habitants de Leforest.
Tout d’abord, il s’agit du cinéma des frères Blondel (1ère photo), situé au 07 rue Voltaire, la grande rue menant vers Evin-Malmaison, la commune limitrophe. D’une grande capacité puisque pouvant contenir près de 750 spectateurs, la salle a été jugée en bon état lorsque l’occupant allemand a fait un recensement en juillet 1940. Autre caractéristique à laquelle les allemands attachaient de l’importance, c’est l’existence de l’éclairage électrique en état de marche dans la salle. Aujourd’hui détruite, la salle a été remplacé par un garage Citroën.
L’autre salle de la ville est le Rexy, d’une capacité optimale de 500 personnes, et située en plein centre-ville, rue Gambetta. Placé derrière un café P.M.U, il est devenu un entrepôt pour primeur (dans les années 90, aujourd'hui ??). La seconde photo montre l'arrière du Rexy.
Comme pour toutes les autres salles de ce blog, je suis avide d'autres renseignements complémentaires : date d'ouverture, de fermeture, la vie dans ces salles, l'ambiance, etc... Laissez vos témoignages, vos impressions...